Caroline Trender, qui aime la difficulté, reconnaît avoir été servie lors des championnats d’Europe de l’Union cycliste internationale (UCI) qui clôturaient cinq jours de Festival du vélo à Saint-Félicien, en Ardèche. “Ce fut une course vraiment très dure. Il faisait très chaud, et en Ardèche, rien n’est plat ; heureusement, j’aime les côtes ! Et Christian, mon entraîneur luchonnais, m’avait bien préparée. D’ailleurs, c’est à lui que je dois ma médaille. Je veux lui apporter mon soutien car il est privé de vélo après une opération ; alors, je roule pour lui… mais pas au même niveau (rire), il est très fort, avec la chance de vivre dans une région qui se prête à sa passion.” La qualité exceptionnelle des coureurs a aussi été un défi. “Beaucoup d’ex-professionnels et des jeunes avaient quarante ans de moins que moi !” Inscrite au Medio fundo, 132 kilomètres, 2 400 mètres de dénivelé, cinq cols, Caroline était une parmi la soixantaine de femmes sur 400 participants de 19 à 75 ans. “Le parcours était très exigeant, et les femmes n’aiment pas les côtes !” Au rayon (!) infortune, Caroline a découvert en arrivant qu’elle avait une roue crevée. “Mon entraînement a consisté à chercher où réparer. Je sais faire, mais je préférais m’échauffer. Après une forte descente de 3 km au départ, il fallait grimper pendant 10 km pour atteindre le premier col (sur cinq). Je roulais prudemment bien à droite pour me laisser dépasser, mais des jeunes me doublaient à droite, même sur l’herbe. J’avais très peur, même si je savais que pour faire ça, ils étaient très expérimentés. À mon âge, je n’ai pas envie de chuter.” Un orage a éclaté 30 km avant la fin. “Un déluge. Il y avait beaucoup de chutes, même les hommes s’arrêtaient, mais je suis Irlandaise, et pour moi, la pluie est plus facile que la chaleur. Et je voulais aller jusqu’au bout et monter sur le podium des rescapés !” Malgré ce cumul de difficultés, Caroline, comme toujours, a savouré le paysage : “Ces compétitions me permettent de voir comme la France est belle ! En plus, pour le festival, tous les petits villages étaient décorés, il y avait des musiciens, des danseurs, c’était merveilleux !” Caroline revient très heureuse : “Mon rêve était d’être sur le podium ! Mon objectif 2025 est réalisé, même si j’ai encore envie de me mesurer à moi-même. Mais la combinaison chaleur-trajet-stress fait que je suis plus longue à me remettre d’une course. Je dois aussi préserver ma vie privée, j’ai subi la passion d’un golfeur : alors, je comprends très bien que mon mari ait envie que je reste un peu à la maison !”