Il n’y a “pas de risque de pénurie de beurre en France”, affirme ce mecredi à l’AFP l’interprofession laitière, malgré les tensions récentes sur les prix mondiaux et l’épidémie de fièvre catarrhale qui peut avoir un impact sur la collecte.
“On est durablement en manque de lait dans le Grand Ouest”, alertait ce lundi sur ICI Mayenne Yohann Barbe, président de la fédération nationale des producteurs laitiers, qui représente 75 % de la production. Face aux tensions récentes sur les prix mondiaux et l’épidémie de fièvre catarrhale qui peut avoir un impact sur la collecte, se pose la question d’une éventuelle pénurie de beurre. “Il n’y a pas de risque de pénurie de beurre” en France, a expliqué ce mercredi à l’Agence France Presse (AFP) Jean-Marc Chaumet, économiste au Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel). Les chiffres montrent que la collecte de lait et la fabrication de beurre, en France comme au niveau mondial, doit être à la hauteur de la demande.
“On a certes eu cette année un pic saisonnier un peu retardé au printemps, mais pas inexistant”, explique l’économiste du Cniel. En outre, “les stocks de beurre ne sont pas très élevés” mais cela va avec une consommation à la traîne depuis le début de l’année (-3,5% sur les ventes au détail). Ces dernières années, la consommation de beurre avait plutôt augmenté en France, surtout à travers la consommation de produits comme les viennoiseries.
La collecte de lait sur l’année doit être “comparable” à celle de 2024
Selon l’expert, malgré la fièvre catarrhale et les pics de chaleur, la collecte de lait sur l’année doit être “comparable” à celle de 2024. “Même si on n’a pas forcément plus de lait, on peut faire plus de beurre et c’est en train de se passer en France”, ajoute-t-il. Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production de beurre à la fin mai était en hausse de 1,7% par rapport aux cinq premiers mois de 2024, à 162.629 tonnes, quand la collecte laitière reculait sur la même période de 0,9%.
Les prix au niveau mondial, qui orientent les achats des industriels, se sont eux stabilisés depuis le début de l’année, même si les niveaux restent “élevés” face à une demande mondiale en croissance et des tensions sur la fabrication en 2024. En 2017, une hausse des prix mondiaux avait conduit certains industriels à privilégier l’exportation à la grande distribution française, vidant certains rayons et poussant les Français à faire des achats par précaution, mais la situation actuelle est totalement différente. Ces dernières semaines, les prix ont même légèrement reflué, selon Jean-Marc Chaumet, car “les stocks commencent un peu à se reconstituer” grâce à la production américaine et néo-zélandaise. Les tensions d’approvisionnement devraient donc être locales et ponctuelles ces prochains mois.