Depuis la zone Pédebert, à Soorts-Hossegor, où Gorille Cycles est installé depuis deux ans, Christophe Yvars, le fondateur, fait le point sur les défis qui attendent la marque.
Après le boom du vélo électrique post-Covid, on a l’impression que le marché retombe un peu. C’est aussi vrai pour Gorille Cycles ?
Il y a eu une euphorie, et elle retombe. On voit beaucoup de gens qui s’étaient lancés dans l’aventure et qui arrêtent, qui ont des difficultés de trésorerie. Nous, ce qu’on souhaite, c’est perdurer, essayer de rester sur nos bases, c’est-à-dire un vélo qualitatif, un service après-vente toujours présent pour pouvoir garder une bonne valeur vénale du vélo et surtout le faire durer dans le temps.
On est sur un marché de niche, celui des fatbikes électriques avec un style un peu particulier, assumé. Nos clients sont de super ambassadeurs, il y a un bon bouche-à-oreille. Mais ce ne sont pas les meilleures années pour nous du tout, clairement.
Les locaux coûtent plus cher, on a fait grossir l’équipe, avec plus de frais fixes, alors que le business commençait à descendre. J’ai une gestion en bon père de famille, c’est-à-dire que je ne vais pas faire rentrer d’investisseurs. J’ai 65 000 euros d’endettement, sur une valeur d’entreprise qui est au moins à 2 millions d’euros.
Est-ce que c’est ce ralentissement qui a amené à réfléchir sur la relocalisation de la production ?
On est déjà sur un équipement qui coûte cher, nous avons un modèle très haut de gamme, qu’on vend 5 000 euros, et celui-là, on le fait déjà à 100 % en France, dans les Pyrénées.
Pour le reste de la production, on reçoit des sous-ensembles déjà pré-assemblés, et c’est l’assemblage final seulement qu’on fait ici. Le projet, si ça marche bien pour le haut de gamme, est de déplacer tout ce pré-assemblage au Portugal. L’idée, ce n’est pas de tout rassembler ici, car on va exploser les coûts et on aura besoin de beaucoup plus de place.
Au niveau de la commercialisation, est-ce que vous faites, comme dans le secteur automobile, des locations longue durée ?
On a deux partenaires : un qui fait de la location longue durée, et on met une valeur rachat à zéro. En fait, le client se le paye en 36 mois, c’est comme s’il avait une location, et à la fin c’est le sien.
Après, quand quelqu’un veut changer d’équipement, on reprend systématiquement nos vélos pour leur en proposer un nouveau. Du coup, ça veut aussi dire qu’il y a un marché de la deuxième main, ce qui peut permettre à des gens pour qui c’est trop cher d’en acquérir un. Tous les vélos qu’on rachète, on les révise et on les vend garantis 2 ans, comme lors de l’achat neuf.
Est-ce que le territoire de la Communauté de communes Macs est un Eldorado pour le fatbike électrique ?
Le réseau de pistes cyclables ici est merveilleux. Franchement, on a de la chance. La question de la place du vélo électrique dans ce territoire, c’est quelque chose qui va, je pense, rapidement bouger. On le voit déjà au niveau des usages, des gens qui vont travailler et qui circulent le matin sur ces pistes cyclables.
Après, l’été, il y a beaucoup de monde, et j’aimerais bien que les bons ne payent pas pour les mauvais : il y a quelques individus qui font n’importe quoi avec les vélos, créant du danger sur une pratique plutôt de déplacement doux, qui viennent ensuite punir tout le monde parce qu’on est obligé de mettre des lois en place pour interdire les vélos électriques dans certains secteurs, par exemple.
