AboSport à Genève –
À Lancy, les plongeurs de l’extrême défient la gravité
Ce week-end, les athlètes enchaînent les sauts depuis des tremplins juchés à 16 et 20 mètres de haut. Objectif: présenter leur sport peu connu mais infiniment spectaculaire.

Après un échauffement complet du corps, les plongeurs se sont élancés de 16 ou 20 mètres de haut.
MAGALI GIRARDIN
Des saltos, des carpés, des vrilles. En équilibre sur les mains, en arrière ou à plusieurs. Ce week-end, des athlètes genevois, suisses et internationaux ont enchaîné les acrobaties depuis des hauteurs phénoménales avant de s’engouffrer dans les eaux translucides de la piscine de Lancy. Celle-ci accueille pour la deuxième fois un «High diving show», une démonstration de plongeon extrême.
À côté de l’iconique plongeoir en béton de dix mètres, un échafaudage a été dressé, muni de deux tremplins à 16 et 20 mètres, surplombant les arbres de Marignac. Dans l’herbe, les athlètes s’échauffent comme des gymnastes d’élite: de la souplesse, du gainage, du conditionnement. Le corps doit être préparé à l’explosivité du plongeon et à l’atterrissage dans le bassin de cinq mètres de profondeur.
Plongeur professionnel, Jean-David Duval fait partie de ceux qui s’élanceront pour plusieurs sauts de haut vol, dans quelques minutes, aux côtés d’une vingtaine d’athlètes venus du monde entier, notamment d’Australie. «Les championnats du monde se tiennent la semaine prochaine en Sardaigne, explique celui qui a fondé l’association High Diving Genève. Cet événement à Lancy est l’occasion pour eux de venir s’entraîner en Europe, et pour nous de faire connaître notre sport au grand public.»

En plein carpé, les Genevois Jean-David et Pierrick, deux des trois suisses à faire de la compétition au niveau suisse.
MAGALI GIRARDIN
Car le plongeon extrême reste un sport de niche en Suisse, faute d’infrastructures suffisantes. Seuls trois athlètes font de la compétition internationale. Même au niveau mondial (le record de hauteur est de 58,8 mètres), il n’existe que deux tremplins de vingt mètres qui soient pérennes, l’un en Chine et l’autre aux États-Unis. Un projet pourrait toutefois voir le jour du côté de Zurich, nous souffle-t-on.
Mais en attendant, comment s’entraînent les athlètes? Sur des plongeoirs de dix mètres, en travaillant le saut et ses différentes figures en deux parties. Un travail de précision, puisque lors d’un saut de dix mètres, le sportif passe 1,8 seconde dans l’air, contre 2,8 pour une chute de vingt mètres. Autre solution, moins accessible: s’exercer depuis une falaise.
Quadruple salto et demi-tour
Les plongeurs du jour, eux, connaissent leurs sauts sur le bout des doigts. Tout est millimétré. Avant de s’élancer, on s’essuie bien les jambes pour éviter toute glissade. Puis on plonge seul, à deux, à quatre. On s’amuse aussi, depuis les dix mètres, à bondir sur un trampoline, à s’accrocher au plongeoir, à s’élancer un drapeau suisse entre les doigts. «Pour cet événement, on propose des figures assez «faciles» pour nous», tempère Jean-David.

Un tremplin a été installé durant le week-end, à côté du plongeoir bétonné de la piscine de Marignac.
MAGALI GIRARDIN
La prestation, en revanche, souffle le public, venu nombreux au bord du bassin. Notamment l’élément le plus difficile présenté ce jour par l’un des sportifs, un quadruple salto conclu par un demi-tour, nous détaille Pierrick, athlète genevois. Les plus jeunes spectateurs, notamment, sont scotchés mais beaucoup connaissent déjà la discipline, populaire sur les réseaux sociaux.
Comme ces deux petits passionnés en maillot, qui interpellent l’organisateur: «Monsieur, est-ce que Côme Girardot (ndlr: recordman du nombre de sauts de la mort (dods) va venir?» Non, car il s’est récemment blessé. Le High Diving n’est évidemment pas sans risque, même si ceux-ci sont limités.
S’ils prennent «un plat» et s’évanouissent, ce qui est très rare, les plongeurs professionnels de l’extrême sont toujours accompagnés. Le nombre de sauts par session ne dépasse d’ailleurs souvent pas trois ou quatre, car l’impact est évidemment lourd pour le corps, notamment sur les genoux et les adducteurs.

Pour un dernier plongeon en freestyle, un athlète a brandi un drapeau suisse.
MAGALI GIRARDIN
Les curieux s’initient
Les plus curieux, eux, ont pu s’initier. Beaucoup d’enfants, mais aussi quelques adultes, ont appris les premiers gestes techniques du plongeon. «On ouvre les bras, on ramène les genoux, et on saute», explique Jean-David. Le sportif enchaîne les exercices de base, imité par une vingtaine d’enfants et quelques adultes massés au bord du bassin. Au programme, une chandelle avant, une demi-vrille, puis de vrais plongeons, à 1 et 3 mètres de haut.
Mais les plus téméraires ne se contentent pas de timides envolées. Certains tentent saltos, des vrilles, et même les fameux dods, avec succès. «Jambes bien tendues», «bras à la hauteur des oreilles»: les membres de l’association High Diving sont à leurs côtés pour les aider à améliorer style et technique.
Proposé par la direction de la piscine et soutenu par la Commune de Lancy, l’événement continue dimanche. «À travers ce type d’événement, nous souhaitons faire découvrir des sports moins connus», explique le directeur, David Schaulin. Les amateurs pourront tester notamment l’aquagym en eaux profondes ou encore la natation synchronisée.

De nombreux jeunes et quelques adultes ont suivi l’initiation au plongeon.
MAGALI GIRARDIN
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