Une accusation d’agression sexuelle fait imploser le collectif féministe 50/50

7 comments
  1. Lu ça hier. C’est tellement caricatural que c’en est assez triste, notamment si ça met un coup d’arrêt au collectif (je ne connais pas trop leurs résultats pour le moment, j’ai juste vu passer un rapport).

  2. Une plainte a été déposée contre l’une des membres du conseil d’administration du Collectif 50/50, qui défend les droits des femmes dans le monde du cinéma. Si l’affaire est si sensible, c’est qu’elle réunit tous les débats qui traversent le mouvement féministe.

    « On se rend compte qu’on n’était pas préparées à ça… Nul n’est à l’abri de situations pareilles. C’est dramatique, c’est douloureux et, en même temps, c’est pour nous un exercice d’humilité. » Jusqu’à peu, Laurence Lascary était l’une des trois coprésidentes du Collectif 50/50, qui œuvre à l’égalité des droits des femmes – leur visibilité, leur statut, leurs salaires, et la lutte contre les agressions sexuelles – dans le monde du cinéma. C’était avant « l’affaire ». Car, le 11 mars, une militante féministe invitée à une soirée informelle du collectif a accusé une autre femme, membre de son conseil d’administration, d’avoir eu à son égard un geste inapproprié. Depuis, 50/50 a littéralement volé en éclats.

    Le mouvement est apparu il y a quatre ans sur la scène médiatique avec la photo de ces 82 femmes, actrices, réalisatrices, productrices, montant les marches du Festival de Cannes. Dès lors, fortes de leur millier d’adhérents et d’adhérentes, mais aussi de leur diversité de profils, elles se sont faites fourmis et ont obtenu des avancées saluées partout, obligeant ici à des quotas, là à des bonus pour la production de films où la parité des films est respectée, rédigeant un Livre blanc sur les violences sexuelles ou mettant en place des mentorats. Trois salariées, un conseil d’administration de vingt et une personnes et un bureau.

    Paternalisme postcolonial
    Tout ça, évidemment, ne va pas sans tensions. Et la pandémie a raidi les positions. En visioconférence, les points de vue deviennent plus tranchés. « Les différences qu’on avait réussi à additionner ne s’additionnaient plus », confie l’une des administratrices. Et puis, avec des ateliers et des assemblées mis en veilleuse, le noyau dur du conseil s’est éloigné des adhérents. Il faut redynamiser la machine. Un séminaire est donc programmé pour le samedi 12 mars. Et, histoire de mettre de la joie dans tout ça, des retrouvailles informelles sont organisées la veille.

    Elles sont une petite trentaine à se retrouver ainsi, ce vendredi 11 mars, dans un appartement du 11e arrondissement de Paris. On boit, on fume, on cause. Certains sont venus avec un ou une ami(e). C’est le cas de la réalisatrice Aïssa Maïga, qui a invité la comédienne Nadège Beausson-Diagne. Militante, l’interprète de la commissaire Sara Douala du feuilleton télévisé Plus belle la vie est aussi l’initiatrice de #memepaspeur, dont elle aspire à faire un #metoo africain.

    Juliette Favreul Renaud, membre du conseil d’administration et productrice (Women Are Heroes, Vernon Subutex…), est là également. Quand les deux femmes se croisent dans la soirée, la productrice, passablement ivre, glisse la main dans les cheveux de la comédienne. Le geste est important : il est particulièrement insupportable et symbolique pour les militantes antiracistes, qui y lisent la traduction d’un paternalisme postcolonial. A un autre moment, Nadège Beausson-Diagne demande à la productrice d’arrêter de fumer parce que son amie est asthmatique.

    Enfin, plus tard dans la soirée, expliquera-t-elle aux inspecteurs du commissariat du 19e arrondissement, comme on peut le lire dans sa déposition, que le magazine Le Point – qui a eu accès au dossier – a publiée le 25 avril : « J’étais en jupe, elle a mis alors sa main sur ma cuisse gauche et l’a remontée jusqu’à mon sexe, avec la volonté de me pénétrer, mais mon collant l’en a empêchée, même si j’ai clairement senti son doigt. Je suis restée figée deux ou trois secondes, puis j’ai pris sa main et l’ai repoussée violemment. »

  3. Je ne suis pas surpris, ça ne me réjouit pas mais les prédateurs n’ont pas de genre ni d’orientation sexuelle.

  4. Mais les meufs sont en sécurité nulle part putain. C’est affligeant.

    J’ai l’âge d’avoir des gamins et si un jour j’en ai j’espère avoir un garçon juste pour lui éviter ce genre d’emmerdes même si c’est loin d’être une garantie…

    Bordel… Se faire doigter par surprise à une soirée féministe par une membre du groupe c’est juste fou…

  5. Ras le bol de ces lobbys bourgeois misandres qui prônent la ~~discrimination~~ parité là où ça les arrange.

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