**Fermeture de lits, suppression de postes : ce que contient le « contrat d’avenir » des Hôpitaux de Strasbourg**
**Document confidentiel obtenu par notre partenaire Rue89 Strasbourg, le « contrat d’avenir » signé avec l’agence régionale de santé oblige les Hôpitaux universitaires de Strasbourg à augmenter leur activité tout en fermant des lits et en réduisant le nombre de postes.**
Strasbourg (Bas-Rhin).– Un « contrat d’avenir » aux airs de plan de redressement. Dans la matinée du vendredi 18 mars, le directeur des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) et la directrice de l’agence régionale de santé (ARS) Grand Est ont signé un accord qui doit permettre à l’établissement hospitalier de retrouver une autonomie financière d’ici à 2026. Autour d’une grande table d’un bois noble, Michaël Galy et Virginie Cayre, ainsi que la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier, se sont félicités de cette « feuille de route opérationnelle » pour l’hôpital public strasbourgeois.
La presse a été conviée… mais seulement pour prendre des photos, semble-t-il. Pas de temps prévu pour interroger les responsables sur ce « contrat d’avenir ». À la suite de cette étrange invitation, Rue89 Strasbourg a sollicité les HUS et l’ARS pour prendre connaissance du document. Aucune des institutions n’a répondu.
Sans doute, l’ARS et les HUS préféraient garder confidentiel ce document déterminant pour le futur de l’hôpital strasbourgeois. Car les 150 pages de ce contrat, que Rue89 Strasbourg s’est procuré, dévoilent un sombre avenir pour l’établissement. Certes, la « feuille de route » des HUS « revendique le principe de ne supprimer aucun poste soignant directement affecté au “lit du patient” sur la période 2021-2026 ».
Mais quelques pages plus loin, le contrat d’avenir stipule que « les HUS pourront développer l’offre de soins, et sécuriser l’augmentation d’activité de 5 % (par rapport au niveau atteint avant la crise sanitaire) prévue sur la durée du contrat d’avenir ». Malgré les manifestations et appels à l’aide des soignants, la gestion de l’hôpital public garde la même philosophie : plus d’activité avec autant de moyens, voire moins.
Grâce à ce « contrat d’avenir », l’hôpital public strasbourgeois sort d’une impasse financière. Comme l’indique le document, « le résultat structurel est passé de – 10,1 millions d’euros en 2019 à – 45 millions en 2020. […] Fortement endettés, présentant une insuffisance d’autofinancement, les HUS ne parviennent plus à faire face au remboursement du capital de la dette et au financement des investissements courants ».
Mais l’accord avec l’ARS ne constitue en rien un chèque en blanc. Les HUS évolueront désormais sous la pression de leur tutelle. L’accompagnement financier de l’établissement à hauteur de 36,4 millions d’euros par an « sera délégué en fonction de l’atteinte des objectifs de l’année précédente ».
Vivement dans 10 ans (vague de diplômés depuis la suppression du numerus clausus en 2eme année de médecine).
En attendant on va difficilement pouvoir remonter la pente.
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**Fermeture de lits, suppression de postes : ce que contient le « contrat d’avenir » des Hôpitaux de Strasbourg**
**Document confidentiel obtenu par notre partenaire Rue89 Strasbourg, le « contrat d’avenir » signé avec l’agence régionale de santé oblige les Hôpitaux universitaires de Strasbourg à augmenter leur activité tout en fermant des lits et en réduisant le nombre de postes.**
Strasbourg (Bas-Rhin).– Un « contrat d’avenir » aux airs de plan de redressement. Dans la matinée du vendredi 18 mars, le directeur des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) et la directrice de l’agence régionale de santé (ARS) Grand Est ont signé un accord qui doit permettre à l’établissement hospitalier de retrouver une autonomie financière d’ici à 2026. Autour d’une grande table d’un bois noble, Michaël Galy et Virginie Cayre, ainsi que la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier, se sont félicités de cette « feuille de route opérationnelle » pour l’hôpital public strasbourgeois.
La presse a été conviée… mais seulement pour prendre des photos, semble-t-il. Pas de temps prévu pour interroger les responsables sur ce « contrat d’avenir ». À la suite de cette étrange invitation, Rue89 Strasbourg a sollicité les HUS et l’ARS pour prendre connaissance du document. Aucune des institutions n’a répondu.
Sans doute, l’ARS et les HUS préféraient garder confidentiel ce document déterminant pour le futur de l’hôpital strasbourgeois. Car les 150 pages de ce contrat, que Rue89 Strasbourg s’est procuré, dévoilent un sombre avenir pour l’établissement. Certes, la « feuille de route » des HUS « revendique le principe de ne supprimer aucun poste soignant directement affecté au “lit du patient” sur la période 2021-2026 ».
Mais quelques pages plus loin, le contrat d’avenir stipule que « les HUS pourront développer l’offre de soins, et sécuriser l’augmentation d’activité de 5 % (par rapport au niveau atteint avant la crise sanitaire) prévue sur la durée du contrat d’avenir ». Malgré les manifestations et appels à l’aide des soignants, la gestion de l’hôpital public garde la même philosophie : plus d’activité avec autant de moyens, voire moins.
Grâce à ce « contrat d’avenir », l’hôpital public strasbourgeois sort d’une impasse financière. Comme l’indique le document, « le résultat structurel est passé de – 10,1 millions d’euros en 2019 à – 45 millions en 2020. […] Fortement endettés, présentant une insuffisance d’autofinancement, les HUS ne parviennent plus à faire face au remboursement du capital de la dette et au financement des investissements courants ».
Mais l’accord avec l’ARS ne constitue en rien un chèque en blanc. Les HUS évolueront désormais sous la pression de leur tutelle. L’accompagnement financier de l’établissement à hauteur de 36,4 millions d’euros par an « sera délégué en fonction de l’atteinte des objectifs de l’année précédente ».
Vivement dans 10 ans (vague de diplômés depuis la suppression du numerus clausus en 2eme année de médecine).
En attendant on va difficilement pouvoir remonter la pente.