Le programme de Marine Le Pen reste avant tout hérité du Front national de son père

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  1. Immigration, sécurité, institutions… des fondamentaux immuables
    – L’immigration est l’un des exemples les plus flagrants de cette continuité. Les principales mesures prônées par Marine Le Pen sont les mêmes que celles défendues par Jean-Marie Le Pen en son temps, comme la suppression de l’aide médicale d’Etat ou celle du droit du sol. Le discours reste identique : depuis 2007, dans chaque programme du FN puis du RN, il est question de mettre fin aux supposées « pompes aspirantes de l’immigration ».

    Même constat sur la sécurité et la justice, avec des propositions récurrentes comme la présomption de légitime défense accordée aux forces de l’ordre. Mais aussi sur les questions internationales, telle une proximité revendiquée avec la Russie dès l’époque du FN.

    Le recours au référendum est central dans le discours de l’extrême droite française, d’abord parce qu’il séduit des électeurs déçus du fonctionnement actuel des institutions. Mais aussi parce qu’il permet d’éviter d’attiser des controverses sur des sujets sur lesquels Marine Le Pen et autrefois son père défendent une ligne ultraconservatrice, qui peut rebuter de nombreux citoyens. C’est le cas sur la peine de mort : en 2012, Marine Le Pen proposait encore de la rétablir. Interrogée à ce sujet le 14 avril 2022 sur France 2, elle l’envisageait comme une question qui « pourrait passer par un référendum »… avant d’affirmer le contraire dès le lendemain sur BFM-TV : « On ne peut pas. C’est anticonstitutionnel. »

    En 2017, elle s’adressait plus particulièrement aux fonctionnaires, en proposant le dégel du point d’indice. Elle innovait aussi sur le volet institutionnel en proposant de supprimer les régions ou de réduire le nombre de députés et de sénateurs.

    Pour sa troisième campagne présidentielle, Marine Le Pen s’est surtout attachée à tenter de convaincre de sa crédibilité. Quitte à revoir certaines ambitions à la baisse : sur la question des retraites, la députée défendait un départ à partir de quarante annuités de cotisation pour tous les Français de 60 ans et plus. Désormais, prône-t-elle, seuls ceux qui ont commencé à travailler avant l’âge de 20 ans pourront se contenter de quarante annuités.

    La candidate a également viré de bord sur le nucléaire. En 2012, un an après l’accident nucléaire de Fukushima, contrairement à son père, elle défendait un arrêt du nucléaire « à moyen terme ». Dix ans plus tard, elle se pose désormais en ardente défenseuse de cette filière française.

    La nature opportuniste de ces accommodements est souvent évidente. En 2017, Marine Le Pen avait abandonné l’idée de baisser les taxes sur les carburants, avant de la ressortir des cartons en 2018, en pleine crise des « gilets jaunes », puis de l’inscrire à son programme pour 2022.

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