Le Conseil national du PS acte la victoire des partisans de l’alliance derrière Mélenchon

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  1. >**Le Conseil national du PS acte la victoire des partisans de l’alliance derrière Mélenchon**

    >A l’issue d’une réunion qui aura duré plus de trois heures, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a largement remporté la bataille pour l’accord électoral avec la Nouvelle Alliance populaire écologique et sociale, avec 62% des voix.

    >Comment sait-on qu’un événement restera dans l’histoire ? La direction du Parti socialiste promettait que le conseil national de ce jeudi soir, qui a [validé l’accord législatif de toute la gauche derrière Mélenchon](https://www.liberation.fr/politique/elections/en-direct-suivez-toute-lactualite-de-ce-jeudi-sur-lunion-de-la-gauche-en-devenir-et-les-investitures-aux-legislatives-20220505_GIY4BLHYJZBRNGS63YMTBMKFCI/), serait historique. Officiellement, c’est pour cette raison que, pour la première fois, la presse pouvait suivre les débats retransmis dans une salle du siège d’Ivry-sur-Seine. En réalité, la direction jouait là un coup tactique dans la bataille qui opposait les anti et les pro accord. Lors de chaque conseil national, c’est la même chose : des propos polémiques sortent dans la presse. La direction accuse ses opposants d’envoyer ces extraits à dessin, qui ne représenteraient pas la teneur des débats. Elle a donc décidé de convier les journalistes en toute discrétion pour que ses opposants n’aient pas le temps de crier à la violation du règlement. «Ça va leur faire bizarre, ils vont plus être le seul canal d’info», s’amusait une socialiste. Une guerre par voie de presse.

    >Depuis que les négociateurs socialistes et insoumis sont parvenus à un accord, [les roses s’affrontent](https://www.liberation.fr/politique/union-des-gauches-au-ps-des-gros-oui-et-des-grognons-20220504_M2W3XOVSWBGRHAUKPY3S44BTEM/). Le Premier secrétaire Olivier Faure et ses soutiens disent que les appels à l’union doivent enfin être mis en pratique. Et puisque Jean-Luc Mélenchon a recueilli 22 % des voix, c’est derrière lui qu’il faut se ranger. Que cela plaise ou non. En face, ses [opposants dénoncent un accord](https://www.liberation.fr/politique/elections/en-direct-suivez-les-negociations-sur-lunion-de-la-gauche-et-les-rebondissements-politiques-du-jour-20220504_Y2KJQR762BDZFL63M6UANJUFZA/) qui, avec 70 candidats PS, raye le parti de la carte de France. Sur le fond, ils s’alarment du programme commun qui constitue selon eux un reniement de leur histoire. Ils ne parlent pas de rassemblement, mais d’effacement.

    >**Martine Aubry dans la balance du «pour»**

    >Le vote s’annonçait serré. Au-delà des désaccords politiques, «70 circonscriptions pour le PS, ça veut dire 30 fédérations sans candidat et ça fait beaucoup de gens à décevoir», admettait Faure avant le vote. Jusqu’au dernier moment, la direction a appelé des socialistes partout sur le territoire pour «expliquer, rassurer, argumenter». Pour convaincre, ils rappelaient que 84 % des sympathisants de gauche se disent favorables à l’alliance. Et interrogeaient : quel «plan B» ?

    >Pendant quarante-huit heures, les maires PS se sont transformés en prise de guerre. Nathalie Appéré, à Rennes, Olivier Bianchi à Clermont-Ferrand, Mathieu Klein à Nancy, Johanna Rolland à Nantes, Cédric Van Styvandael à Villeurbanne ? Pour. Martine Aubry ? Pour. La maire de Lille a été difficile à convaincre. Anne Hidalgo espérait que les anti la feraient basculer dans leur camp. Elle a finalement dû elle aussi se déclarer pour, à demi-mot. «Je ne souhaite pas empêcher un accord qui vise à combattre la régression écologique et sociale», a-t-elle écrit.

    >En face, les anti-accords relayaient le texte de leur égérie, Carole Delga. La présidente de la région Occitanie a publié une «lettre à la gauche» dans laquelle elle affirme que «l’accord proposé par la direction du PS ne correspond pas aux valeurs qui sont les [siennes] et à [sa] vision de notre société».

    >**«A gauche et nous n’en bougerons pas»**

    >Le texte a finalement été adopté à 62% par 292 votants – 167 pour, 101 contre, 24 abstentions – à l’issue d’un débat qui n’a pas tourné à la bagarre générale. Le ton est seulement vraiment monté pendant le discours de clôture d’Olivier Faure. «Tu m’insultes», a crié une socialiste pendant que le député appelait son camp à la clarification, en choisissant entre Mélenchon et Macron. «Il y avait un doute dans l’opinion qui s’exprimait depuis cinq ans mais que nous n’avons pas voulu entendre. Nous sommes effectivement dans un espace politique qui est à gauche et nous n’en bougerons pas», a-t-il déclaré après avoir rappelé la faiblesse du score d’Anne Hidalgo, au-dessus des 3 % mais en dessous des 5 % dans seulement 12 circonscriptions.

    >«Comment les anti peuvent-ils assumer d’aller contre l’aspiration des gens de gauche ?» expliquait un cadre du PS pendant la soirée. Patrick Mennucci, bruyant opposant, a bien mis en garde en fantasmant les positions de Mélenchon : «Qu’est-ce que vous allez faire quand il faudra autoriser les burkinis dans les piscines, quand il faudra rentrer dans l’alliance bolivarienne ?» Le sénateur Rachid Temal a bien promis de voter contre Aurélien Taché, le candidat investi par la Nouvelle Alliance populaire écologique et sociale (Nupes) dans sa circonscription. D’autres anti ont eu beau appuyer sur les sujets qui fâchent : l’Union européenne ou la disparition des socialistes dans certains territoires.

    >**«De nouveau nous sommes fréquentables»**

    >Mais les «pour», malgré leurs réserves, ont été plus nombreux. «J’entends le désir d’union qui s’est exprimé au premier tour, a déclaré le député Boris Vallaud. Nous devons être dans l’union des gauches parce que nous sommes de gauche et qu’il y a face à nous un bloc d’extrême droite et un bloc libéral.» «Aucune alliance, aucun accord ne nous fera renoncer à ce que nous sommes. Nous ne deviendrons pas des radicaux comme les communistes ne sont pas devenus des soc-dem quand ils ralliaient le PS», a de son côté rassuré Mathieu Klein.

    >L’intervention de la sénatrice Laurence Rossignol, ancienne proche de Mélenchon, résume bien l’adhésion sans célébration de beaucoup de socialistes. «A mes yeux, c’est un accord électoral qui va nous permettre de faire élire un maximum de députés, a-t-elle affirmé. Ce n’est pas un contrat de gouvernement. Il faut redescendre un peu sur terre. Nous y trouvons notre compte. Combien aurions-nous de députés si nos candidats étaient seuls ?» Elle s’est aussi fait l’écho de la fierté retrouvée des socialistes ces derniers jours : «De nouveau nous sommes fréquentables. Pour les Français, nous étions les créateurs du macronisme. Cet accord lève la suspicion à notre égard. Il nous remet dans la gauche et remet la gauche dans le pays.»

  2. Bonne nouvelle pour tout le monde non ?

    Je suis plutôt tendance centriste, j’y vois l’occasion d’une clarification de la scène politique.

    Je me demande si Hollande ne va pas avoir la tentation de se présenter pour être Député. Si les Hollandais arrivent à avoir un groupe à l’Assemblée, ça peut progressivement redéfinir le centre-gauche, espace voué à s’agrandir à mesure que LREM glisse à droite.

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