« Il n’est jamais trop tard pour agir en faveur du climat »

4 comments
  1. J’avais posté un article sur le sous avec plus ou moins le même contenu, mais il avait surtout reçu des sarcasmes en réponse à cause de son titre, donc je reviens à la charge.

    Tribune de 12 co-rédacteurs du dernier rapport du GIEC qui rappelle que l’objectif d’atteindre un pic d’émissions de GES “d’ici 3 ans” est largement artificiel et ne doit pas apparaître comme un tout ou rien. Ce qui compte c’est d’agir le plus rapidement et le plus fortement possible afin de limiter au minimum le réchauffement, et que l’objectif n’est pas tant +1,5°c maximum mais “le plus bas possible”.

  2. Qu’il soit trop tard ou non, ça ne change rien au problème :

    On voit bien que personne ne change vraiment ses habitudes de vie dans le monde, du moins en moyenne

    La preuve, c’est que la consommation d’hydrocarbures ne faiblit pas vraiment

    Donc bon, le Monde peut toujours faire des article pour les bisounours, mais ça changera rien au schmilblick

  3. **Stabiliser le réchauffement climatique nécessite d’agir dès maintenant, mais, contrairement à ce que l’on a pu lire dans les médias, il n’existe pas de date butoir au-delà de laquelle il n’y aurait plus rien à sauver, rappelle un collectif de scientifiques auteurs des trois volets du sixième rapport d’évaluation du GIEC, dans une tribune au « Monde ».**

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) concernant les options de réduction des émissions de gaz à effet de serre est un rappel à la réalité. Nous savions déjà que l’influence humaine sur le climat avait entraîné un réchauffement planétaire de 1,1 °C en moyenne sur la dernière décennie par rapport à 1850-1900.

    Ce nouvel opus nous explique que, malgré des politiques climatiques de plus en plus nombreuses prises dans de nombreux pays, nous sommes loin d’être en route pour limiter le réchauffement à 2 °C, a fortiori à 1,5 °C. Sauf en cas d’action très rapide, soutenue dans le temps et à grande échelle, pour réduire fortement les émissions en 2030 et atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle. Ce défi n’est pas hors de portée, c’est le message-clé du dernier rapport, mais il est, de fait, particulièrement ambitieux.

    Avons-nous, pour autant, « trois ans seulement pour garantir un monde vivable », comme on a pu l’entendre dans les médias ? Cette affirmation en forme de compte à rebours particulièrement alarmiste ne figure pas dans le rapport. C’est pourtant ce qu’affirmait, dans son titre, la première dépêche de l’Agence France-Presse sur le sujet, publiée à l’instant même où le rapport était rendu public [le 4 avril] : « Emissions must peak before 2025 for “liveable future” » (« Les émissions doivent atteindre un sommet avant 2025 pour qu’un “avenir vivable” soit envisageable »). Abondamment reprise dans les médias nationaux et internationaux, elle sonne comme un nouvel avertissement adressé par la communauté scientifique à l’humanité, assorti d’une date butoir encore plus proche.

    Cette affirmation n’est, cependant, pas cohérente avec les conclusions du rapport, et elle contribue même à en obscurcir les principaux messages.

    En premier lieu, elle véhicule l’idée d’un tout ou rien. Soit nous agissons avant 2025, soit c’est la catastrophe. En réalité, les deux précédents rapports du GIEC, sur la science du climat et sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité, ont montré que nous subissons déjà, dans toutes les régions du monde, l’intensification des impacts du changement climatique, et que ceux-ci vont aller croissant pour chaque accroissement de réchauffement supplémentaire. En retardant une franche réduction des émissions de gaz à effet de serre et la mise en place de mesures d’adaptation structurantes, nous sacrifions dès maintenant de multiples écosystèmes et l’habitabilité de certaines régions.

    Pour autant, il n’y a pas, à ce jour, de seuil établi au-delà duquel il n’y aurait plus rien à sauver. Dit autrement, chaque fraction de degré de réchauffement évité compte, et il n’est jamais trop tard pour agir, même si nous devions, au moins temporairement, dépasser les 1,5 °C.
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    En second lieu, les Etats se sont déjà engagés à faire passer les émissions mondiales par un pic dans la décennie qui vient. Le rapport souligne que, si tous les Etats du monde respectent leurs « contributions nationales déterminées » – les engagements qu’ils ont pris dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de Paris –, les émissions mondiales seront, en 2030, légèrement en dessous de leur niveau de 2019. Des engagements aux actes, il y a évidemment un grand pas, et le rapport insiste bien sur le fait que des politiques et mesures complémentaires sont indispensables pour tenir ces objectifs.

    Mais le vrai défi, plus que de faire passer les émissions mondiales de gaz à effet de serre par un pic, est de les réduire très rapidement et très fortement. Selon le rapport, il faudrait qu’elles aient chuté quasiment de moitié en 2030 par rapport à 2019 pour pouvoir stabiliser le réchauffement à un niveau proche de 1,5 °C. Et il faudrait qu’elles aient chuté de près d’un quart en 2030 pour pouvoir stabiliser le réchauffement sous 2 °C sans avoir à faire le pari de réductions vertigineuses entre 2030 et 2050.

    Pour ce faire, le rapport identifie un ensemble d’« actions [qui] peuvent être prises dès à présent » pour « changer les trajectoires de développement, accélérer la réduction des émissions et les transitions dans tous les secteurs ». Ces options existent, dans tous les secteurs (énergie, bâtiments, industrie, transports, agriculture, services, villes), au niveau de la demande comme de l’offre. Les actions à mener pour en faciliter la mise en œuvre sont connues, par exemple réorienter les investissements et financements sous-jacents. Les mettre en œuvre rapidement et simultanément constitue en revanche un immense défi. Il n’est pas utile d’y ajouter, en plus, une date butoir artificielle.

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