Est-ce un prétexte suffisant pour commencer la chasse aux riches ?
Je demande pour l’ami d’un ami.
Ça vaut ce que ça vaut mais [elle a publié ça sur Twitter](https://twitter.com/MIRALLESMP/status/1522172908830965761). Le “je n’ai rien a cacher”, c’est bien joli comme défense mais le coup de la “presse Mélenchoniste” dans un de ses autres tweets, j’ai ri.
Vu comment Mediapart est qualifié chaque fois qu’ils sortent un truc, j’en perd le fil de savoir de quel bord ils sont: pro macronomélénchonistes à tendance lepeno-sarkozyste de droiche ouvrière et capitaliste?
C’est moi ou c’est quasi toujours le meme profil chez ces gens ?
Dubost, Mirallès… Médiapart a de bonnes sources dans l’Hérault.
Les notes de frais en famille de la députée Patricia Mirallès
Déménagement de son fils, réparation du disque dur de sa fille, séjour à l’hôtel avec son conjoint : la députée de la majorité Patricia Mirallès, élue à Montpellier dans une circonscription voisine de celle de Coralie Dubost, a elle aussi confondu notes de frais et dépenses personnelles.
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La tempête n’a pas fini de souffler dans les rangs de la majorité. Comme sa collègue Coralie Dubost, une autre députée de l’Hérault, Patricia Mirallès, a également utilisé son enveloppe mensuelle de frais de mandat pour des dépenses personnelles, selon des informations de Mediapart.
Membre de Territoires de progrès, le microparti lancé par les ministres Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt pour représenter l’« aile gauche » de la majorité, Patricia Mirallès a notamment pioché dans son avance de frais de mandat (AFM) – 5 373 euros par mois d’argent public, censés servir aux dépenses liées à l’activité parlementaire – pour héberger sa famille à l’hôtel lors du déménagement de son fils à Limoges, à plus de 400 km de sa circonscription, en septembre 2019 (219,35 euros).
Un mois plus tôt, lors d’un déplacement pour le 75e anniversaire du débarquement de Provence, elle avait aussi payé, toujours sur fonds publics, l’hébergement à l’hôtel de son conjoint (total de 352 euros pour les deux nuits du couple). La même année, la députée a aussi utilisé cette enveloppe pour régler une facture informatique de 1 198,80 euros pour sa fille, alors étudiante, qui souhaitait absolument récupérer les données de son disque dur tombé en panne.
Toutes ces dépenses n’entrent pas dans le champ des dépenses théoriquement prises en charge par l’AFM. Mais Patricia Mirallès n’a pas été contrôlée par le déontologue cette année-là : si la réforme des frais de mandat engagée en 2017 a permis de renforcer les procédures de vérification, les contrôles restent aléatoires, après tirage au sort des député·es. Ce qui rend le système permissif aux petites et grandes entorses.
Sollicitée par Mediapart, Patricia Mirallès, élue pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2017 sous la bannière de La République en marche (LREM), nous a assuré qu’« aucune de ces dépenses ne correspond à des dépenses personnelles ». L’élue explique également que sa « gestion rigoureuse » de son AFM lui « permettra de restituer plusieurs dizaines de milliers d’euros non dépensés » au terme de la législature qui s’achève.
Comme dans le cas de Coralie Dubost, Patricia Mirallès n’a également pas hésité à mobiliser son équipe pour des tâches qui semblent bien éloignées du travail parlementaire.
Relancée à plusieurs reprises pour comprendre en quoi les frais de déménagement de son fils ou de réparation du disque dur de sa fille pouvaient être liés à son activité de députée, cette fonctionnaire territoriale (en disponibilité), auteure de deux propositions de loi pour limiter l’impression des tickets de caisse dans les commerces, n’a pas répondu à nos demandes répétées de précision.
Dans un communiqué de presse diffusé juste après la publication, Patricia Mirallès a dénoncé des « accusations calomnieuses » qui auraient vocation à « détruire [son] image ». Au sujet du déménagement à Limoges, elle indique que la dépense a finalement été réglée avec « argent personnel », après avoir pourtant confirmé cette dépense à Mediapart. Quant au disque dur réparé, elle soutient désormais qu’il s’agissait d’un matériel de sa permanence, contrairement à nos informations.
D’autres comportements de la députée de l’Hérault interpellent. Comme lorsqu’elle s’est rendue au Maroc en octobre 2019. L’élue a notamment participé, avec la députée Marie-Christine Verdier-Jouclas, dont elle est proche, à un forum d’affaires France-Maroc organisé à Dakhla (Sahara occidental) sur les relations commerciales entre les deux pays.
À la différence de sa collègue, Patricia Mirallès n’a pas communiqué sur ce déplacement. Plus étonnant encore, elle a réservé son billet d’avion, pris en charge par l’Assemblée nationale, le 1er septembre 2019, soit quatre jours avant de demander son intégration dans le groupe d’amitié France-Maroc, qui justifiait sa participation au voyage.
Comme dans le cas de Coralie Dubost, Patricia Mirallès n’a également pas hésité à mobiliser son équipe pour des tâches qui semblent bien éloignées du travail parlementaire. Le mardi 15 janvier 2019, elle a ainsi demandé à l’un de ses collaborateurs de se déplacer au magasin Zara de la rue de Rivoli, à Paris, pour lui acheter des vêtements.
Candidate à sa réélection, Patricia Mirallès est vice-présidente de la commission de la défense nationale, présidée au début du quinquennat par Jean-Jacques Bridey, autre député de la majorité épinglé par Mediapart pour des notes de frais problématiques. Cet élu du Val-de-Marne se faisait notamment rembourser deux fois ses repas au restaurant, ce qu’il avait fini par reconnaître… La pratique n’a pour autant pas choqué grand monde dans les rangs de la majorité, qui reste tout aussi silencieuse face aux dépenses du député Thierry Solère, conseiller du président Emmanuel Macron.
Sous la pression, Coralie Dubost a quant à elle dû renoncer à se représenter, dimanche 1er mai, deux jours après les révélations sur ses notes de frais mirobolantes et la gestion de son équipe à l’Assemblée.
8 comments
Laissez-moi deviner sous quelle étiquette elle a été élue…
Y’a une épidémie chez LREM ?
La photo de l’article est chef kiss * 1000
Edit: je l’ajoute avec titre et crédit elle est après le paywall:
“Patricia Mirallès se met en scène pour illustrer sa proposition de texte de loi pour supprimer les tickets de caisse pour tout achat inférieur à 30 euros, à Montpellier, en 2019. © Photo Alain Robert / Sipa”
https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2022/05/02/20220502-img-patricia-miralles-1-1.jpg
Est-ce un prétexte suffisant pour commencer la chasse aux riches ?
Je demande pour l’ami d’un ami.
Ça vaut ce que ça vaut mais [elle a publié ça sur Twitter](https://twitter.com/MIRALLESMP/status/1522172908830965761). Le “je n’ai rien a cacher”, c’est bien joli comme défense mais le coup de la “presse Mélenchoniste” dans un de ses autres tweets, j’ai ri.
Vu comment Mediapart est qualifié chaque fois qu’ils sortent un truc, j’en perd le fil de savoir de quel bord ils sont: pro macronomélénchonistes à tendance lepeno-sarkozyste de droiche ouvrière et capitaliste?
C’est moi ou c’est quasi toujours le meme profil chez ces gens ?
Dubost, Mirallès… Médiapart a de bonnes sources dans l’Hérault.
Les notes de frais en famille de la députée Patricia Mirallès
Déménagement de son fils, réparation du disque dur de sa fille, séjour à l’hôtel avec son conjoint : la députée de la majorité Patricia Mirallès, élue à Montpellier dans une circonscription voisine de celle de Coralie Dubost, a elle aussi confondu notes de frais et dépenses personnelles.
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La tempête n’a pas fini de souffler dans les rangs de la majorité. Comme sa collègue Coralie Dubost, une autre députée de l’Hérault, Patricia Mirallès, a également utilisé son enveloppe mensuelle de frais de mandat pour des dépenses personnelles, selon des informations de Mediapart.
Membre de Territoires de progrès, le microparti lancé par les ministres Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt pour représenter l’« aile gauche » de la majorité, Patricia Mirallès a notamment pioché dans son avance de frais de mandat (AFM) – 5 373 euros par mois d’argent public, censés servir aux dépenses liées à l’activité parlementaire – pour héberger sa famille à l’hôtel lors du déménagement de son fils à Limoges, à plus de 400 km de sa circonscription, en septembre 2019 (219,35 euros).
Un mois plus tôt, lors d’un déplacement pour le 75e anniversaire du débarquement de Provence, elle avait aussi payé, toujours sur fonds publics, l’hébergement à l’hôtel de son conjoint (total de 352 euros pour les deux nuits du couple). La même année, la députée a aussi utilisé cette enveloppe pour régler une facture informatique de 1 198,80 euros pour sa fille, alors étudiante, qui souhaitait absolument récupérer les données de son disque dur tombé en panne.
Toutes ces dépenses n’entrent pas dans le champ des dépenses théoriquement prises en charge par l’AFM. Mais Patricia Mirallès n’a pas été contrôlée par le déontologue cette année-là : si la réforme des frais de mandat engagée en 2017 a permis de renforcer les procédures de vérification, les contrôles restent aléatoires, après tirage au sort des député·es. Ce qui rend le système permissif aux petites et grandes entorses.
Sollicitée par Mediapart, Patricia Mirallès, élue pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2017 sous la bannière de La République en marche (LREM), nous a assuré qu’« aucune de ces dépenses ne correspond à des dépenses personnelles ». L’élue explique également que sa « gestion rigoureuse » de son AFM lui « permettra de restituer plusieurs dizaines de milliers d’euros non dépensés » au terme de la législature qui s’achève.
Comme dans le cas de Coralie Dubost, Patricia Mirallès n’a également pas hésité à mobiliser son équipe pour des tâches qui semblent bien éloignées du travail parlementaire.
Relancée à plusieurs reprises pour comprendre en quoi les frais de déménagement de son fils ou de réparation du disque dur de sa fille pouvaient être liés à son activité de députée, cette fonctionnaire territoriale (en disponibilité), auteure de deux propositions de loi pour limiter l’impression des tickets de caisse dans les commerces, n’a pas répondu à nos demandes répétées de précision.
Dans un communiqué de presse diffusé juste après la publication, Patricia Mirallès a dénoncé des « accusations calomnieuses » qui auraient vocation à « détruire [son] image ». Au sujet du déménagement à Limoges, elle indique que la dépense a finalement été réglée avec « argent personnel », après avoir pourtant confirmé cette dépense à Mediapart. Quant au disque dur réparé, elle soutient désormais qu’il s’agissait d’un matériel de sa permanence, contrairement à nos informations.
D’autres comportements de la députée de l’Hérault interpellent. Comme lorsqu’elle s’est rendue au Maroc en octobre 2019. L’élue a notamment participé, avec la députée Marie-Christine Verdier-Jouclas, dont elle est proche, à un forum d’affaires France-Maroc organisé à Dakhla (Sahara occidental) sur les relations commerciales entre les deux pays.
À la différence de sa collègue, Patricia Mirallès n’a pas communiqué sur ce déplacement. Plus étonnant encore, elle a réservé son billet d’avion, pris en charge par l’Assemblée nationale, le 1er septembre 2019, soit quatre jours avant de demander son intégration dans le groupe d’amitié France-Maroc, qui justifiait sa participation au voyage.
Comme dans le cas de Coralie Dubost, Patricia Mirallès n’a également pas hésité à mobiliser son équipe pour des tâches qui semblent bien éloignées du travail parlementaire. Le mardi 15 janvier 2019, elle a ainsi demandé à l’un de ses collaborateurs de se déplacer au magasin Zara de la rue de Rivoli, à Paris, pour lui acheter des vêtements.
Candidate à sa réélection, Patricia Mirallès est vice-présidente de la commission de la défense nationale, présidée au début du quinquennat par Jean-Jacques Bridey, autre député de la majorité épinglé par Mediapart pour des notes de frais problématiques. Cet élu du Val-de-Marne se faisait notamment rembourser deux fois ses repas au restaurant, ce qu’il avait fini par reconnaître… La pratique n’a pour autant pas choqué grand monde dans les rangs de la majorité, qui reste tout aussi silencieuse face aux dépenses du député Thierry Solère, conseiller du président Emmanuel Macron.
Sous la pression, Coralie Dubost a quant à elle dû renoncer à se représenter, dimanche 1er mai, deux jours après les révélations sur ses notes de frais mirobolantes et la gestion de son équipe à l’Assemblée.
Sarah Brethes et Antton Rouget