1914-1918 : La Chanson de Craonne

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  1. Quand au bout du jour le repos terminé
    On va reprendre les tranchées
    Notre place est si utile
    Que sans nous on prend la pile
    C’est bien fini, on en a assez
    Personne ne veut plus marcher
    Et le cœur bien gros comme dans un sanglot
    On dit adieu aux civelots
    Même sans tambours, même sans trompettes
    On s’en va là-haut en baissant la tête

    Adieu la vie, adieu l’amour
    Adieu toutes les femmes
    C’est bien fini et pour toujours
    De cette guerre infâme
    C’est à Craonne sur le plateau
    Qu’on doit laisser sa peau
    Car nous sommes tous condamnés
    Nous sommes les sacrifiés

    Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance
    Pourtant on a l’espérance
    Que ce soir viendra la relève
    Que nous attendons sans trêve
    Soudain dans la nuit et dans le silence
    On voit quelqu’un qui s’avance
    C’est un officier de chasse à pieds
    Venu pour nous remplacer
    Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
    Les petits soldats vont chercher leur tombe

    Adieu la vie, adieu l’amour
    Adieu toutes les femmes
    C’est bien fini et pour toujours
    De cette guerre infâme
    C’est à Craonne sur le plateau
    Qu’on doit laisser sa peau
    Car nous sommes tous condamnés
    Nous sommes les sacrifiés

    C’est malheureux de voir sur les grands boulevards
    Tous ces gros qui font la foire
    Si pour eux la vie est rose
    Pour nous c’est pas la même chose
    Au lieu de se cacher tous ces embusquées
    Feraient mieux de monter aux tranchées
    Pour défendre leurs biens car nous n’avons rien
    Nous autres pauvres purotins
    Tous les camarades sont enterrés là
    Pour remplir les poches de ces messieurs là

    Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendrons
    Car c’est pour eux qu’on crève
    Mais c’est fini car les trouffions
    Vont tous se mettre en grève
    Ce sera votre tour, messieurs les gros
    De monter sur le plateau
    Car si vous voulez la guerre
    Payez-la de votre peau
    Car si vous voulez la guerre
    Payez-la de votre peau

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