En 2006, à Riga, les Alliés s’étaient accordés pour rehausser leur effort de défense à 2 % du PIB. Un engagement collectif pris il y a 19 ans et renouvelé peu après l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014. L’objectif : signifier la volonté politique de chacun des membres de l’Otan de contribuer à l’effort collectif en matière de défense.
Selon les derniers chiffres rendus publics à Bruxelles, tous les pays membres de l’organisation auront atteint cet objectif d’ici la fin de l’année. Une avancée significative au regard des résultats de l’an passé, puisque sur les 32 États membres de l’Otan, 10 n’avaient toujours pas satisfait cette exigence. La France a elle atteint l’objectif des 2 % en 2024, suivie peu après par l’Allemagne et les Pays-Bas.
Mais le chemin demeure long. Au sommet de La Haye, en juin dernier, les Alliés ont revu cet objectif à la hausse en choisissant de porter leur effort de défense à 5 % de leur PIB. Un investissement colossal jugé par Washington nécessaire pour consolider la sécurité collective de l’Alliance face aux agressions russes. Le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, estimant qu’une offensive « victorieuse » de la Russie en Europe est désormais possible si aucun ajustement n’est fait d’ici les trois à cinq prochaines années.
L’Espagne esquive
Un nouvel objectif cependant rejeté par l’Espagne. Si le pays s’est félicité ce 28 août d’atteindre le seuil fatidique des 2 %, le Premier ministre Pedro Sanchez a refusé à La Haye, en juin dernier, de souscrire à l’effort collectif supplémentaire exigé – jugé « déraisonnable ». Un choix en partie justifié au regard des lourdes tensions internes qui menacent la coalition de gouvernement et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), acculé par la corruption. Une décision qui n’a pas manqué de susciter la vindicte du président américain. « C’est le seul pays qui refuse », avait dénoncé Donald Trump lors du dernier sommet de l’Otan, menaçant Madrid de représailles commerciales.
Si l’Espagne rechigne, la Pologne, elle, s’impose comme le meilleur élève de l’Alliance, en consacrant 4,48 % de son PIB aux dépenses militaires. Viennent ensuite les trois pays baltes : la Lituanie (3,99 %), la Lettonie (3,73 %) et l’Estonie (3,38 %), suivis de près par la Norvège (3,35 %), puis… les États-Unis (3,22 %), 6e du classement.
Depuis 2014 (annexion de la Russie en Crimée), et a fortiori depuis 2022 (guerre en Ukraine), les dépenses militaires des États membres de l’Otan ne cessent d’augmenter. Elles devraient être supérieures à 1 500 milliards de dollars pour l’année 2025, selon les estimations officielles.