Ce message est un appel aux redditeurs du sous qui habitent en Allemagne ou qui connaissent bien la situation politique outre-Rhin.

En me baladant sur Twitter depuis plusieurs semaines à la recherche d’informations sur l’Ukraine, j’ai l’impression de tomber de plus en plus souvent sur des articles/tweet négatifs sur l’Allemagne. Par exemple de ce prof d’histoire à Yale ([tweet 1](https://twitter.com/TimothyDSnyder/status/1516890329475072000)), ce thread d’un chercheur suédois ([tweet 2](https://nitter.net/andersostlund/status/1516687218592849926)), ou encore ce thread d’un cadre italien ([tweet 3](https://twitter.com/noclador/status/1516545893805273091)).

Comment cette critique de la classe politique allemande et en particulier du chancelier Olaf Scholz est-elle perçue en Allemagne? Si je m’en fie à cet article assez détaillé du Spiegel en anglais ([article 1](https://www.spiegel.de/international/germany/the-scholz-problem-discontent-grows-in-berlin-over-chancellor-s-ukraine-response-a-47dae068-fd09-4890-9ef8-d13c144b10a6#ref=rss)), la coalition fédérale commence à s’effriter (dissensions d’une partie des Verts, du SPD et du FDP). Qu’en est-il dans l’opinion publique allemande?

7 comments
  1. Le conflit Ukrainien expose au monde occidental (et aux allemands eux-mêmes apparemment) la stratégique diplomatique “de l’Autruche” de l’Allemagne (vis à vis de la Russie, mais pas uniquement), et qui a cours depuis plusieurs décennies.

    Les allemands placent les intérêts de leur industrie avant tout, leurs relations internationales semblent quasi-uniquement orientées par cela. Pas trop de soucis là dedans, c’est ce que font tous les pays Occidentaux (bien que la manière dont ils utilisent l’UE pour arriver à leurs fins est quelque peu agaçante). Sauf que là on ça coince, selon moi, c’est qu’ils ont tenté en parallèle de se construire une image de pays vert, pacifiste et diplomatiquement neutre.

    L’Aura de Merkel suffisait à écarter bon nombre de critiques et suspicions, le conflit Ukrainien (exposant le double jeu allemand vis à vis de la Russie) + le remplacement de Merkel c’était obligé que ça allait ternir l’image d’Épinal.

  2. Expat/émigré en Allemagne ici, franchement si y’a un truc dont j’ai été surpris, c’est que l’écran de veille des bornes de ticket de métro (l’équivalent des bornes RATP) c’était… Un drapeau Ukrainien.

    Après à part ça, on est pas plus submergé par une propagande (d’un côté ou de l’autre) qu’en France, enfin c’est à peu près pareil.

  3. Les allemands sont assez embêtés en ce moment. D’un côté ils ont cruellement besoin de gaz russe pour faire tourner leur économie, de l’autre ils peuvent difficilement ignorer les exactions en Ukraine et le fait que c’est toute l’Europe qui est attaquée et qu’ils sont un pays majeur de l’UE. Jusque là ils pensaient s’en sortir en imaginant tenir Poutine tranquille par les accords économiques, mais là ils sont obligés de considérer l’instabilité du type qui envahirait n’importe quel pays pour faire fonctionner la machine a nationalisme russe.

    Alors que faire… impossible de laisser tomber le gaz russe, mais impossible d’abandonner l’Europe. Le meilleur serait de reformer la stratégie énergétique mais ça se fait pas du jour au lendemain et surtout pas avec les technologies actuelles. Bref… ils font l’autruche et attendent la fin de l’orage.

  4. De ce que j’en ai entendu, Scholz a multiplié les fausses excuses pour ne pas donner d’armes à l’Ukraine. Le problème étant que toutes ses excuses ont été démenties les une après les autres par les organismes concernés. Et, la ou je peux comprendre (bien que je ne l’approuve pas) que l’Allemagne cherche à ne pas trop se mouiller dans un conflit avec la Russie de par sa dépendance aux ressources russes (particulièrement le gaz), ne pas l’assumer et mentir coup sur coup (en particulier quand les mensonges sont démantelésles uns après les autres), c’est purement inacceptable

  5. Le problème c’est que l’Allemagne voudrait être une Suisse ou une Autriche avec des préoccupations vertueuses, alors qu’elle est la première puissance économique de l’UE. Ce n’est pas possible de se faire petit quand on pèse autant, ou du moins pas si on n’est pas prêt à ignorer ses contradiction internes ou que les autres gros joueurs s’intéressent à toi.

    Quand on a une économie aussi tournée vers l’exportation, la sécurité du commerce devient un impératif, or l’Allemagne décide sciemment de rester impuissante sur sa défense (en économisant au passage un demi point de PIB, qu’ils peuvent consacrer à diminuer leur dette depuis trente ans par exemple).

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