Raafat Halles court régulièrement se mettre à l’abri lorsque des chars israéliens, parfois accompagnés de bulldozers, patrouillent son quartier de Choujaïya, dans l’est de la ville de Gaza. « Nous fuyons dès que les chars approchent et puis nous revenons, car le danger est partout », témoigne ce Gazaoui de 39 ans. « J’ai l’impression que l’armée intensifie les massacres sur le terrain dès qu’il est question de négociations ou d’un potentiel cessez-le-feu ».
L’armée israélienne a fait savoir mardi que son aviation avait frappé en 24 heures « plus de 140 cibles terroristes pour appuyer les forces terrestres » et annoncé avoir démantelé dans le sud de Gaza environ trois kilomètres de tunnels, utilisés selon elle par des combattants du Hamas.
Conditions catastrophiques
Elle a indiqué avoir ces derniers jours « étendu ses opérations dans de nouveaux secteurs de la bande de Gaza ». Ce dont le Comité international de la Croix-Rouge s’est dit « profondément alarmé ». La Défense civile de Gaza a fait état d’au moins 20 morts mardi dans des tirs et des frappes de l’armée israélienne, dont dix personnes tuées alors qu’elles attendaient pour recevoir de l’aide humanitaire.
Interrogée, l’armée a répondu avoir tiré des coups de semonce pour éloigner des suspects et ne pas avoir connaissance de personnes blessées à la suite de ces tirs. Compte tenu des restrictions imposées aux médias dans la bande de Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, nous ne sommes pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et les affirmations de la Défense civile.
Près de 170 ONG internationales ont appelé à mettre fin au nouveau système de distribution d’aide, géré depuis fin mai par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une entreprise au financement opaque soutenue par Israël et les États-Unis. Les autorités sanitaires locales alertent par ailleurs sur une augmentation des cas de méningite chez des enfants, favorisés par des conditions de vie catastrophiques et le manque de moyens des hôpitaux.
« Nous sommes fatigués. Nous voulons que cette guerre et ces effusions de sang cessent […] Ça suffit », lance au milieu des destructions, dans le centre de Gaza, Mossaab al-Aimawi, qui dit avoir perdu des proches la veille dans une frappe nocturne. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a confirmé mardi qu’il se rendrait à Washington la semaine prochaine, pour la troisième fois depuis l’investiture du président américain Donald Trump.
Pression américaine
Ce dernier a affirmé que les États-Unis faisaient pression pour qu’une trêve entre Israël et le Hamas soit conclue « dans le courant de la semaine prochaine ». « Tirer parti du succès est tout aussi important que de l’obtenir », a déclaré Benyamin Netanyahou, alors que la rapidité avec laquelle s’est achevée la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran a ravivé l’espoir d’un arrêt des combats à Gaza.
« Nous sommes disposés à accepter toute proposition si celle-ci mène à la fin de la guerre », a dit un porte-parole du Hamas, Taher al-Nounou, précisant qu’il n’y avait eu « aucune percée jusqu’à présent ». La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023.