Mediapart’s revelations trigger political slugfest between BJP, Congress

5 comments
  1. N’importe qui ayant fait des affaires en Inde sait qu’il est de tradition de donner un petit quelque chose sous la table (surtout quand l’administration est impliquée) pour arriver à quoi que ce soit.

  2. Oh le gros bordel…

    Faut savoir qu’on parle ici de deux contrats différents. Un premier contrat a été passé, quand le parti du Congrès indien était au pouvoir, pour un nombre plus important de Rafales, mais dont la plupart aurait été construits en Inde par Hindustan Aeronautics Limited (HAL), société d’Etat réputée proche du parti du Congrès qui avait jusque là trusté le gouvernement fédéral indien depuis l’indépendance. C’est dans ce cadre de cet ancien contrat que ces commissions auraient été payées au parti du Congrès par l’entremise d’un intermédiaire en Île Maurice.

    Or, ce premier contrat s’est embourbé dans des disputes entre Dassault et HAL, HAL ayant voulu une plus grande partie du gâteau de ce que Dassault voulait lui accorder, car Dassault n’avait aucune confiance dans les capacités techniques de HAL (qui, dans le petit monde aéronautique, “bénéficie” d’une réputation assez solide de bras cassés et tire-au-flancs). Bon, il semblerait maintenant que ceci aurait pu été résolu avec un pot-de-vin plus conséquent au parti du Congrès, mais il n’a pas été versé.

    Après que les nationalistes du BJP aient gagné les élections, le premier contrat a été abandonné mais, à la surprise générale, un nouveau contrat, portant sur un nombre plus réduit de Rafales, livrés toutefois directement depuis la France, a été signé. Deux choses ont fait pas mal jaser en Inde. La première est que les chasseurs soient désormais importés plutôt que produits sur place, et ce alors que “Make in India” est un slogan omniprésent du gouvernement du BJP. La deuxième est que l’associé industriel local de Dassault dans ce nouveau deal n’est plus HAL, mais le groupe industriel privé Reliance, nouveau en aéronautique mais réputé proche, bien sûr, du BJP…

    Maintenant, les gouvernement indien et français et Dassault cherchent à conclure la vente de Rafales supplémentaires et c’est bien sûr dans ce contexte qu’il faut voir ce concours de boules puantes entre tous les participants (faut aussi ajouter qu’entre temps le “chasseur national” indien, le Tejas de chez HAL est finalement opérationnel après un développement particulièrement poussif de trois décennies, et qu’il-y-a donc de ce côté-là, tout comme du côté des Russes, un certain intérêt à faire capoter tout achat supplémentaire de Rafales par l’Inde).

    Bref, les business des ventes d’armes est corrompu partout (à croire que les budgets opaques pour cause de “sécurité nationale” ont tendance à attirer les ripoux), mais dans un pays aussi “spécial” en matière de bakchich que l’Inde, ça peut prendre des sacrées dimensions…

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