Cédric Jubillar a retrouvé le box des accusés de la cour d’assises du Tarn, mardi 23 septembre, pour la deuxième journée d’audience, consacrée à la personnalité de Delphine Jubillar-Aussaguel. L’accusé a tenté “à de très nombreuses reprises de joindre son épouse”, appuyant “frénétiquement sur la touche appel” de son téléphone, a témoigné à la barre Fanny Lenoir, la gendarme qui est intervenue le soir de la disparition de la mère de famille, en décembre 2020.
Sur le banc des parties civiles, l’avocate Pauline Rongier demande à la gendarme pourquoi “aucune investigation” n’a été faite d’emblée concernant une éventuelle responsabilité de son mari. “L’essentiel, voire l’exclusivité de vos investigations, sont concentrées sur le fait de retrouver une femme qui aurait quitté volontairement la maison”, observe-t-elle. “Nous sommes intervenus à la demande de Cédric Jubillar, qui suspecte une disparition de son épouse. A aucun moment nous envisageons autre chose”, rétorque la gendarme. Suivez notre direct.
“Louis demande que son père dise où est le corps”, témoigne l’administratrice qui représente les enfants du couple. L’administratrice ad hoc désignée pour représenter les intérêts des deux enfants du couple a aussi témoigné à la barre. Le plus âgé, Louis, “est convaincu que son papa est responsable et demande que son père dise où est le corps, pour qu’on puisse retrouver sa maman”, a-t-elle raconté. Lui et sa sœur Elyah, élevés par leur tante et leur oncle, “vont relativement bien”, ils ont “une famille aimante, qui les protège de la presse. Ils sont bons élèves. Mais ils ont ce traumatisme. Louis est convaincu du décès de sa mère et Elyah se pose des questions”, a-t-elle ajouté.
Une deuxième journée de procès consacrée Delphine Jubillar-Aussaguel. La journée a débuté avec l’audition de l’enquêteur de personnalité, interrogé sur la vie de Delphine Jubillar-Aussaguel et sa relation avec l’homme aujourd’hui accusé de son meurtre : leur rencontre, leur amour très rapide, la désapprobation de la famille à l’égard de Cédric Jubillar, les “pseudo pauses” du couple ou encore les conflits sur l’éducation de leurs enfants. L’enquêteur a également relaté les impressions de la famille, plutôt réservées concernant le couple, “du fait du décalage existant sur leurs caractères respectifs”. “Je n’ai jamais cru qu’elle ferait sa vie avec lui”, lui a confié la sœur de Delphine Jubillar.
Cédric Jubillar continue de nier les faits. Après plus de quatre ans de procédure, sa première prise de parole était très attendue, lundi, à l’ouverture du procès. L’accusé de 38 ans a une nouvelle fois balayé toute responsabilité dans la disparition de son épouse, Delphine Jubillar, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. “Je conteste toujours les faits qui me sont reprochés”, a-t-il affirmé à la présidente de la cour.
Quatre semaines d’audience, quelque 300 médias présents. Le programme qui attend la cour d’assises du Tarn est dense et l’attention médiatique sera intense. Au total, 65 témoins et 11 experts seront appelés à la barre. Quelque 300 médias sont accrédités pour suivre les quatre semaines d’audience, qui doivent durer jusqu’au 17 octobre, afin de trancher sur la culpabilité ou non de Cédric Jubillar. S’il est jugé coupable, il risque la réclusion criminelle à perpétuité.
En détention à l’isolement depuis juin 2021. Cédric Jubillar est emprisonné à la maison d’arrêt de Seysses (Haute-Garonne), soupçonné d’avoir fait disparaître à Cagnac-Les-Mines (Tarn) celle qui était son épouse depuis 2013, infirmière de profession et mère de leurs deux enfants. Son corps n’a jamais été retrouvé.