L’armée israélienne a lancé, mardi avant l’aube, une vaste opération dans la vieille ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, mobilisant des dizaines de soldats et de blindés, selon des témoins et des responsables palestiniens. Cet « assaut (…) est une démonstration de force sans justification », a déclaré à l’Agence Fance-Presse (AFP) le gouverneur de Naplouse, Ghassan Daghlas. L’armée a confirmé à l’AFP mener une opération, sans en préciser l’objet.
Des soldats israéliens se déploient lors d’un raid dans la ville de Naplouse, le 27 août 2025. JAAFAR ASHTIYEH / AFP
Vers 3 heures du matin (2 heures à Paris), les soldats ont investi plusieurs quartiers de la vieille ville, qui compte environ 30 000 habitants, se déployant particulièrement dans le quartier oriental de Harat Al-Hableh, ont rapporté des habitants à l’AFP.
Selon l’un d’entre eux, qui a requis l’anonymat, des militaires ont saisi chez des résidents des « sacs blancs » au contenu inconnu. Un autre témoin, qui a également refusé de donner son nom, a rapporté que des soldats avaient expulsé un couple âgé de son domicile, « probablement transformé en poste militaire ».
Les soldats « prennent d’assaut et fouillent les maisons et magasins » et « certaines maisons ont été transformées en postes militaires », a abondé auprès de l’AFP Ghassan Hamdan, directeur du Palestinian Medical Relief à Naplouse. L’armée a informé les autorités palestiniennes que le raid se poursuivrait jusqu’à 16 heures (15 heures à Paris), selon le gouverneur.
Des affrontements ont éclaté à l’entrée est de la vieille ville, où des jeunes ont caillassé des soldats qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène et à balles réelles, selon des sources locales. Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré avoir soigné 35 personnes, dont une blessée par balle réelle et cinq par balles en caoutchouc.
Le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina, a dénoncé, dans un communiqué, une opération « dangereuse » et « inacceptable ».
Mardi, l’armée avait également effectué un raid à Ramallah, où siège l’Autorité palestinienne, visant au moins un bureau de change. La police a annoncé la saisie de plus de 385 000 euros, des fonds liés, selon elle, à des activités terroristes.