Le président du Club Med, Henri Giscard d’Estaing, à Chantilly, le 11 janvier 2024. Le président du Club Med, Henri Giscard d’Estaing, à Chantilly, le 11 janvier 2024. LUDOVIC MARIN/REUTERS

Dans un courrier manuscrit daté du mercredi 16 juillet et adressé à l’ensemble des salariés, Henri Giscard d’Estaing, président du Club Med, annonce que « Fosun [l’actionnaire chinois du groupe] a décidé de nommer un nouveau président ». « Je voulais pouvoir l’accompagner (…) Ce n’est pas ce qu’ils ont décidé. Je vais donc devoir vous quitter, le cœur serré » poursuit-il.

« Je suis contraint de mettre fin à mes fonctions de président du Club Med », a-t-il déclaré un peu plus tard, lors d’une visioconférence avec la presse, expliquant que cela faisait suite à la désignation par Fosun d’un nouveau président, dont il n’a pas donné le nom. « J’ai informé Fosun que je prenais acte de la décision de nommer quelqu’un à ma place, sans transition et sans mon accord », a-t-il dit.

Henri Giscard d’Estaing avait réussi à maintenir sa position à la tête du Club Med en 2024 après un réaménagement de la direction du groupe de tourisme, sur fond de tensions avec Fosun. « J’avais indiqué clairement aux dirigeants de Fosun que j’étais volontaire et désireux, si les conditions étaient réunies, d’assurer personnellement le succès de cette transition en accompagnant le futur dirigeant pendant six mois dans mon rôle de président », a-t-il expliqué. « De plus, sans engagement sur l’évolution de l’actionnariat, cela ne répond pas à l’impératif de diversité actionnariale, de gouvernance internationale et d’ancrage français » du Club Med, a ajouté Henri Giscard d’Estaing.

Tensions autour d’une cotation en Bourse

Il y a un mois, Henri Giscard d’Estaing, avait annoncé, dans Le Figaro, qu’il tentait de convaincre le groupe chinois de faire revenir le Club Med à la Bourse de Paris « dès le premier semestre 2026 ». Il s’était attiré un communiqué sans appel de son actionnaire : « A ce stade, nous n’avons aucun projet d’introduction en Bourse du Club Med ». Dans le courrier adressé mercredi aux salariés, M. Giscard d’Estaing réitère son souhait de voir le groupe coté à la Bourse de Paris et que « son centre de décision reste en France ». « Malgré tout ce que j’ai fait pour les en convaincre, Fosun l’a refusé et m’a donc révoqué de fait », précise-t-il.

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« Aujourd’hui, cette cotation est plus nécessaire que jamais. Il faut une gouvernance internationale pour le Club Med, respectueuse de ses valeurs et de son ancrage français. Et ce n’est plus le cas aujourd’hui », a-t-il martelé mercredi. Le groupe Club Med était sorti de la cote en mars 2015, après son rachat par Fosun. « La grande majorité des administrateurs est basée à Shanghaï, a peu d’expérience internationale et ne parle pas anglais. Ils ne connaissent pas ou peu le Club Med dans sa dimension mondiale et ses racines françaises », a dénoncé Henri Giscard d’Estaing.

Depuis plus d’un an, les relations entre l’emblématique groupe de tourisme français et son propriétaire chinois s’étaient beaucoup dégradées.

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