**Marine Le Pen, héritière d’un parti fondé par des anti-gaullistes fervents, a rendu mardi 9 novembre, un hommage au général de Gaulle à Bayeux. Éric Zemmour prétend, lui, concilier, au mépris de l’histoire, l’héritage de Pétain et de De Gaulle.**
**Bayeux (Calvados).** – Sur la place Charles-de-Gaulle de Bayeux (Calvados), le discours de Marine Le Pen est difficilement audible, recouvert par les huées d’une vingtaine d’opposants venus manifester contre sa venue en ce jour de l’anniversaire de la mort de l’homme du 18 -Juin.
« Le fascisme ne passera pas, dehors les fachos », scandent les opposants, tenus à distance par un cordon policier, alors que la présidente du RN poursuit, imperturbable, son hommage.
Un discours lyrique sur le héros de la Résistance qui appelle « à la lucidité et à l’engagement, au courage et à l’effort » mais aussi sur le fondateur de la Ve République qui en posa les bases lors de son discours de Bayeux de 1956. La candidate estime d’ailleurs que pour retrouver « le bel équilibre institutionnel que le général de Gaulle avait conçu », il faut adopter le septennat non renouvelable, le scrutin proportionnel, et généraliser la pratique du référendum.
Chez Marine Le Pen, la tentative de récupération de De Gaulle est presque aussi ancienne que sa prise du parti en 2011 et sa stratégie de « dédiabolisation » du FN.
Poussée par Florian Philippot – qui s’est rendu lui ce 9 novembre à Colombey-les-Deux-Églises avec pléthore de candidats de droite – elle a n’a eu de cesse d’essayer de faire oublier l’histoire du Front national (FN) de son père en se revendiquant, d’abord timidement, puis de plus en plus explicitement, de l’héritage de De Gaulle.
Si en 2014 elle assurait encore dans une lettre à ses « amis pieds-noirs et harkis » qu’elle ne pensait pas « que le FN soit un parti gaulliste », en déposant une gerbe ce mardi 9 novembre sur la Croix de Lorraine de Courseulles-sur-Mer, Marine Le Pen s’est présentée comme une garante de l’héritage gaulliste.
« Si l’on se défait des postures, quel mouvement politique est aujourd’hui plus proche des idées du général de Gaulle ? », interrogeait-elle les journalistes avant de citer pêle-mêle « le patriotisme économique » du RN, son « désarroi face à la perte d’influence de la France dans le monde » ou sa fermeté vis-à-vis de l’Union européenne.
Un impressionnant tête-à-queue pour l’héritière d’un parti fondé en 1972 par un quarteron d’anti-gaullistes fervents : son père, évidemment, mais aussi François Brigneau, zélé collaborationniste engagé dans la milice au lendemain du débarquement de Normandie, l’ancien Waffen SS Pierre Bousquet, trésorier du parti pendant neuf ans ou de Roger Holeindre, cadre de l’OAS, groupe terroriste qui tenta d’assassiner le général de Gaulle.
L’an dernier, pour les cinquante ans de la mort du général de Gaulle, [Marine Le Pen avait signé un texte-fleuve dans la Revue politique et parlementaire](https://www.revuepolitique.fr/de-gaulle-lordre-et-le-mouvement/) pour saluer « ce grand homme dont l’ombre jaillit dès que la lumière, sur le pays, pâlit » et dont « sur l’échiquier politique, aujourd’hui, seul le Rassemblement national défend la ligne ».
De quoi faire s’étrangler les historiques du parti.
Après avoir lui-même un peu braconné sur les terres gaullistes au gré des échéances électorales, Jean-Marie Le Pen a donné dans ses Mémoires, Fils de la Nation (Muller éditions 2018) sa vision définitive de De Gaulle. Il « reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France », écrit-il, le campant en « faux grand homme dont le destin fut d’aider la France à devenir petite ». Le fondateur du Front national raconte avoir croisé le Général en 1945 en Bretagne : « Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu. »
Car Jean-Marie Le Pen n’a « jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître ». « Je considère qu’on a été très sévère avec lui à la Libération », expliquait-il en 2015 dans Rivarol. Dans ses mémoires, Jean-Marie Le Pen reprend, pour défendre le Maréchal, la vieille thèse du « glaive et du bouclier », dont se réclame également Éric Zemmour, lui qui a multiplié ces dernières semaines les signes d’allégeance au général de Gaulle tout en réhabilitant le régime de Vichy.
D’un autre côté , il suffit de lire De Gaulle ( il existe de nombreuses compilations avec extrait + source en ligne , impossible de les posters ici sans être hors charte vu les propos ) pour se rendre compte que la plupart des déclarations du général le placerait très a l’extreme-droite maintenant.
Il faut aller lire ce qu’il pense des Maghrébins , africains cela rend ce genre d’article assez ironique , tous comme le fait qu’Hidalgo ce rend sur place pour s’annoncer comme la première des Gaullistes.
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**Marine Le Pen, héritière d’un parti fondé par des anti-gaullistes fervents, a rendu mardi 9 novembre, un hommage au général de Gaulle à Bayeux. Éric Zemmour prétend, lui, concilier, au mépris de l’histoire, l’héritage de Pétain et de De Gaulle.**
**Bayeux (Calvados).** – Sur la place Charles-de-Gaulle de Bayeux (Calvados), le discours de Marine Le Pen est difficilement audible, recouvert par les huées d’une vingtaine d’opposants venus manifester contre sa venue en ce jour de l’anniversaire de la mort de l’homme du 18 -Juin.
« Le fascisme ne passera pas, dehors les fachos », scandent les opposants, tenus à distance par un cordon policier, alors que la présidente du RN poursuit, imperturbable, son hommage.
Un discours lyrique sur le héros de la Résistance qui appelle « à la lucidité et à l’engagement, au courage et à l’effort » mais aussi sur le fondateur de la Ve République qui en posa les bases lors de son discours de Bayeux de 1956. La candidate estime d’ailleurs que pour retrouver « le bel équilibre institutionnel que le général de Gaulle avait conçu », il faut adopter le septennat non renouvelable, le scrutin proportionnel, et généraliser la pratique du référendum.
Chez Marine Le Pen, la tentative de récupération de De Gaulle est presque aussi ancienne que sa prise du parti en 2011 et sa stratégie de « dédiabolisation » du FN.
Poussée par Florian Philippot – qui s’est rendu lui ce 9 novembre à Colombey-les-Deux-Églises avec pléthore de candidats de droite – elle a n’a eu de cesse d’essayer de faire oublier l’histoire du Front national (FN) de son père en se revendiquant, d’abord timidement, puis de plus en plus explicitement, de l’héritage de De Gaulle.
Si en 2014 elle assurait encore dans une lettre à ses « amis pieds-noirs et harkis » qu’elle ne pensait pas « que le FN soit un parti gaulliste », en déposant une gerbe ce mardi 9 novembre sur la Croix de Lorraine de Courseulles-sur-Mer, Marine Le Pen s’est présentée comme une garante de l’héritage gaulliste.
« Si l’on se défait des postures, quel mouvement politique est aujourd’hui plus proche des idées du général de Gaulle ? », interrogeait-elle les journalistes avant de citer pêle-mêle « le patriotisme économique » du RN, son « désarroi face à la perte d’influence de la France dans le monde » ou sa fermeté vis-à-vis de l’Union européenne.
Un impressionnant tête-à-queue pour l’héritière d’un parti fondé en 1972 par un quarteron d’anti-gaullistes fervents : son père, évidemment, mais aussi François Brigneau, zélé collaborationniste engagé dans la milice au lendemain du débarquement de Normandie, l’ancien Waffen SS Pierre Bousquet, trésorier du parti pendant neuf ans ou de Roger Holeindre, cadre de l’OAS, groupe terroriste qui tenta d’assassiner le général de Gaulle.
L’an dernier, pour les cinquante ans de la mort du général de Gaulle, [Marine Le Pen avait signé un texte-fleuve dans la Revue politique et parlementaire](https://www.revuepolitique.fr/de-gaulle-lordre-et-le-mouvement/) pour saluer « ce grand homme dont l’ombre jaillit dès que la lumière, sur le pays, pâlit » et dont « sur l’échiquier politique, aujourd’hui, seul le Rassemblement national défend la ligne ».
De quoi faire s’étrangler les historiques du parti.
Après avoir lui-même un peu braconné sur les terres gaullistes au gré des échéances électorales, Jean-Marie Le Pen a donné dans ses Mémoires, Fils de la Nation (Muller éditions 2018) sa vision définitive de De Gaulle. Il « reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France », écrit-il, le campant en « faux grand homme dont le destin fut d’aider la France à devenir petite ». Le fondateur du Front national raconte avoir croisé le Général en 1945 en Bretagne : « Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu. »
Car Jean-Marie Le Pen n’a « jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître ». « Je considère qu’on a été très sévère avec lui à la Libération », expliquait-il en 2015 dans Rivarol. Dans ses mémoires, Jean-Marie Le Pen reprend, pour défendre le Maréchal, la vieille thèse du « glaive et du bouclier », dont se réclame également Éric Zemmour, lui qui a multiplié ces dernières semaines les signes d’allégeance au général de Gaulle tout en réhabilitant le régime de Vichy.
D’un autre côté , il suffit de lire De Gaulle ( il existe de nombreuses compilations avec extrait + source en ligne , impossible de les posters ici sans être hors charte vu les propos ) pour se rendre compte que la plupart des déclarations du général le placerait très a l’extreme-droite maintenant.
Il faut aller lire ce qu’il pense des Maghrébins , africains cela rend ce genre d’article assez ironique , tous comme le fait qu’Hidalgo ce rend sur place pour s’annoncer comme la première des Gaullistes.