Télétravail : « Pour le patronat français, la vie personnelle doit être assujettie aux exigences de l’entreprise »

by word_clock

24 comments
  1. Manager, grande entreprise, pour citer mon PDG rencontré l’an dernier dans le cadre de mes fonctions : « le télétravail c’est bien, mais l’entreprise ça se vit. »

    Il touche au télétravail je me casse (et j’embarque l’équipe).

    EDIT : correction de la citation

  2. Ils ont compris qu’on travaillait pour vivre et pas l’inverse?

  3. Il me semble avoir lu que leur peur était lié a l immobilier et a la chute du prix des bureaux professionnels et du coup de la perte de valorisation de leur acquis immobilier a cause de la généralisation du TT.
    Vous vous rendez compte a quel point vous faites sur mal a vos patrons s/

  4. Hey le patronat français ? Va te faire mettre.

    On travaille pour gagner le droit de vivre dans un monde où on a pas demandé à naître.

    On travail pour pouvoir se permettre de manger et de financer nos passions et les choses importantes de nos vies.

    Le travail en lui même n’est pas important et ne doit pas se mettre en travers de nos vies personnelles.

    Les patrons, allez donc voir en enfer si j’y suis.

  5. Mur de paie donc je ne peux pas savoir de quel patronat il s’agit, de comment ils en sont venus au titre là, de si c’est vraiment représentatif et de la raison pour laquelle on s’oppose au tt

  6. Les dirigeants sont des gens qui ont choisi de consacrer (une bonne partie de) leur vie à leur travail. C’est leur choix. (Encore qu’il serait intéressant d’avoir l’avis de leurs proches.) Mais certains d’entre eux sont déterminés à imposer leur choix à tout le monde.

  7. J’imagine que pour le patronat français (dont je fais partie, finalement lol) les salaires doivent être soumis aux exigences de l’entreprise, ainsi que les congés payés, le travail des enfants, l’esclavage, et j’en passe.

    C’est à se demander comment l’économie a pu fonctionner avec tous ces vilains Zakissocios

  8. Pourtant pendant le confinement, c’était super apprécié qu’on puisse télétravailler à ce moment.

    On saura quoi répondre au prochain confinement

  9. Il y a de cela quelques années, la directrice d’une boîte dans laquelle je bossais (PME) m’avait déclaré après avoir saboté une opportunité d’emploi que j’avais dans le même secteur : “ah mais si tu fais ce métier pour l’argent aussi…forcément…”.

    Ben oui ma grande. Je fais ce métier (et tous les autres) pour l’argent, parce que crois-moi que si je pouvais, je resterais le cul vissé sur une chaise en terrasse ou dans mon jardin. Beaucoup de gens sont hors sol dès qu’ils ont un peu de pouvoir.

  10. Je commence à penser que pour les patrons, ce qui compte c’est pas la productivité des employés (qui est plus efficace en TT), mais le contrôle qu’ils ont sur leur vie.

    Si le télé travail se généralise c’est tous les middle managers à la con qui sont sur la sellette, et comme ils se tiennent tous par les couilles il faut absolument forcer les esclaves à revenir au bureau

  11. Bon aller, je vais faire mon commentaire qui va sûrement finir downvoté aux enfers…

    Oui le télétravail est un catastrophe en entreprise.

    De mon expérience personnelle, je vais prendre l’exemple de l’entreprise précédente où j’étais dans une équipe d’ingénieurs de r&d. Le télétravail des autres employés et l’une des raisons de pourquoi je suis parti…

    L’entreprise exigeait 8 jours de présentiel minimum par mois. La conséquence lors de mon arrivée ça a pris 2 semaines avant que je puisse enfin me lancer complètement dans mes tâches car la personne qui devait m’aider à présenter leurs fonctionnement etait tout le temps en télétravail. Bien qu’il m’ait expliqué une fois lors d’une réunion par teams. Certaines zone d’ombre restaient. Donc par son absence du bureau impossible de poser la question en 2-3 secondes par dessus le bureau, il fallait faire un message, attendre une bonne trentaine de minutes pour une réponse…

    D’un point de vue ambiance au boulot, c’était une petite équipe jeune et lors que tous le monde etait là c’était très cool, ca permettait d’avoir un peu de sociabilisation dans sa journée. Sauf que bah quand t’arrive le lundi matin ou vendredi et qu’il n’y avait personne tu savais que t’allais passer une sale journée. Et que là oui, ton journée c’est boulot métro dodo… Parfois c’était la semaine entière qui était comme ça…

    Enfin on voyait très bien ceux qui se mettaient en télétravail avant les week-ends et qui n’étaient plus dispo dès 15h et ceux qui se mettaient en télétravail 3 jours de suite avant les vacances et qui bien que connecté ne répondaient jamais aux messages…

    Le plus ironique c’est que c’était ceux qui habitaient le plus loin qui etaient le plus en présentiel…

    Je peux totalement comprendre l’utilité d’un ou deux jours de télétravail afin d’avancer plus vite sans être dérangé, de réduire ses temps de trajet pour être tranquille plus vite dans sa journée…

    Mais le full télétravail ou un télétravail extrêmement important est une vraie calamité de mon point de vu. Ça ruine l’ambiance d’équipe, ça nui à la sociabilité qui reste très importante, ça dégrade l’efficacité inter équipe…

    Autant si ton job est full dépendant de toi même et que tu ne travailles pas en équipe, je peux comprendre un peu l’intérêt, même si personnellement je pourrais pas rester h24 enfermé chez moi…

  12. Retour du servage. Bientôt le “en matière de gage, le maître est cru sur parole”

  13. >Pour la bourgeoisie, la vie des prolétaires doit être assujettie aux structures contrôlées par les bourgeois.

    Fixed it for you.

  14. Faute de pouvoir lire l’article en entier, le titre fait quand même putaclic. D’autant plus qu’il s’agit d’une tribune.

  15. Change my mind : le seul vrai avantage, pour le travailleur, du télétravail c’est d’avoir permis de compenser une conséquence indirecte de l’exode rurale qui est la concentration urbaine, l’augmentation des prix de l’immobilier et aussi l’allongement des temps de transport.

    ^(Pour les patrons, c’est d’avoir permis de libérer de la place dans les bureaux et d’économiser sur le foncier donc.)

    Au-delà de ça, c’est plutôt négatif tout le long.

  16. Bonjour à tous.t.es, article ci-dessous.
    Abonnez-vous pour faire vivre la presse écrite. C’est vraiment un super journal.

    Télétravail : « Pour le patronat français, la vie personnelle doit être assujettie aux exigences de l’entreprise »

    La France est le seul pays européen à s’opposer aussi frontalement à ce mode de travail, souligne la syndicaliste et présidente d’Eurocadres Nayla Glaise, dans une tribune au « Monde ».

    Une petite musique venue des Etats-Unis s’est glissée dans les couloirs des entreprises françaises : « Fin du télétravail, cohésion de groupe, productivité. » Mais ce refrain ne convainc pas les télétravailleurs, qui y opposent leur droit de veto. En octobre 2024, Ubisoft, éditeur de jeux vidéo, a connu la première grève de sa jeune histoire. Près d’un quart des effectifs [entre 700 et 1 000 salariés sur les 4 000 que compte l’entreprise en France] s’est mobilisé pour protester contre le retour forcé au bureau.
    Le 3 juillet, c’est la Société générale qui a dû faire face à l’opération « Tous sur site ! », menée par l’intersyndicale CFDT-CFTC-CGT. Initiative qui a conduit à la saturation des locaux. Illustration par l’absurde des contradictions patronales. Les télétravailleurs étaient invités à rejoindre, en nombre, le site de la Défense, dans les Hauts-Seine, incapable d’accueillir 100 % des effectifs. En cause : la réduction des espaces de travail et du loyer, obtenue… grâce au télétravail. De fait, depuis la crise sanitaire, les salariés ont adopté le télétravail pour mieux articuler temps de vie professionnelle et personnelle. Plus exactement : adapter le temps de vie professionnelle au profit de la vie personnelle. Une logique que les directions d’entreprise n’avaient pas prévue et qu’elles rejettent largement.

    Le patronat français reste fidèle à une culture d’entreprise dans laquelle la vie personnelle doit être assujettie aux exigences de l’entreprise, et non l’inverse. En novembre 2023, malgré presque quatorze mois de négociations, le Medef, via Business Europe [un lobby qui représente les associations patronales], a ruiné l’espoir d’obtenir une directive européenne sur le télétravail et le droit à la déconnexion. Le texte européen, pourtant soutenu par les employeurs du secteur public, contenait plusieurs avancées majeures, dont la négociation collective avec les syndicats, la garantie du droit à la déconnexion et l’évaluation des risques liés au télétravail.

    Le processus législatif sur cette directive a récemment repris, après un an de suspension. La Commission européenne doit s’engager à défendre une directive ambitieuse. Rappelons que le télétravail concerne 22 % des travailleurs dans l’Union européenne en 2023, selon Eurostat, et qu’il n’existe pas, parmi les pays européens, d’opposition aussi frontale et unilatérale que celle de la France.
    En 2020, lors de la négociation interprofessionnelle, le Medef s’est opposé à toute avancée. Il est à l’origine du recul de droits acquis en 2005, notamment l’obligation d’un avenant au contrat de travail. Alors que le télétravail a été massivement utilisé durant la pandémie pour éviter l’effondrement des chiffres d’affaires, les injonctions à revenir au bureau suscitent une incompréhension légitime.

    Contrairement aux clichés, le télétravail ne traduit pas un désengagement, mais une adaptation à des conditions de vie et de travail dégradées. Deux réalités expliquent cette aspiration. D’une part, la difficile intégration des nouvelles générations dans le monde du travail, avec un niveau de vie en berne face à la flambée des loyers. D’autre part, la dégradation des conditions de travail sur site. Flex office [sans bureau fixe], bruit, management autoritaire et vertical sont autant de facteurs de stress, d’anxiété et de burn-out. Le télétravail permet d’y échapper. Une étude du ministère du travail, publiée en novembre 2024, souligne que les télétravailleurs sont globalement en meilleure santé que les autres salariés.

    A l’inverse, le discours patronal sur une prétendue baisse de productivité n’est appuyé par aucune étude sérieuse. Dans une période où un arrêt de travail long sur deux pour troubles psychiques concerne une personne de moins de 40 ans, selon le datascope d’Axa en 2025, priver, sans fondement, les télétravailleurs d’une organisation bénéfique pour leur santé est vécu comme une rupture de confiance. C’est la démonstration flagrante d’une radicalité patronale qui privilégie contrôle et profit, au détriment de la qualité de vie des salariés.
    L’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT et Eurocadres continuent de défendre des directives européennes sur le télétravail et le droit à la déconnexion, mais aussi sur les risques psychosociaux, qui poussent les salariés à fuir des environnements délétères.

  17. Mdr j’ai pas lu tout l’article (juste le contenu gratuit) mais clairement cette stupide réflexion des entreprises qui ont fait du flex office pour diminuer les charges pour finalement réduire drastiquement le télétravail pour finalement ne pas avoir la capacité d’accueillir 100% des salariés…

    Putain mais les conneries de certains dirigeants c’est terrible !

    Bref ma meilleure décision d’avoir arrêté les grands groupes pour aller dans une PME !

  18. Et la vie des patrons doit être assujettie à la méthode louiji

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