Israël fait face à une extrême pression internationale pour mettre fin aux souffrances des plus de 2 millions d’habitants du territoire palestinien, privés d’une aide humanitaire vitale. Le pays a imposé au territoire un blocus total début mars, très partiellement assoupli fin mai, qui a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.

Les Gazaouis « meurent de faim »

« C’est la souffrance pour nourrir mes enfants. Je risque ma vie pour leur apporter un sac de farine », a raconté Mohamed Abou Jabal, un déplacé dans le nord de Gaza. « Nous sommes en train de mourir, ayez pitié de nous, nous voulons manger. »

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé ce mercredi qu’une « grande proportion » de la population de Gaza « mourait de faim ». Pour la France, le « risque de famine » à Gaza est « le résultat du blocus » imposé par Israël. Mardi, un hôpital de Gaza a affirmé que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures.

« Dans des entrepôts, des tonnes de nourriture, d’eau potable, de fournitures médicales, de matériel d’hébergement et de carburant restent inutilisées »

« Alors qu’une famine se propage à Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent », ont déclaré conjointement une centaine d’ONG, en appelant à un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture de passages pour l’aide. « Juste à l’extérieur de Gaza, dans des entrepôts, et même à l’intérieur, des tonnes de nourriture, d’eau potable, de fournitures médicales, de matériel d’hébergement et de carburant restent inutilisées, les organisations humanitaires étant empêchées d’y accéder ou de les livrer », ont-elles ajouté.

« Pas de famine causée par Israël »

Le gouvernement israélien s’est défendu en affirmant qu’il n’était pas responsable de la pénurie de nourriture. « À Gaza aujourd’hui, il n’y a pas de famine causée par Israël », a déclaré son porte-parole, David Mencer. « Il s’agit d’une pénurie provoquée par le Hamas », a-t-il ajouté, en accusant le mouvement d’empêcher la distribution et de piller l’aide. Le président israélien Isaac Herzog assure, de son côté, que son pays fournit « une aide humanitaire conformément au droit international ».

L’armée israélienne a nié bloquer l’aide humanitaire et affirmé que 950 camions se trouvaient à Gaza et attendaient que les agences internationales distribuent leurs cargaisons. Le Cogat, un organisme qui dépend du ministère israélien de la Défense, a affirmé que près de 4 500 camions étaient entrés récemment à Gaza, transportant de la farine et des aliments pour bébés et enfants. Mais, selon lui, « la collecte de l’aide (par les organisations internationales) a baissé de manière significative » depuis un mois.