Nico Rosberg a salué la performance de Max Verstappen à Monza après sa pole et sa victoire, ayant été impressionné par le rythme et la gestion du Néerlandais. Mais le champion du monde 2016 de F1 a aussi été surpris de voir le pilote avoir l’ascendant sur un choix technique chez Red Bull.

“On n’a même pas parlé de Verstappen durant tout le week-end” a confié Nico Rosberg à Sky Sports F1. “On parlait de McLaren, de Ferrari. Personne n’a mentionné Verstappen, et soudain, bam ! Au moment décisif, c’était de la magie signée Verstappen.”

Une affirmation qui est toutefois à débattre, car sur nos pages et dans notre émission Grand Prix, nous avions prédit de bonnes performances du Néerlandais sur un circuit où son réglage à faible aileron allait encore faire des miracles, ce que l’on a déjà vu plus tôt cette année.

“En qualifications, je pense que c’était vraiment grâce à lui, et en course, d’une certaine manière, il est juste incroyable. Mais sa voiture était aussi rapide, ce qui nous a vraiment surpris. Ça a surpris McLaren aussi. Donc chapeau à Red Bull, et bien sûr à lui, pour un week-end aussi spécial.”

Rosberg s’est dit particulièrement impressionné par une décision cruciale de réglages prise par le pilote lui-même : “Ce que j’ai découvert chez Max Verstappen, c’est qu’il devient désormais tellement intelligent qu’il prend lui-même des décisions fondamentales sur les réglages.

“C’est une nouvelle facette que je n’avais pas encore beaucoup vue. Et c’est vraiment impressionnant, parce que c’est probablement l’un des ingrédients clés de cette victoire : sa détermination à imposer son point de vue sur les réglages, à savoir ’on doit enlever de l’aileron’.”

“La simulation indique où se trouve l’aileron optimal. Et tous les ingénieurs suivent la simulation. Donc les ingénieurs voient les données et disent ’non, Max, tu dois rouler avec plus d’aileron que ça’. Et Max répond ’non, je veux moins d’aileron’.”

“Il a eu gain de cause, et il a décroché la pole avec deux tours magiques. C’était incroyable, juste la perfection. Et ensuite, il domine la course par la vitesse. Ce n’est pas 20 secondes d’écart parce que McLaren a tenté un coup stratégique totalement raté pour aller du point A au point B.”

“L’écart réel était d’environ cinq ou six secondes entre Verstappen et les McLaren, mais c’était quand même un rythme impressionnant qu’il a affiché en course, incroyable. Je dirais que c’était le pilote le plus rapide, pas la voiture la plus rapide.”

“Il a vraiment fait un boulot phénoménal. Il a juste ce petit truc en plus par rapport aux autres. Cette sensibilité supplémentaire, cette rapidité de réaction, cette capacité à équilibrer la voiture de manière magique à la limite extrême, c’est tout simplement incroyable.”

Le patron de Red Bull, Laurent Mekies, a mis à profit son expertise d’ingénieur pour travailler avec Verstappen sur cette décision cruciale de réglages : “J’ai aussi entendu dire que Laurent, en tant qu’ingénieur, avait eu un impact sur cette décision que Max a pu prendre.”

“En tant que personne la plus expérimentée dans la salle avec des compétences d’ingénierie, il a vu la dynamique entre les ingénieurs et Max, et à la fin, c’est lui qui a tranché. C’est un exemple où Laurent a eu un tout premier impact vraiment significatif sur la performance et la victoire en course, en tant qu’équipe.”

Le rapport entre pilotes et ingénieurs pourrait donc changer à Milton Keynes sous l’ère Mekies : “C’est une chose qui m’a frappé : Red Bull semble avoir écouté Max plus qu’ils ne le faisaient auparavant.”

“Tout est basé sur les données et les essais libres du vendredi, et c’est ainsi qu’ils sont arrivés à cette configuration pour le dimanche et à la stratégie. Mais il semble qu’on ait mis un peu plus l’accent sur Max, et j’aime ça, parce que je pense que c’est un aspect très important du rôle du pilote, qui s’est un peu perdu aujourd’hui.”

“Encore une fois, cela prouve que l’avis d’un pilote reste quelque chose de très important. Et cette fois, ça a marché, et ça a très bien marché. Il y a eu une petite bagarre au premier virage, puis après, c’était terminé. Il a contrôlé la course de bout en bout.”