
L’Iran et Israël écartent l’idée des négociations alors que les Etats-Unis et l’Union européenne appellent à recourir à la voie diplomatique pour résoudre le conflit. Si Donald Trump entretient le flou, des mesures militaires américaines préventives ont été prises. Le chef de le diplomatie iranienne devant l’ONU ce vendredi.
Dans un communiqué, l’armée israélienne assure avoir frappé “des infrastructures militaires dans le sud-ouest de l’Iran”. Il s’agirait de “batteries de missiles sol-air”.
Le ministre iranien des Affaires étrangères s’est exprimé au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, qui se tient à Genève. Selon lui, “Israël a bombardé les installations nucléaires sous la supervision de l’AIEA (l’Agence internationale de l’énergie atomique, ndlr)”. “Ces attaques israéliennes contre des installations nucléaires constituent un crime de guerre”.
Les secours israéliens font désormais états de 17 blessés dans la ville d’Haïfa après les frappes iraniennes. Trois sont dans un état grave : “Un adolescent de 16 ans blessé par un éclat d’obus au haut du corps, un homme de 54 ans et un homme de 40 ans blessés par des éclats d’obus aux membres inférieurs”, explique le Magen David Adom dans un communiqué.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ainsi que ses homologues britannique et allemand, David Lammy et Johann Wadephul, accompagnés de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, sont à Genève (Suisse) pour des pourparlers avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Areghtchi.
Selon Emmanuel Macron, cette rencontre est l’occasion de négociations incluant un accès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à toutes les infrastructures, un encadrement des activités balistiques, un arrêt du financement des groupes terroristes et la libération des otages.
Les secours israéliens font état de deux blessés à Haïfa, au nord du pays vendredi après la nouvelle salve de frappes iraniennes. Il s’agirait d’un homme de 54 ans “dans un état modéré”, selon le Magen David Adom (équivalent de la Croix-Rouge), et d’un adolescent de 16 ans “dans un état grave, atteint par un éclat dans la partie supérieure du corps”. Il a été évacué vers l’hôpital.
“C’est l’honneur de la France de conserver ses postes diplomatiques et consulaires sur place, ne serait-ce que pour assurer la sécurité de nos compatriotes”, a assuré Laurent Saint-Martin, Ministre délégué auprès du ministre de l’Europe, sur le plateau de France 2. “Ils ont besoin d’avoir accès à des fonctionnaires et une protection consulaire”, “on a besoin d’être à leurs côtés, et assurer notre travail diplomatique dans un moment de tensions extrêmes dans la région”, a-t-il ajouté.
L’armée israélienne assure que “des sirènes ont retenti dans plusieurs zones” du pays “à la suite de l’identification de missiles lancés depuis l’Iran”, assurant travailler pour les intercepter. Des explosions auraient été entendues à Tel-Aviv et au-dessus de Jérusalem, selon un correspondant de l’agence Reuters.
Une nouvelle salve confirmée par la télévision d’État iranienne : “Vous voyez des images du ciel depuis les territoires occupés à l’arrivée des missiles iraniens”, parlant d’Israël. “Une opération combinée missiles-drones utilisant des missiles longue portée et super-lourds”.
Dans un communiqué, le ministère iranien des Affaires étrangères assure ne pas vouloir négocier : “Dans la situation actuelle, nous ne cherchons pas à négocier avec qui que ce soit.” L’Iran assure que les pays impliqués dans le conflit vont “progressivement (…) prendre leurs distances par rapport à l’agression” d’Israël.
Si les Etats-Unis et l’Europe plaident pour la reprise des négociations – un discours agrémenté que quelques menaces pour Donald Trump – Israël ne partage pas cette volonté. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a donné l’instruction à l’armée israélienne d'”intensifier les frappes contre les cibles du régime à Téhéran”, lors d’une réunion avec le chef d’état major des armées. Il a également encourager “une évacuation massive de la population de Téhéran, afin de déstabiliser le régime”. Le ministre envisage de renforcer l’offensive israélienne en ciblant les installations et les scientifiques pour contrecarrer le programme nucléaire iranien, “jusqu’à ce que tous les objectifs de l’opération soient pleinement atteints”.
Israël n’a pas les mêmes intérêts que les États-Unis et l’Europe dans la guerre contre l’Iran et ses différents enjeux influent les approches du confit a expliqué Gilles Kepel, spécialiste du Moyen-Orient et de l’islam contemporain, sur BFMTV. “Israël a ses intérêts propres, réduire le pouvoir de nuisance de l’Iran qui veut détruire l’État israélien, mais les États-Unis et l’Union européenne ont la volonté de voir plus loin, c’est-à-dire d’éviter que sur la ruine éventuelle du régime des mollahs naisse un régime chaotique de guerre de tous contre tous dans une région où il y a la plus grande réserve de pétrole et de gaz du monde”.
Quant aux Etats du Golfe, ils ont un avis “partagé” sur l’IranI selon le spécialiste. “Ils aimeraient que l’Iran cesse d’être un état voyou mais en même temps ils sont très inquiets d’un chaos, et des répercussions sur leur propre stabilité”, explique-t-il.
Sur la manière de régler le conflit entre Israël et l’Iran après huit jours de guerre, Emmanuel Macron souhaite “prioriser le retour à la négociation”. “La France a une voix claire simple, rien ne justifie des frappes sur les infrastructures énergétiques et les populations civiles, rien. Et il faut absolument prioriser le retour à la négociation de fond qui incluent le nucléaire, le balistique et le financement de tous les groupes terroristes de déstabilisation de la région auquel a procédé l’Iran depuis plusieurs années, c’est ce que je prône depuis 2018” a déclaré le président de la République depuis le salon du Bourget.
“Il ne faut pas négliger le risque que représente un Iran doté de l’arme nucléaire”, a assuré Emmanuel Macron depuis le salon du Bourget ce vendredi évoquant une “vraie menace” face à laquelle il ne faut faire preuve “d’aucun laxisme”. Mais le chef d’Etat a ajouté que “rien ne justifie les frappes sur les infrastructures énergétiques et les populations civiles, il faut privilégier le retour à la négociation de fond”. “Personne ne peut penser que cette menace, on y répond avec l’opération en cours.”
Le gouvernement français a pris des dispositions pour évacuer les ressortissants français qui souhaitent quitter la région et ce vendredi Laurent Saint-Martin, le ministre des Français de l’Etranger a indiqué sur France 2 qu’un “vol de rapatriement a été décidé par le gouvernement” : “Nous avons annoncé un vol directement depuis Amman, en Jordanie, probablement dimanche”. Les ressortissants vivant à Israël comme en Iran “peuvent accéder aux aéroports de Jordanie et d’Egypte” car “les frontières sont ouvertes” a assuré le ministre. Selon Laurent Saint-Martin, entre “300 et 400” concitoyens présents dans les deux pays sont considérés comme “vulnérables”.
L’Iran refuse de négocier avec les États-Unis sur leur programme nucléaire “tant que” l’armée israélienne poursuit ses frappes sur le pays, a fait savoir le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi lors d’un entretien à la télévision d’État diffusé ce vendredi. “Les Américains ont envoyé à plusieurs reprises des messages pour appeler sérieusement à des négociations. Mais nous avons clairement indiqué que tant que l’agression ne cessera pas, il n’y aura pas de place pour la diplomatie et le dialogue”, a déclaré Abbas Araghchi avant de rencontrer plusieurs ministres des Affaires étrangères européens à Genève.
Après de nouveaux échanges de tirs entre Israël et l’Iran, notamment des frappes iraniennes sur plusieurs sites de l’Etat hébreu, l’ayatollah à la têt de l’Iran, Ali Khamenei, écrit sur X que “l’ennemi sionniste est en train d’être puni”.
Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères français, s’est entretenu avec son homologue américain, le Secrétaire d’Etat Marco Rubio, par téléphone hier soir en vue de la rencontre du jour avec le ministère iranien. “Ils ont conjointement rappelé la menace que représentait le programme nucléaire et balistique iranien pour Israël, la région et l’Europe”, indique une source diplomatique française selon qui le secrétaire d’Etat a souligné que les Etats-Unis étaient prêts à un contact direct avec les Iraniens à tout moment. Le ministre français et le haut-responsable américains doivent à nouveau s’appeler à l’issue de la rencontre de ce vendredi.
Les ministres des Affaires étrangères allemand, français et britannique, rencontrent leur homologue iranien, Abbas Araghchi, ce vendredi à Genève. L’objectif du rendez-vous est de remettre l’Iran sur le chemin du dialogue et de la diplomatie sur le programme nucléaire iranien, les dirigeants européens souhaitant faire entendre raison à Téhéran si sa non-autorisation à s’armer de la bombe atomique. Dans la nuit, le ministre des Affaires étrangères britanniques David Lammy a estimé qu’une “fenêtre existe” pour “parvenir à une solution diplomatique” avec l’Iran.
En cas d’intervention des Etats-Unis dans le conflit entre Israël et l’Iran, il est peu probable que des troupes foulent le sol iranien en raison de la stratégie isolationniste du président Donald Trump. “Il n’est pas question pour lui d’envoyer des troupes. Selon l’adage isolationniste : No boots on the ground (pas de bottes sur le sol)”, assure David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’Iris. En revanche, une attaque aérienne semble possible et plusieurs éléments rendent cette option probable : un porte-avion se trouve déjà dans le Golfe persique et un second en direction pour cette zone, plusieurs avions de chasse ou de ravitailleurs se sont positionnés dans les airs à proximité de la région.