Buitoni: après E. coli, la direction de l’usine de Caudry veut que les salariés travaillent plus pour se refaire une santé

6 comments
  1. >**Buitoni: après E. coli, la direction de l’usine de Caudry veut que les salariés travaillent plus pour se refaire une santé**

    >Alors que l’usine de pizzas incriminées dans les contaminations à la bactérie E. coli est toujours à l’arrêt, la direction veut augmenter le temps de travail pour compenser les salaires versés pendant la fermeture administrative. Au grand dam de la CGT.

    >Chez Buitoni, à Caudry (Nord), on va devoir retrousser ses manches pour arriver au redémarrage de l’usine, si elle se remet en route un jour. Elle fabriquait les pizzas Fraîch’up, liées aux cas récents de contamination à la bactérie E. coli, qui ont causé la mort de deux enfants. Depuis le 1er avril, son activité a été suspendue par arrêté préfectoral, à cause d’un «niveau dégradé de la maîtrise de l’hygiène alimentaire». La marque Buitoni appartient au groupe Nestlé.

    >**Tentative de limiter l’impact sur les finances**

    >Les salariés de Caudry devront donc travailler plus, pour compenser cette fermeture administrative temporaire. C’est le sens d’un avenant à l’accord sur la modulation du temps de travail, proposé par la direction et signé par FO, selon la Voix du Nord. Le syndicat ne confirme pas, et ne communique plus sur ce sujet sensible. La CGT, par contre, a refusé d’apposer son paraphe. «Aucun salarié ne travaille plus en production à cause des manquements soulignés par le préfet, et ce temps de repos forcé, ils devront le rendre à Nestlé au redémarrage de l’activité», s’indigne Maryse Treton, de la fédération CGT agroalimentaire. Le porte-parole de Buitoni le reconnaît : «Cet avenant a pour but de protéger le pouvoir d’achat des salariés en étendant l’accord de modulation du temps de travail, pour compenser la suspension de l’activité de production.» Pour l’entreprise, c’est une façon d’assurer le maintien des salaires, malgré tout. Ces derniers continuent pour l’heure d’être versés dans leur intégralité.

    >Pour la préfecture du Nord, rien de plus normal : «L’employeur est dans l’obligation d’assurer dans tous les cas la rémunération intégrale des salariés. C’est un principe général du droit», explique-t-on. Buitoni tente par différents moyens de limiter l’impact sur ses finances : les ouvriers ont été placés en formation, incités à prendre des congés payés sur la base du volontariat. Et maintenant ils rattraperont ces heures payées à rester chez eux, à attendre les résultats des investigations, et le «bon vouloir de l’Etat», grommelle l’un d’eux.

    >**Tensions fortes**

    >Cet accord, qui date de 2015, accepté à l’époque par toutes les organisations syndicales, met en place une annualisation du temps de travail, pour coller au rythme des commandes : il prévoit pour chaque salarié six semaines à faible activité, moins de trente-cinq heures par semaine, compensées par six semaines de haute activité, jusqu’à quarante-cinq heures de travail hebdomadaire. La direction de Buitoni vient donc de proposer de doubler le nombre de semaines à faible production, pour le porter à douze. Ce qui permettra de couvrir ces semaines d’inactivité rémunérées liée à la crise des pizzas Fraîch’Up. Une extension indue, estime Maryse Treton : «Cet accord n’a pas à être appliqué ici, car la fermeture est de la responsabilité de Nestlé, et n’est pas liée à une fluctuation d’activité.» Xavier Dieux, secrétaire de l’union locale CGT de Cambrai, s’exclame : «Ce n’est pas la faute des ouvriers si l’usine est fermée actuellement.» Les délégués syndicaux de Buitoni ne veulent pas s’exprimer pas sur le sujet. Plusieurs interlocuteurs parlent de tensions fortes au sein de l’usine, entre fierté blessée d’être ainsi montré du doigt, et peur de l’avenir.

    >«Les gens sont éreintés de cette affaire», confie une source en interne. «Nestlé nous dit que la priorité est la remise en route, mais on est toujours dans le même contexte, avec la fermeture administrative.» En fait, tous craignent que le groupe arrête les frais à Caudry, la dernière usine à pizzas en France. D’ailleurs, le porte-parole le précise, ces heures payées et non travaillées «seraient rattrapées ou non, en fonction de la future activité». Pas d’engagement sur l’avenir à lire dans cet accord. David Le Doussal, coordonnateur FO Nestlé France, soupire : «Nestlé vend déjà Mousline, il ne faudrait pas que nos amis des pizzas nous quittent aussi.»

  2. Ils auraient dû faire une pizza party avec que des buitonis. Jouer à la roulette russe avec son ventre, un délice!

Leave a Reply