
Les États-Unis ont mené des frappes contre trois sites nucléaires iraniens dans la nuit. Une voie vers la “paix” pour Donald Trump, qui menace de continuer les frappes si la guerre avec Israël ne s’arrête pas. Un acte aux “conséquences éternelles” pour Téhéran.
Dans un poste publié sur X, Emmanuel Macron assure avoir échangé “avec le Prince hériter d’Arabie saoudite, le Sultan d’Oman, le Président des Émirats arabes unis et l’Émir du Qatar pour leur marquer notre solidarité”.
Il aurait aussi parlé avec le président iranien afin d’exiger à nouveau “la libération immédiate de nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris”. Le président appelle à “la désescalade, à l’exercice de la plus grande retenue par l’Iran dans ce contexte dangereux pour permettre un retour à a la voie diplomatique”.
J’ai échangé ce matin avec le Prince héritier d’Arabie saoudite, le Sultan d’Oman, le Président des Émirats arabes unis et l’Émir du Qatar pour leur marquer notre solidarité.
Au Président iranien, j’ai redit notre exigence :…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 22, 2025
La population iranienne est descendue dans les rues aujourd’hui, après les frappes américaines de cette nuit. À Téhéran, le président iranien Massoud Pezechkian a participé au rassemblement, au milieu de la foule qui scandait : “Revanche, relance !”
Emmanuel Macron a convoqué un conseil de défense à l’Élysée à partir de 19h30 ce soir. Ne sont conviés que les ministres concernés : le Premier ministre François Bayrou, le ministre de la Défense Sébastien Lecornu et le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. L’objectif est d’identifier tous les enjeux depuis les frappes américaines et y trouver des solutions
Pour rappel, Emmanuel Macron s’entretien depuis ce matin avec les dirigeants de la région, notamment du Qatar, des Amira Arabes-Unis, et de l’Iran. Il est également en lien avec le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, afin d’accélérer le rapatriement des ressortissants Français d’Iran et d’Israël qui le souhaitent.
“Le monde est plus sûr et stable qu’il l’était il y a 24 heures”, assure Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, dans un entretien à Fox News, parlant des bombardements américains. Il accuse l’Iran d’avoir tenté de “jouer” avec Donald Trump avec de “fausses négociations”.
Après les bombardements américains de la nuit, Israël continue les frappes. “Une trentaine d’avions de chasse des forces israéliennes ont frappé des dizaines de cibles militaires dans tout l’Iran avec plus de 60 munitions”, apprend-on d’un communiqué de l’armée israélienne. Des lanceurs de missiles ainsi que des missiles balistiques stockés auraient été touchés et mis hors d’état de marche.
L’expert météorologique confirme la vigilance orange pour canicule en Isère et dans le Rhône, dans son bulletin de 16 heures. Ce niveau élevé de vigilance est prolongé à demain pour ces deux départements.
Téhéran assure qu’il n’y a “aucun danger” pour les populations vivant proche des sites nucléaires attaqués cette nuit par les États-Unis. Ils peuvent “continuer à vivre normalement”, selon le porte-parole du gouvernement iranien.
Les 15 membres du conseil de sécurité de l’ONU vont se réunir ce soir (21 heures, heure Française), à New York, à la demande de l’Iran après les frappes américaines. En plus des cinq membres permanents (Chine, États-Unis, Russie, France et Royaume-Uni), les dix membres élus pour un médiat de deux ans seront présents : l’Algérie, le Danemark, la Grèce, la Guyane, le Pakistan, le Panamá, la Corée, la Sierra Leone, la Slovénie et la Somalie. C’est la troisième réunion du conseil de sécurité depuis le début de la guerre entre Israël et l’Iran.
“Nous ne voulons pas la guerre avec l’Iran. Nous voulons la paix, mais dans un contexte où l’Iran n’a pas e programme d’armement nucléaire et c’est exactement ce qu’a permis le Président la nuit dernière”, assure le vice-président, JD Vance.
Celui-ci assure que les États-Unis n’ont pas “détruit la diplomatie, puisque les iraniens n’ont jamais laissé de chance à la diplomatie”. Il explique également que “les iraniens ne sont clairement pas bons à la guerre” et qu’ils devraient donc capituler.
Les États-Unis assurent qu’ils ne sont pas en guerre avec l’Iran, par la voix du Pentagone.
Alors que les États-Unis se félicitent d’avoir anéanti les installations nucléaires iraniennes, le ministre iranien des Affaires étrangères reste confiant : “Le savoir nucléaire iranien ne sera pas détruit par les bombardements. Nous continuerons à le défendre. Nous empêcherons les ennemis d’atteindre leurs objectifs.”
Ursula von der Leyen assure dans un poste sur X que “l’Iran ne doit jamais acquérir la bombe” atomique. Elle plaide pour “la stabilité” dans la région et “le respect du droit international” avec “une solution diplomatique” à “la table des négociations”.
Iran must never acquire the bomb.
With tensions in the Middle East at a new peak, stability must be the priority.
And respect for international law is critical.
Now is the moment for Iran to engage in a credible diplomatic solution.
The negotiating table is the only place to…
— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) June 22, 2025
Quelques heures après les frappes intensives des États-Unis sur l’Iran, le secrétaire américain a la Défense, Pete Hegseth, a pris la parole face à la presse. Il parle d’une “réussite sensationnelle” de l’opération américaine, et confirme les mots de Donald Trump : “Les ambitions nucléaires de l’Iran ont disparu”.
Il assure que c’est la “première fois” que les États-Unis ont utilisé la bombe GBU-57, des bombes qui permettent d’anéantir des bunkers puisqu’elles font des dégâts sous terrains. 14 bombes auraient été larguées par les bombardiers américains.
Il conclut en assurant que le président américain veut “la paix” et appelle l’Iran à “choisir cette voie”.
Massoud Pezechkian parle d’une “agression” après les frappes américaines. Il accuse les États-Unis d’avoir été impliqué dans l’opération militaire israélienne en Iran : “Cette agression a montré que l’Amérique est le principal facteur derrière les actions hostiles du régime sioniste contre la République islamique d’Iran.”
Après les frappes américaines, il n’est plus question de l’accord sur le nucléaire iranien. Le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPoa) a été signé à Vienne (Autriche), le 14 juillet 2015 par l’Iran, la Chine, les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ainsi que l’Union européenne. Le but était de contrôler le programme nucléaire iranien. Mais les États-Unis s’étaient retirés de cet accord sous le premier mandat de Donald Trump, en 2018. Joe Biden avait tenté un retour des États-Unis dans l’accord pendant son mandat, mais en vain.
Après plusieurs années de négociations sur le programme nucléaire et la levée des sanctions économiques contre l’Iran, les parties étaient parvenues à se mettre d’accord sur l’utilisation du nucléaire dans le civil. Mais des soupçons pesaient depuis plusieurs années sur l’Iran, qui développerait en secret du nucléaire militaire, jusqu’aux frappes israéliennes puis américaines.
Donald Trump s’est passé de l’autorisation du Congrès américain pour mener une frappe massive contre trois sites nucléaires iraniens. Une manière de s’engager pleinement dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient.
Donald Trump avait fait mine d’hésiter pendant une semaine sur la marche à suivre pour le nucléaire iranien, avant de prendre cette décision que ses prédécesseurs s’étaient refusés de prendre. Pourtant, il avait consenti à attendre deux semaines, notamment après la rencontre vendredi de l’E3 (Allemagne, France, Grande-Bretagne) à Genève avec le ministre iranien des Affaires étrangères. Mais il a estimé que cette rencontre n’avait pas été utile : “Non, ils n’ont pas aidé, a lâché Donald Trump vendredi au sujet de ses alliés. L’Iran ne veut pas parler à l’Europe. Ils veulent nous parler.”
“Maintenant est le temps pour la paix!”, a estimé Donald Trump après les frappes.
Le directeur du centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères annonce dans un point presse que deux avions allaient partir de la Jordanie aujourd’hui et demain pour rapatrier les ressortissants Français dans la région. 350 places sont disponibles pour “des personnes fragiles, malades, en ruptures de traitement médical, mineurs isolés”.
Le Croissant-Rouge iranien assure qu’il n’y a pas eu de victime lors des frappes américaines de cette nuit.
Les gardiens de la révolution sont l’armée idéologique d’Iran. Ils menacent les États-Unis de “ripostes regrettables” après les frappes de la nuit. Ils assurent que l’Iran “utilisera des options qui dépassent l’entendement”.
L’Union européenne, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine, la Russie, la Turquie, l’Inde… La communauté internationale, qu’elle condamne ou non les frappes américaines, appelle globalement à un apaisement des tensions et à la reprise des négociations entre Israël et l’Iran.
Emmanuel Macron a convoqué un conseil de défense et de sécurité nationale après les frappes américaines, ce soir à 19h30. Il “entend poursuivre dans les prochaines heures ses contacts avec ses partenaires européens et les leaders de la région”, et assure que la France “met tout en œuvre pour accélérer le départ de nos ressortissants qui le souhaitent d’Iran et d’Israël”.
Le ministère chinois des Affaires étrangères “condamne fermement” les frappes américaines sur l’Iran, assurant que cela va conduire “à une escalade des tensions au Moyen-Orient”. La Chine “appelle toutes les parties, et tout particulièrement Israël, à un cessez-le-feu aussi vite que possible”, peut-on lire dans un communiqué.
La Russie dénonce “la décision irresponsable de mener des frappes de missiles et de bombes sur le territoire d’un État souverain, quels que soient les arguments avancés”, considérant que cela “viole de manière flagrante le droit international”.
À l’instar de Londres et de Berlin, Paris assure avoir “pris connaissance avec préoccupation des frappes menées cette nuit par les États-Unis d’Amérique”, explique sur X le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Il assure que la France n’a “participé ni à ces frappes ni à leur planification” et “exhorte les parties à la retenue pour éviter toute escalade susceptible de conduire à une extension du conflit”.
Après les frappes américaines sur l’Iran, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) craint une “guerre aux conséquences irréversibles” pour la région et le monde.
Les sites d’Ispahan, Natanz et Fordo ont été vidés dans la nuit pas des bombes américaines.
Le site de Fordo est situé au centre du pays. Cette installation a été construite en violation des résolutions de l’ONU et était présentée comme une usine d’enrichissement d’uranium à taux élevé. Des particules d’uranium enrichies à 83,7% avaient été détectées en 2023, présentée comme des “fluctuations involontaires” par Téhéran.
Le site de Natanz est également situé au centre du pays. Il est équipé d’une grande quantité de centrifugeuses, utilisées pour enrichir l’uranium.
Le site d’Ispahan permet de produire les gaz nécessaires à l’enrichissement d’uranium et à produire des centrifugeuses.
La cheffe de la diplomatie européenne plaide pour que “toutes les parties fassent un pas en arrière, reviennent à la table des négociations et évitent toute nouvelle escalade”. Kaja Kallas estime tout de même que “l’Iran ne doit pas être autorisé à développer une arme nucléaire”, et informe que “les ministères des Affaires étrangères de l’Union européenne discuteront de la situation demain”.