«J’ai servi de gibier dans une chasse au cycliste» : les agressions à vélo de plus en plus fréquentes

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  1. «J’ai servi de gibier dans une chasse au cycliste» : les agressions à vélo de plus en plus fréquentes

    Nous dévoilons la vidéo d’un cycliste heurté volontairement par le conducteur de poids lourd, qui l’a ensuite frappé. Selon les associations, les violences entre usagers de la route sont en hausse depuis la fin du confinement.

    Un grand ciel bleu, une route de campagne qui file droit entre les champs. Les images filmées par la caméra embarquée de ce cycliste commencent comme les clips que les passionnés de rando partagent pour vanter les plus belles sorties… Sauf que sur cette route qui relie Semussac à Royan (Charente-Maritime), un poids lourd fait volontairement valdinguer le vélo. La séquence se poursuit, et la violence monte d’un cran : le chauffeur descend avec son passager et hurle : « Qu’est-ce que tu as à me faire un signe tout ? Qu’est-ce que tu viens me péter les couilles ? Je vais te mettre une branlée… » Puis, on voit les deux hommes frapper le promeneur jusqu’à ce que la caméra ne se casse.

    « Depuis la sortie du confinement, on voit une vraie montée de la violence sur les routes, les agressions comme celles-ci, sont de plus en plus nombreuses. Les cyclistes semblent être devenus des gêneurs sur les routes parce qu’on ne va pas assez vite, parce qu’on ne peut pas nous doubler. Mais on ne subit plus uniquement un coup de klaxon. Encore la semaine dernière, un cycliste a été pourchassé par une conductrice à Toulouse. En Ille-et-Vilaine, une pro a aussi été renversée volontairement. Elle a eu des fractures et le visage tuméfié », liste Téo Bartuccio, le créateur de l’association Mon vélo est une vie.

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    Il milite notamment pour que les violences volontaires soient plus lourdement punies que les accidents. En l’état, c’est le contraire : « Prenez un automobiliste qui fauche un cycliste par accident, il risque dix ans d’emprisonnement maximum, peine qui n’est jamais appliquée. En peine complémentaire, il prendra dix ans de suspension de permis. En revanche, dans le cas où le chauffeur a foncé sur le cycliste qui a perdu la vie, sans volonté de le tuer, il encourt certes en théorie jusqu’à vingt ans de prison — ce n’est là aussi jamais prononcé —, mais cinq ans seulement de suspension de permis », décrypte Me Michel Benezra, avocat en droit routier. La députée de Paris (LREM) Laetitia Avia prévoit de faire changer la loi. « Il faut remédier à cette incohérence de notre droit », plaide l’élue.

    > « J’aurais pu avoir la main tranchée… »

    Pourquoi Mickaël (le prénom a été changé), un cycliste traumatisé qui veut rester anonyme, avait ce jour de janvier déclenché sa caméra ? « Je le fais toujours quand je me sens menacé. D’habitude, il ne se passe rien… pas cette fois. » Cet amateur des grandes virées à vélo électrique entre les pins sur la côte, roulait jusqu’à une centaine de kilomètres par jour, « facile dans notre région avec l’assistance électrique », glisse-t-il.

    Il croyait ce jour-là avoir choisi le chemin le « plus sûr ». Quelques instants auparavant, vélo et poids lourds s’étaient déjà croisés sur une route très étroite. « Comme le camion arrivait sur moi à très grande vitesse et qu’on n’avait pas la place de passer, je lui avais fait signe, qui n’a servi à rien d’ailleurs, j’ai dû rouler dans l’herbe. » Au moment de le croiser, le conducteur a baissé sa vitre en hurlant « quelque chose que je n’ai pas compris, mais qui n’avait rien d’amical », se rappelle le cycliste.

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    Alors quand au sommet d’une montée il croit reconnaître le bruit du même moteur, il a « un mauvais pressentiment sur cette route où personne ne peut vous venir en aide ». Pour seule défense, il active la prise de vue de sa caméra. Mickaël est alors heurté deux fois par le camion, « une fois par la roue arrière, l’autre par le garde-boue arrière ». « J’aurais pu avoir la main tranchée… » Sa voix s’éteint. « J’aurais pu avoir tellement pire », répète la victime comme prisonnier de ce qu’il aurait pu advenir.

    Le cycliste chute. Il ne peut pas repartir, son guidon est tordu et il a mal partout. C’est ce moment que choisissent ces agresseurs pour le « bastonner ». « Mon casque de cycliste ne m’a pas protégé le visage », rapporte-t-il. Après des secondes interminables, les deux hommes repartent. « J’ai servi de gibier dans une chasse au cycliste », affirme Mickaël.

    > « La prochaine fois, on te roule dessus »

    Après avoir arrêté une voiture blanche dont les occupants ― « un couple de personnes âgées visiblement apeurés par l’état de mon visage ensanglanté » — Mickaël, qui a redouté de recroiser ses assaillants, rebrousse chemin pour se réfugier à la mairie. Policiers et gendarmes le prennent en charge. Il porte plainte, fait enregistrer les images de sa petite caméra. « Si je n’avais pas filmé, sans témoin direct pour confondre mes agresseurs, aurais-je été pris au sérieux ? » s’interroge-t-il.

    À l’hôpital où il est emmené, on lui trouve un nez cassé, les oreilles en chou-fleur, des hématomes sur tout le visage et une fracture au doigt qui continue de le handicaper. Le chirurgien qui l’a opéré estimait qu’il faudrait quelques semaines avant que l’annulaire retrouve sa souplesse, ce n’est pas le cas. Le droitier ne peut plus resserrer le poing. Il sort avec six jours d’ITT (incapacité temporaire de travail) qui seront transformés en 30 jours.

    « J’ai maigri, car j’avais perdu l’appétit. J’ai beaucoup de mal aussi à trouver le sommeil et à évacuer ces images de ma tête, décrit Mickaël. Je suis actuellement suivi psychologiquement pour m’aider à reprendre une vie normale. » Trop « vulnérable », il ne veut plus remonter en selle. « Ils m’ont dit : La prochaine fois, on te roule dessus… Est-ce que c’était une menace en l’air ? Je ne sais pas en tout cas, je ne peux plus reprendre mon vélo. » Entendus par les enquêteurs, ses agresseurs ont été remis en liberté en attendant leur procès, en juin.

    Vidéo de l’agression :

    https://www.youtube.com/watch?v=wQRx3Iaj7-A

  2. Il y a 5 ou 6 ans, alors que j’étais sur une route de campagne en voiture, je rattrape un groupe d’une vingtaine de cylciste roulant en peloton, 4 ou 5 de front, la route était large alors il ne prenaient que la voie de droite. Donc, j’arrive derrière, attends un peu qu’ils entendent mon moteur, mais ne voyant rien se passer, je décide d’annoncer que je vais les dépasser en klaxonnant comme le prévoit le copde de la route. D’ailleurs le code de la route interdit de rouler à plus de 2 de front et quand on roule à 2 de front si un véhicule souhaite dépasser on doit se mettre en file indienne. Bref, je fais un petit coup de klaxon et là, la moitié des têtes se retournent et quatre ou cinq majeur se dressent.

    Ok, je dépasse et à leur hauteur je leur signale que ce qu’il font est interdit et dangereux, et là, les insultes fusent, j’accélère pour les laisser pédaler et les laisser entre cons et là, que vois-je dans le rétro ? 2 mecs qui sont sorti du peloton et qui comptait me rattraper. J’ai bien ri.

    Tout ça pour dire, que des cons, qu’ils soient en voiture, en camion ou en vélo sont des cons, ce n’est pas le moyen de locomotion qui va faire changer la mentalité des gens.

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