Après plus de six heures de débats tendus, le cabinet de sécurité israélien a approuvé vendredi matin le plan d’occupation complète de la ville de Gaza, marquant un tournant majeur dans le conflit en cours. Cette décision controversée a été prise malgré l’opposition du chef d’état-major et les vives tensions au sein même du gouvernement.
Cinq principes pour la fin de la guerre
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou, a défini cinq principes stratégiques pour terminer le conflit : le démantèlement du Hamas, le retour de tous les otages vivants et morts, la démilitarisation de la bande de Gaza, l’établissement d’un contrôle sécuritaire israélien sur le territoire et la mise en place d’un gouvernement civil alternatif excluant le Hamas et l’Autorité palestinienne.
La stratégie prévoit une évacuation des civils de Gaza étalée sur deux mois, avec une date symbolique de fin fixée au 7 octobre. L’aide humanitaire sera fournie à la population civile dans les zones non-combattantes, tandis que l’occupation se déroulera progressivement.
Affrontement entre Ben Gvir et le chef d’état-major
La réunion a été marquée par un échange particulièrement vif entre le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir et le chef d’état major de Tsahal, Eyal Zamir. Ce dernier avait mis en garde : “Il n’y a pas de solution humanitaire pour un million de personnes que nous devrons déplacer, tout sera complexe.”
Ben Gvir a répliqué sèchement : “Arrêtez de parler aux médias. Nous voulons une décision ferme. Vous êtes subordonnés au niveau politique. Apprenez de la police comment obéir aux décisions du niveau politique.”
Les ministres Smotrich et Ben Gvir ont voté contre certains aspects du plan concernant l’aide humanitaire, Ben Gvir s’opposant également aux clauses sur “l’après-guerre” qui ne mentionnaient ni l’encouragement à l’émigration ni l’annexion.
Opposition politique virulente
Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a dénoncé “un désastre qui conduira à de nombreux autres désastres”, accusant Ben Gvir et Smotrich d’avoir entraîné Netanyahou dans “une opération qui prendra de longs mois, conduira à la mort des otages, au meurtre de nombreux soldats et coûtera des dizaines de milliards aux contribuables israéliens.”