Antiracisme, idéologie LGBT+, décolonialisme… Comment on endoctrine nos enfants à l’école

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  1. Antiracisme, idéologie LGBT+, décolonialisme… Comment on endoctrine nos enfants à l’école

    ENQUÊTE – Au nom de la «diversité» et de son corollaire pédagogique, l’«inclusion», les idéologies woke ont pénétré dans le temple scolaire avec la complicité d’une partie du corps enseignant et par le biais des outils pédagogiques.

    Sara * (1) est lycéenne dans un établissement sans histoire de la banlieue parisienne. Son lycée n’est ni huppé ni ghetto. L’équilibre du «vivre-ensemble» y est fragile, mais il tient. Sara est métisse, ses camarades sont d’origines diverses. Ils sont blancs, noirs, maghrébins, asiatiques mais pour elle, comme pour eux, la différence n’a jamais été un sujet de débat ni un problème… Jusqu’à ce fameux cours d’éducation morale et civique intitulé: «Le racisme anti-Blancs existe-t-il?» Une question qui n’en était pas une, selon la lycéenne, tant l’enseignante a verrouillé les échanges pour imposer sa réponse: «Non, il n’existe pas.» Les élèves ont été invités à se définir comme «racisés» ou «non racisés» et ont découvert les notions de «privilège blanc», de «racisme systémique», etc. Une véritable initiation à la sémantique décoloniale!

    «Ce cours a tout changé dans la classe, affirme Sara. Nous nous entendions bien, il y avait de la solidarité, du respect et de la bienveillance entre nous. Mais certains ont commencé à se voir comme des victimes de racisme, à ne parler que de cela. La boucle WhatsApp de la classe est devenue un champ de bataille avec deux camps qui s’affrontaient. Il y avait les Blancs accusés de racisme et les “basanés” de la classe qui parlaient d’esclavage, de colonialisme, d’inégalité. Ce cours n’a pas fait réfléchir. Il a installé un climat de haine et transformé en victimes certains de mes camarades qui allaient très bien jusque-là.» Du haut de ses 15 ans, la jeune fille interroge cette notion de racisme à sens unique mais aussi et surtout la démarche de cette prof: «J’ai été frappée par l’impossibilité de discuter cette théorie. Je ne comprenais pas. Pour moi, le racisme, c’est d’abord de la bêtise. Et la bêtise n’a pas de couleur de peau. Heureusement, j’ai pu en discuter avec mes parents qui m’ont rassurée. Ils m’ont expliqué que ce cours était de l’idéologie déguisée. Ils m’ont parlé des thèses indigénistes et racialistes. Dans notre classe, plus rien n’a été comme avant après ça. La prof a changé d’établissement l’année suivante. Elle est partie sans essayer de réparer les dégâts.»

    «Idéologues du bien»

    L’anecdote ne surprend pas l’essayiste Fatiha Boudjahlat (2). Professeur d’histoire et géographie dans un collège de Toulouse, elle est en colère: «C’est terrifiant ce qu’il se passe aujourd’hui, s’exclame-t-elle. L’école est gangrenée par des idéologues. Ils avancent masqués, en utilisant leurs cours et leur autorité de professeurs pour faire de la propagande politique sous couvert de générosité et de respect de la diversité.» C’est ce qu’elle appelle «le complexe du missionnaire en Afrique»: «Ils veulent “sauver” les gamins en leur révélant leur statut de victimes, en faire de bons indigènes, avec la haine de l’État et de la France. Ce sont des agents du séparatisme.»

    Ses formules volontairement chocs donnent la mesure de son désarroi. Que dire à cette élève noire qui lui raconte, en larmes, que son professeur d’anglais, après avoir projeté à toute la classe un film sur le Ku Klux Klan, l’a reprise au cours de la discussion qui a suivi en lui affirmant: «Tu n’es pas française, tu es afro-américaine!» «Cette ado est originaire de Guyane, soupire Fatiha Boudjahlat, et son enseignante lui refuse le droit de se définir comme française. C’est incompréhensible pour cette jeune fille.»

    > Après l’assassinat de Samuel Paty, j’ai assisté à un grand moment de folie ­collective ­durant lequel ils ­essayaient de comprendre et de justifier cet acte abominable. J’avais envie de hurler
    > Un professeur de lettres

    Des méthodes que connaît bien ce professeur de lettres qui a choisi d’enseigner dans des établissements difficiles, motivé, dit-il par «l’envie d’être utile et de tirer vers le haut les élèves issus des quartiers les plus défavorisés». Ses nobles convictions s’érodent chaque jour un peu plus au contact de la rugosité du quotidien dans le lycée des Hauts-de-Seine où il exerce. Le communautarisme, la radicalité voire la violence sont des difficultés avec lesquelles il a appris à composer pour continuer à faire son métier, «pour les élèves qui s’accrochent». Son intransigeance, il la réserve à ceux de ses collègues qu’il qualifie «d’idéologues du bien», «en général syndiqués et affiliés à l’extrême gauche»: «Ils sont majoritaires en salle de profs et c’est une plaie. Ils contribuent à faire de ce lycée un établissement poubelle. Ce sont des militants indigénistes, woke ou communautaristes. Ils font de l’entrisme pour détruire de l’intérieur le système scolaire. Ça me rend malade, peste-t-il. Après l’assassinat de Samuel Paty, j’ai assisté à un grand moment de folie collective durant lequel ils essayaient de comprendre et de justifier cet acte abominable. J’avais envie de hurler.» Il nous a demandé de ne pas faire apparaître son nom: «Mon attachement viscéral aux valeurs républicaines m’oblige à raser les murs à l’école.»

    Il décrit des collègues «militants», qui considèrent l’enseignement, la rigueur et l’exigence comme autant de formes de violence. «À leurs yeux, un prof qui fait bien son boulot est un salaud, soupire-t-il. Pour ma part, je suis critiqué car je fais de la littérature considérée comme de la “culture blanche”. On ne doit surtout pas confronter nos élèves à de grands auteurs car, selon eux, ces sujets ne les intéressent pas. Ils leur proposent de la sous-culture. Ils sont convaincus de faire preuve de bienveillance, mais pour moi, ce n’est que du mépris. Ces jeunes ont aussi le droit d’apprendre, de nourrir leurs esprits et leur curiosité. Ces militants veulent surtout les empêcher de progresser et les laisser dans leur merde.»

    > Des élèves se sont mis à fermer ­ostensiblement leurs cahiers quand je parlais par exemple de darwinisme
    > Philippe, professeur

    Leila *, prof dans un lycée de Seine-Saint-Denis, confirme: «Nos élèves cumulent beaucoup de difficultés et je suis ulcérée de voir comment certains profs, par idéologie, les maintiennent dans un statut de victimes de la société, de la police. Ils entretiennent l’idée que ce pays, qui est le leur, ne les aime pas, et ils alimentent la haine dans le cœur de cette jeunesse.» Assa Traoré est même venue dans son établissement, au titre de son comité La vérité pour Adama. Sujet de l’intervention: les violences policières.

    L’islam politique profite de ce terrain pour avancer ses pions. Philippe a démarré sa carrière dans un établissement difficile de la région du Grand Est. Il y a vu progresser le communautarisme religieux. «Avant, seuls un ou deux élèves avaient des difficultés à faire la différence entre science et croyance, se souvient-il. Puis, de plus en plus, des élèves se sont mis à fermer ostensiblement leurs cahiers quand je parlais par exemple de darwinisme.» Lui-même avoue avoir été surpris par le nombre croissant d’élèves demandant à quitter la classe dès la nuit tombée pour pouvoir manger plus tôt en période de ramadan. «J’ai honte de le dire, soupire-t-il, mais au début je trouvais ça amusant.»

    Le sujet devient encore plus grave lorsque l’école relaie les injonctions religieuses. En 2019, l’administration d’un collège public du Val-de-Marne a envoyé un formulaire aux familles pour les inviter à se signaler si leurs enfants faisaient le ramadan. Ils auraient droit à une remise exceptionnelle au titre de «la pratique du jeune cultuel». Quelques parents s’étant émus de cette forme d’assignation à résidence identitaire, on s’est aperçu que la pratique existait ailleurs. En Essonne, le président du conseil départemental François Durovray l’a purement et simplement interdite, mais ailleurs, elle est toujours en vigueur, plus discrètement.

    Les intérêts de l’enfant

    La même volonté d’endoctrinement est à l’œuvre autour d’un sujet ô combien à la mode, celui du genre et du sexe. Le lycée Fénelon, établissement réputé du 6e arrondissement parisien, se veut à la pointe du combat contre les discriminations dans ce domaine. En mai dernier, dans le cadre de sa «semaine contre les discriminations», il a accueilli une série de conférences organisées sous l’égide de l’Observatoire académique des LGBT + phobies. Outre l’exposé de Marie de la Chenelière, «consultante en transidentité», sur «Théorie et pratique de la transidentité», était programmée une session sur le «sexe neutre» au cours de laquelle Marie Mesnil, maîtresse de conférences en droit privé à l’université de Rennes-I, s’est livrée à un long plaidoyer en faveur de la disparition de la mention du sexe à l’état civil.

    L’exemple de Fénelon n’est pas isolé. Les associations de lutte contre les discriminations sexistes multiplient les contacts avec l’Éducation nationale sur tout le territoire. SOS Homophobie est agréé par l’Éducation nationale, comme le Planning familial, qui fait lui aussi de la «lutte contre les stéréotypes de genre» une priorité. Ou comme Contact, dont le représentant a expliqué lors d’une table ronde organisée par l’académie de Dijon qu’il concevait ses interventions «avec les services de vie scolaire» qui les «intègrent dans les emplois du temps des collèges et des lycées». Ces services, ce sont essentiellement les conseillers principaux d’éducation (CPE) et les conseils de vie collégienne ou lycéenne, présidés par le chef d’établissement et composés de représentants des élèves, des personnels, enseignants ou non-enseignants, et des parents d’élèves.

  2. Il faut arrêter l’endoctrinement de nos enfants à l’école et leur inculquer à tout prix l’amour de la France, et la fierté d’être Français !

  3. ça vas être la version française de “la gauche controle les académies” à l’américaine (parfois, on en a qui disent que les marxistes controlent l’histoire, cf TIK)?

  4. Le Figaro en grosse panique morale.

    “Oh non, l’école lutte contre les discriminations envers les LGBT+, c’est la fin du monde, les LGBT+ vont moins se suicider 😱😱 Et avec NOTRE ARGENT !!!”

  5. Et lefigaro importe les saloperies mericaines républicaines à base de “Commies in Universities and Schules !”.

  6. C’est quand même pas de bol pour le Figaro, ces enseignants “woke” sont “majoritaires en salles des prof” mais ils ont même pas réussi à en interroger un.

    Heureusement ils ont des anecdotes, d’une “prof qui a été mutée”, ou d’un fan de Zemmour qui parle de sous-culture.

  7. Le Figaro magazine chaque semaine (mois?) ca repousse les frontières de l’absurde. Valeurs Actuelles envisage de porter plainte pour contrefaçon.

  8. Comme d’habitude beaucoup de handwaving ici. S’il est vrai que le Figaro a tendance à forcer le trait, beaucoup des initiatives mentionnées méritent un débat en bonne et due forme. On dirait que la pensée s’arrête dès que le nouveau progressisme entre dans la pièce.

  9. L’article est plutôt posé mais les commentaires sur ce fil c’est autre chose. Comment on peut dénoncer la droite réactionnaire et ses paniques morales quand on répond par des commentaires aussi stupides et irréfléchis ?

  10. > La Ligue de l’enseignement a un agrément. Confédération de quelque 25.000 associations locales, elle est même la première bénéficiaire des subventions de l’Éducation nationale. Elle s’est pourtant bien éloignée de la conception républicaine de la laïcité qu’elle cultivait lors de sa fondation, en 1866. Elle fait dorénavant encore mieux que les associations spécialisées dans les discriminations sexistes en assurant des séances ponctuelles de «sensibilisation aux LGBT + phobies» dès le primaire, jusqu’au lycée, et mène aussi des projets qui peuvent s’étendre tout au long de l’année avec des groupes d’élèves.

    Sensibiliser les enfants aux signes d’homophobie, cette activité antirépublicaine. Derp.

  11. On l’avait dit ou on l’avait pas dit qu’après le “wokisme” le prochain délire de la droite importé des US ce serait l’éducation des enfants par la menace gauchiste (là bas c’est la CRT mais c’est trop compliqué a traduire) ?

    Très belle Une copiée du National Review (journal US de droite conservatrice) avec ce qu’il faut de complotisme et d’homophobie : https://twitter.com/Natroll__/status/1459108598131400709

    Les droitards sont vraiment trop prévisibles, ça en devient triste.

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