Une affaire bizarre, pas tant pour le contenu du rapport (on est guère surpris), que pour comprendre comment il a pu être validé vu ce qu’on décrit de sa conception. Je me demande aussi à quel point le Monde en rajoute pas dans les particularités du rapport.
Bref, je vous laisse juges, voici l’article…
—————
**A l’Assemblée nationale, l’embarrassant rapport de Sophia Chikirou sur la Chine**
*La commission des affaires européennes de l’Assemblée a adopté un rapport sur les relations entre l’Europe et la Chine. Rédigé par la députée LFI Sophia Chikirou, le document prend des orientations très éloignées de celles du gouvernement.*
—————————–
« Ce rapport est, à contre-courant, un rapport profondément pro-français et altermondialiste. » La conclusion de l’« insoumise » Sophia Chikirou est dans la tonalité des 153 pages du rapport sur les relations entre l’Union européenne et la Chine. La députée de Paris y dresse le réquisitoire de la politique de l’Union, « trop souvent alignée sur la politique américaine vis-à-vis de Pékin ». L’« approche résolument atlantiste adoptée par l’Europe a abouti à une sorte de guerre commerciale contre la Chine, aux effets délétères », écrit-elle.
Mais ce document à la tonalité très politique n’est pas issu de La France insoumise (LFI), dont les positions en soutien à Pékin se sont multipliées ces dernières années. C’est un rapport officiel de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale, qui a autorisé sa publication, le 17 juin. Le débat a alors été bref, seuls huit députés étant présents : quatre députés LFI, trois Renaissance et une Rassemblement national. Sur des sujets internationaux sensibles, les rapports de l’Assemblée sont rarement si contraires à la politique gouvernementale.
Le sinologue et politiste Paul Charon craint l’instrumentalisation à venir : « Ce rapport est très positif pour les autorités chinoises. Elles auraient tort de ne pas l’utiliser pour montrer l’absence d’unité au sein des autorités françaises. » Pour un diplomate européen, « quand elle découvrira le rapport, l’ambassade chinoise va être ravie d’enfoncer un coin dans la position française ».
Ainsi, dans ses 50 recommandations, le rapport appelle à relancer la coopération franco-chinoise – la France « a parfois davantage d’intérêts communs avec la Chine qu’elle n’en a avec ses partenaires du Vieux Continent », quand l’Allemagne, « faux ami de la France », est au centre de nombreux reproches.
**Sujets éludés**
Le député (Renaissance) du Bas-Rhin Charles Sitzenstuhl regrette un rapport qui a une « tonalité très mélenchoniste ». Pour lui, « tout le raisonnement est construit en opposition aux Etats-Unis, ce qui conduit à une complaisance et une naïveté envers la Chine ». Jean-Luc Mélenchon, cité à quatre reprises, a d’ailleurs été la seule personnalité politique auditionnée. Interrogée, Sophia Chikirou rétorque que d’autres personnalités sollicitées (Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin) n’ont pas répondu.
Selon la députée (Renaissance) des Hauts-de-Seine Constance Le Grip, « tout cela est très orienté et porté par une vision peu réaliste. Il n’y a aucune mention des ingérences étrangères chinoises, alors que le travail est bien documenté sur le sujet ». Pour Sophia Chikirou, « c’est une règle mondiale de tenter d’influencer le voisin. L’Union européenne, la France, les Etats-Unis, le font. Je n’ai pas eu d’éléments particuliers sur les ingérences chinoises et personne ne m’a pointé ce sujet au ministère des affaires étrangères ».
Alors que le rapport aborde des sujets très divers, d’autres sont éludés. La Lituanie, qui a connu un bras de fer avec la Chine, est à peine évoquée. Les menaces sur Taïwan sont abordées dans un encadré intitulé « Refuser de suivre les Etats-Unis dans les provocations, pas d’OTAN en mer de Chine méridionale ». Selon le rapport, on prête à la Chine « des initiatives expansionnistes sans qu’aucun élément probant ni confirmation (…) n’appuie ces accusations ». Mais pour Paul Charon, « la Chine a une politique expansionniste ! Il suffit pour s’en convaincre d’observer son attitude à l’égard des Philippines en mer de Chine méridionale, par exemple ».
Les critiques des fonctionnaires européens et français auditionnés qui ont pointé la politique commerciale agressive de la Chine sont balayées. Pour le rapport, « derrière ces reproches transparaît une méfiance plus profonde, qui semble moins liée aux griefs économiques qu’à l’inconfort suscité par l’ascension d’un modèle non occidental ». La députée regrette l’inefficacité de la politique de sanctions. Selon elle, « la guerre commerciale n’est pas possible compte tenu de notre interdépendance ».
**Chikirou réfute l’appellation de « dictature »**
Dans son rapport, Sophia Chikirou loue l’incroyable capacité d’innovation d’un système très vertical. Le « système politique chinois constitue bien plus qu’un cadre institutionnel : il est l’infrastructure politique d’un volontarisme national assumé ». Pour Paul Charon, « ces propos justifient tout simplement la dictature du parti ! ». Au Monde, Sophia Chikirou réfute d’ailleurs l’appellation de « dictature » pour le régime chinois, qui serait « factuellement fausse » : « Une dictature n’est le régime que d’un seul homme, ce qui n’est pas le cas en Chine. »
Le rapport a une genèse complexe. Début 2024, un binôme avait été désigné, associant Sophia Chikirou avec le député (MoDem) des Français établis hors de France, Frédéric Petit. Mais, selon ce dernier, les relations ont été rapidement houleuses, tant les approches étaient antagonistes : « Ma collègue souhaitait absolument aller en Chine, quand je ne voyais pas l’intérêt de me faire balader par les autorités chinoises. » La députée s’y est d’ailleurs rendue en mars.
Après la dissolution de l’Assemblée, le 9 juin 2024, Sophia Chikirou souhaitant poursuivre son travail, la mission a été reconstituée en octobre. Mais aucun groupe n’a voulu former un binôme, ce qui est pourtant l’habitude et aurait permis de nuancer le contenu. La fonction de corapporteur est souvent ingrate, d’autant que les travaux de la commission des affaires européennes sont confidentiels – elle siège les mardis après-midi, en même temps que les débats en séance.
Si le travail de Sophia Chikirou a été jugé « conséquent et documenté », l’orientation du rapport a gêné les députés Renaissance de la commission. Mais, après réflexion, ils ne se sont pas opposés à sa publication. Selon l’entourage du président de la commission, Pieyre-Alexandre Anglade, « cela aurait été contraire à l’usage, et aurait créé un précédent ».
Au Parlement, refuser de publier un rapport est rare. Mais les cas se multiplient. Le 18 juin, la commission des finances de l’Assemblée a rejeté un rapport de Vincent Trébuchet (Ardèche, Union des droites pour la République) sur l’agriculture biologique, pour « manque d’honnêteté intellectuelle ». En mars, c’est la commission des lois du Sénat qui avait enterré un rapport sur la Corse, les autres groupes s’opposant aux positions des Républicains. Les députés Renaissance de la commission des affaires européennes n’ont pas souhaité les suivre. Quitte à frapper du sceau de l’Assemblée nationale un rapport très loin des orientations du gouvernement français.
*Pierre Januel*
Je serais complotiste, je me dirais que la lfi fait tout en ce moment pour ne pas qu’on parle de la commission d’enquête
Je serais pas *si* surpris de voir un pivot significatif de notre attitude avec les Chinois. Probablement pas au point de Taiwan ou les 9 tirets, mais les Ouïghours par example? On peut justifier un génocide contre des musulmans par notre allié, on doit bien pouvoir passer sous le tapis un “génocide culturel” contre d’autres musulmans.
C’est marrant car je n’apprécie pas beaucoup dame Chikirou ni le parti de son sugar daddy mais je trouve qu’il est très sain de signaler que notre intérêt dans notre relation avec la Chine n’est pas d’être des affidés des USA. Cela ne signifie pas qu’il faille être naïf mais à lire l’article, il semble que proposer un rapport en complète opposition avec la position du gouvernement soit une hérésie, la démocratie c’est quand les parlementaires brossent toujours le gouvernement dans le sens du poil?
Depuis la réélection de Trump, quel est le pouvoir le plus hostile envers la France, la Chine ou les timbrés d’outre-atlantique qui tentent de nous vassaliser encore plus et qui menacent carrément notre sécurité?
On se sent tellement faible qu’un rapport qui comporte quelques points douteux nous fait peur car il remet en question certains dogmes.
> Selon le rapport, on prête à la Chine « des initiatives expansionnistes sans qu’aucun élément probant ni confirmation (…) n’appuie ces accusations ». Mais pour Paul Charon, « la Chine a une politique expansionniste ! Il suffit pour s’en convaincre d’observer son attitude à l’égard des Philippines en mer de Chine méridionale, par exemple ».
Ca dépend aussi ce qu’on qualifie d’expansionnisme. De Facto Taiwan n’est pas dans la Chine et ils ont très explicitement indiqué leur intention que ça change .
Même le rapport le dit:
> À ce titre, et selon l’ensemble des responsables chinois auditionnés, elle se déclare prête à recourir à la force en cas d’atteinte à ses intérêts fondamentaux. En particulier, une éventuelle indépendance de la province de Taïwan est jugée comme inacceptable par M. Jing ZHU, qui a assuré que Pékin n’hésiterait pas à utiliser la force comme ultime recours pour opérer la réunification de la Chine
Après, il reste beaucoup de vrai, surtout sur la partie concernant les alliances de la France.
Qui sont les “alliés” de la France ? Les États-Unis et l’OTAN trumpiste ? Bof. Les dictatures européennes type Hongrie ? Bof. L’Allemagne qui profite de chaque occasion pour nous poignarder dans le dos avec la complicité de nos gouvernants ? Pas trop. Le Royaume-Uni ? [En mort cérébrale.](https://pbs.twimg.com/media/Gu_4m-XWkAAijTi?format=jpg&name=medium) Et même pour les nostalgiques de la Françafrique, c’est complètement mort et enterré.
N’allez pas me faire croire que la France peut se tenir seule dans le monde. À un moment, il faudrait que nos chers centristes raisonnables modérés pragmatiques soient, eh bien, pragmatiques. La Chine est la moins pire des options de très loin.
La vision des relations internationales de la clique melenchoniste (a laquelle je n’assimile pas l’ensemble de la galaxie LFI) est tout simplement a gerber.
Ce savant melange de campisme bienheureux, d’hypocrisie, d’indignation a geometrie variable, d’alternance entre defaitisme et cynisme, de soi-disant realisme hobbesien, de haine contre l’integration europeenne me fait penser de manière effarante a un calque inversé des doctrines promues par les republicains aux USA.
C’est une chose serieuse car on trouve souvent dans la vision des relations internationales des partis des indices bien plus importants sur leurs réels positionnements ideologiques.
Nous faire passer la dictature du PCC pour un systeme non autoritaire et collectif, alors meme que la « pensée Xi Jinping » est ânonnée dans tous les congres du parti comme jamais depuis Mao, et que tous les contre pouvoirs construits dans le PCC durant la periode Xiaoping/Zemin/Jintao ont ete liquidés en dit long sur la vision de la democratie et de la liberté chez ces tristes sires.
Je comprends pas où est le problème. Oui LFI est beaucoup plus pro-Chine que le gouv. Mais pourquoi ils n’étaient pas assez pour voter contre la publication ? L’article dit qu’il y avait 8 députés présents dont 4 LFI. Tu veux pas de rapport pro-Chine, tu fais ton boulot et tu votes, non ? Ou alors j’ai pas compris comment ce processus marche.
Le plus choquant pour moi c’est la critique très acerbe contre l’Europe et l’Allemagne. Faut quand même avoir perdu quelques repères pour être plus critique de ton voisin démocratique et de l’Union à laquelle tu appartiens que d’une dictature à l’autre bout du monde. (Après j’entends souvent cette petite ritournelle anti allemagne à gauche, toujours très surprenant).
Et le coup des éloges sur le système politique chinois…. La seule défense c’est que c’est pas une dictature personnelle…. Donc une dictature d’un parti ou d’une oligarchie c’est bon.
Je ne comprend pas trop en quoi se rapprocher de la chine serait plus embarrassant que de rester proche des USA d’aujourd’hui.
> Chikirou refute l’appellation de dictature
Point amusant, la constitution Chinoise est en désaccord avec Chikirou. Heritage maoïste voulant, le préambule de la constitution Chinoise présente la Chine comme une “dictature du prolétariat”
11 comments
Une affaire bizarre, pas tant pour le contenu du rapport (on est guère surpris), que pour comprendre comment il a pu être validé vu ce qu’on décrit de sa conception. Je me demande aussi à quel point le Monde en rajoute pas dans les particularités du rapport.
Bref, je vous laisse juges, voici l’article…
—————
**A l’Assemblée nationale, l’embarrassant rapport de Sophia Chikirou sur la Chine**
*La commission des affaires européennes de l’Assemblée a adopté un rapport sur les relations entre l’Europe et la Chine. Rédigé par la députée LFI Sophia Chikirou, le document prend des orientations très éloignées de celles du gouvernement.*
—————————–
« Ce rapport est, à contre-courant, un rapport profondément pro-français et altermondialiste. » La conclusion de l’« insoumise » Sophia Chikirou est dans la tonalité des 153 pages du rapport sur les relations entre l’Union européenne et la Chine. La députée de Paris y dresse le réquisitoire de la politique de l’Union, « trop souvent alignée sur la politique américaine vis-à-vis de Pékin ». L’« approche résolument atlantiste adoptée par l’Europe a abouti à une sorte de guerre commerciale contre la Chine, aux effets délétères », écrit-elle.
Mais ce document à la tonalité très politique n’est pas issu de La France insoumise (LFI), dont les positions en soutien à Pékin se sont multipliées ces dernières années. C’est un rapport officiel de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale, qui a autorisé sa publication, le 17 juin. Le débat a alors été bref, seuls huit députés étant présents : quatre députés LFI, trois Renaissance et une Rassemblement national. Sur des sujets internationaux sensibles, les rapports de l’Assemblée sont rarement si contraires à la politique gouvernementale.
Le sinologue et politiste Paul Charon craint l’instrumentalisation à venir : « Ce rapport est très positif pour les autorités chinoises. Elles auraient tort de ne pas l’utiliser pour montrer l’absence d’unité au sein des autorités françaises. » Pour un diplomate européen, « quand elle découvrira le rapport, l’ambassade chinoise va être ravie d’enfoncer un coin dans la position française ».
Ainsi, dans ses 50 recommandations, le rapport appelle à relancer la coopération franco-chinoise – la France « a parfois davantage d’intérêts communs avec la Chine qu’elle n’en a avec ses partenaires du Vieux Continent », quand l’Allemagne, « faux ami de la France », est au centre de nombreux reproches.
**Sujets éludés**
Le député (Renaissance) du Bas-Rhin Charles Sitzenstuhl regrette un rapport qui a une « tonalité très mélenchoniste ». Pour lui, « tout le raisonnement est construit en opposition aux Etats-Unis, ce qui conduit à une complaisance et une naïveté envers la Chine ». Jean-Luc Mélenchon, cité à quatre reprises, a d’ailleurs été la seule personnalité politique auditionnée. Interrogée, Sophia Chikirou rétorque que d’autres personnalités sollicitées (Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin) n’ont pas répondu.
Selon la députée (Renaissance) des Hauts-de-Seine Constance Le Grip, « tout cela est très orienté et porté par une vision peu réaliste. Il n’y a aucune mention des ingérences étrangères chinoises, alors que le travail est bien documenté sur le sujet ». Pour Sophia Chikirou, « c’est une règle mondiale de tenter d’influencer le voisin. L’Union européenne, la France, les Etats-Unis, le font. Je n’ai pas eu d’éléments particuliers sur les ingérences chinoises et personne ne m’a pointé ce sujet au ministère des affaires étrangères ».
Alors que le rapport aborde des sujets très divers, d’autres sont éludés. La Lituanie, qui a connu un bras de fer avec la Chine, est à peine évoquée. Les menaces sur Taïwan sont abordées dans un encadré intitulé « Refuser de suivre les Etats-Unis dans les provocations, pas d’OTAN en mer de Chine méridionale ». Selon le rapport, on prête à la Chine « des initiatives expansionnistes sans qu’aucun élément probant ni confirmation (…) n’appuie ces accusations ». Mais pour Paul Charon, « la Chine a une politique expansionniste ! Il suffit pour s’en convaincre d’observer son attitude à l’égard des Philippines en mer de Chine méridionale, par exemple ».
Les critiques des fonctionnaires européens et français auditionnés qui ont pointé la politique commerciale agressive de la Chine sont balayées. Pour le rapport, « derrière ces reproches transparaît une méfiance plus profonde, qui semble moins liée aux griefs économiques qu’à l’inconfort suscité par l’ascension d’un modèle non occidental ». La députée regrette l’inefficacité de la politique de sanctions. Selon elle, « la guerre commerciale n’est pas possible compte tenu de notre interdépendance ».
**Chikirou réfute l’appellation de « dictature »**
Dans son rapport, Sophia Chikirou loue l’incroyable capacité d’innovation d’un système très vertical. Le « système politique chinois constitue bien plus qu’un cadre institutionnel : il est l’infrastructure politique d’un volontarisme national assumé ». Pour Paul Charon, « ces propos justifient tout simplement la dictature du parti ! ». Au Monde, Sophia Chikirou réfute d’ailleurs l’appellation de « dictature » pour le régime chinois, qui serait « factuellement fausse » : « Une dictature n’est le régime que d’un seul homme, ce qui n’est pas le cas en Chine. »
Le rapport a une genèse complexe. Début 2024, un binôme avait été désigné, associant Sophia Chikirou avec le député (MoDem) des Français établis hors de France, Frédéric Petit. Mais, selon ce dernier, les relations ont été rapidement houleuses, tant les approches étaient antagonistes : « Ma collègue souhaitait absolument aller en Chine, quand je ne voyais pas l’intérêt de me faire balader par les autorités chinoises. » La députée s’y est d’ailleurs rendue en mars.
Après la dissolution de l’Assemblée, le 9 juin 2024, Sophia Chikirou souhaitant poursuivre son travail, la mission a été reconstituée en octobre. Mais aucun groupe n’a voulu former un binôme, ce qui est pourtant l’habitude et aurait permis de nuancer le contenu. La fonction de corapporteur est souvent ingrate, d’autant que les travaux de la commission des affaires européennes sont confidentiels – elle siège les mardis après-midi, en même temps que les débats en séance.
Si le travail de Sophia Chikirou a été jugé « conséquent et documenté », l’orientation du rapport a gêné les députés Renaissance de la commission. Mais, après réflexion, ils ne se sont pas opposés à sa publication. Selon l’entourage du président de la commission, Pieyre-Alexandre Anglade, « cela aurait été contraire à l’usage, et aurait créé un précédent ».
Au Parlement, refuser de publier un rapport est rare. Mais les cas se multiplient. Le 18 juin, la commission des finances de l’Assemblée a rejeté un rapport de Vincent Trébuchet (Ardèche, Union des droites pour la République) sur l’agriculture biologique, pour « manque d’honnêteté intellectuelle ». En mars, c’est la commission des lois du Sénat qui avait enterré un rapport sur la Corse, les autres groupes s’opposant aux positions des Républicains. Les députés Renaissance de la commission des affaires européennes n’ont pas souhaité les suivre. Quitte à frapper du sceau de l’Assemblée nationale un rapport très loin des orientations du gouvernement français.
*Pierre Januel*
Je serais complotiste, je me dirais que la lfi fait tout en ce moment pour ne pas qu’on parle de la commission d’enquête
Ils disent que c’est à contre courant du gouvernement (et certainement vis-à-vis des critiques de l’Europe ça l’est), mais y a eu plusieurs petits signes de [rapprochement avec la Chine](https://apnews.com/article/china-european-union-trump-tariffs-trade-93e5f748cf868155853e6776639eaf24), vu l’hostilité des américains. Barrot était en Chine en mars pour parler diplomacie et business.
Je serais pas *si* surpris de voir un pivot significatif de notre attitude avec les Chinois. Probablement pas au point de Taiwan ou les 9 tirets, mais les Ouïghours par example? On peut justifier un génocide contre des musulmans par notre allié, on doit bien pouvoir passer sous le tapis un “génocide culturel” contre d’autres musulmans.
C’est marrant car je n’apprécie pas beaucoup dame Chikirou ni le parti de son sugar daddy mais je trouve qu’il est très sain de signaler que notre intérêt dans notre relation avec la Chine n’est pas d’être des affidés des USA. Cela ne signifie pas qu’il faille être naïf mais à lire l’article, il semble que proposer un rapport en complète opposition avec la position du gouvernement soit une hérésie, la démocratie c’est quand les parlementaires brossent toujours le gouvernement dans le sens du poil?
Depuis la réélection de Trump, quel est le pouvoir le plus hostile envers la France, la Chine ou les timbrés d’outre-atlantique qui tentent de nous vassaliser encore plus et qui menacent carrément notre sécurité?
On se sent tellement faible qu’un rapport qui comporte quelques points douteux nous fait peur car il remet en question certains dogmes.
> Selon le rapport, on prête à la Chine « des initiatives expansionnistes sans qu’aucun élément probant ni confirmation (…) n’appuie ces accusations ». Mais pour Paul Charon, « la Chine a une politique expansionniste ! Il suffit pour s’en convaincre d’observer son attitude à l’égard des Philippines en mer de Chine méridionale, par exemple ».
Ca dépend aussi ce qu’on qualifie d’expansionnisme. De Facto Taiwan n’est pas dans la Chine et ils ont très explicitement indiqué leur intention que ça change .
Même le rapport le dit:
> À ce titre, et selon l’ensemble des responsables chinois auditionnés, elle se déclare prête à recourir à la force en cas d’atteinte à ses intérêts fondamentaux. En particulier, une éventuelle indépendance de la province de Taïwan est jugée comme inacceptable par M. Jing ZHU, qui a assuré que Pékin n’hésiterait pas à utiliser la force comme ultime recours pour opérer la réunification de la Chine
Après, il reste beaucoup de vrai, surtout sur la partie concernant les alliances de la France.
Qui sont les “alliés” de la France ? Les États-Unis et l’OTAN trumpiste ? Bof. Les dictatures européennes type Hongrie ? Bof. L’Allemagne qui profite de chaque occasion pour nous poignarder dans le dos avec la complicité de nos gouvernants ? Pas trop. Le Royaume-Uni ? [En mort cérébrale.](https://pbs.twimg.com/media/Gu_4m-XWkAAijTi?format=jpg&name=medium) Et même pour les nostalgiques de la Françafrique, c’est complètement mort et enterré.
N’allez pas me faire croire que la France peut se tenir seule dans le monde. À un moment, il faudrait que nos chers centristes raisonnables modérés pragmatiques soient, eh bien, pragmatiques. La Chine est la moins pire des options de très loin.
La vision des relations internationales de la clique melenchoniste (a laquelle je n’assimile pas l’ensemble de la galaxie LFI) est tout simplement a gerber.
Ce savant melange de campisme bienheureux, d’hypocrisie, d’indignation a geometrie variable, d’alternance entre defaitisme et cynisme, de soi-disant realisme hobbesien, de haine contre l’integration europeenne me fait penser de manière effarante a un calque inversé des doctrines promues par les republicains aux USA.
C’est une chose serieuse car on trouve souvent dans la vision des relations internationales des partis des indices bien plus importants sur leurs réels positionnements ideologiques.
Nous faire passer la dictature du PCC pour un systeme non autoritaire et collectif, alors meme que la « pensée Xi Jinping » est ânonnée dans tous les congres du parti comme jamais depuis Mao, et que tous les contre pouvoirs construits dans le PCC durant la periode Xiaoping/Zemin/Jintao ont ete liquidés en dit long sur la vision de la democratie et de la liberté chez ces tristes sires.
Je comprends pas où est le problème. Oui LFI est beaucoup plus pro-Chine que le gouv. Mais pourquoi ils n’étaient pas assez pour voter contre la publication ? L’article dit qu’il y avait 8 députés présents dont 4 LFI. Tu veux pas de rapport pro-Chine, tu fais ton boulot et tu votes, non ? Ou alors j’ai pas compris comment ce processus marche.
Le plus choquant pour moi c’est la critique très acerbe contre l’Europe et l’Allemagne. Faut quand même avoir perdu quelques repères pour être plus critique de ton voisin démocratique et de l’Union à laquelle tu appartiens que d’une dictature à l’autre bout du monde. (Après j’entends souvent cette petite ritournelle anti allemagne à gauche, toujours très surprenant).
Et le coup des éloges sur le système politique chinois…. La seule défense c’est que c’est pas une dictature personnelle…. Donc une dictature d’un parti ou d’une oligarchie c’est bon.
Je ne comprend pas trop en quoi se rapprocher de la chine serait plus embarrassant que de rester proche des USA d’aujourd’hui.
> Chikirou refute l’appellation de dictature
Point amusant, la constitution Chinoise est en désaccord avec Chikirou. Heritage maoïste voulant, le préambule de la constitution Chinoise présente la Chine comme une “dictature du prolétariat”
Comments are closed.