Investitures Reconquête aux législatives: la galaxie complotisto-identitario-raciste derrière Zemmour

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  1. >**Investitures Reconquête aux législatives: la galaxie complotisto-identitario-raciste derrière Zemmour**

    >Après sa défaite cuisante au premier tour de la présidentielle, Eric Zemmour ne montre aucun signe de démotivation ultradroitière. Bien au contraire, pour les élections du 12 juin, son mouvement présente une série de candidats aux profils sulfureux: identitaire bien identifié, policier raciste, complotiste délirante, nazie quasi assumée…

    >Haineux à l’état brut, prétendus guerriers de la race blanche, anonymes ou figures de la fachosphère : les premières investitures de candidats Reconquête sont un échantillon de radicalité à l’état pur. Une armée de mercenaires de l’extrême droite qui grenouillent pour certains depuis des décennies entre FN et autres accointances avec des nostalgiques du IIIe Reich. Ces figures que Libé a pu identifier parmi les premiers «conquérants» investis par le parti brillent par leur haine de l’immigration musulmane, mais pas seulement. Une sorte de retour en arrière au pire des années FN, lorsque le patron lui-même naviguait entre saillies antisémites et violence. Un visage bien différent de celui que tente de présenter le parti d’Eric Zemmour, qui met en avant ses 176 transfuges de LR ou ses 215 investis issus «de la société civile ou [connaissant] un premier engagement politique». Et qui présente une facette bien particulière de ce que pourrait être cette union des droites que prétend réaliser le maurrassien défait au premier tour de la présidentielle.

    >**Damien Rieu, le propagandiste identitaire dans les Alpes-Maritimes**

    >Le moine soldat identitaire monte en grade. Après avoir longtemps grenouillé entre Génération identitaire et le RN, Damien Lefèvre, dit Rieu, est désormais un ponte de Reconquête. Fraîchement officialisé à la tête de la communication électorale du parti, le transfuge sera également investi dans la 4e circonscription des Alpes-Maritimes selon des fuites que Libé a pu se faire confirmer. Que de chemin parcouru pour le cofondateur de Génération identitaire, groupe interdit par les autorités pour son racisme et la violence de ses membres, depuis le toit de la mosquée de Poitiers où, en 2012, il jouait les Charles Martel de pacotille. Un jeune trentenaire qui s’est forgé une légende de guerrier de la race blanche pour le moins exagérée comme l’avait montré Libé en 2020. A force de coups médiatiques montés en épingle sur Twitter notamment, son outil de prédilection où il compte plus de 124 000 abonnés, Rieu s’est forgé une image d’expert en agit-prop. Un savoir-faire allié à de solides réseaux dans la jeunesse radicale que le RN s’est attaché dès 2015. Discrètement, parfois sous son nom de naissance qu’il utilise si peu, il a servi dans les équipes de Julien Sanchez à Beaucaire (Gard), de Marion Maréchal au conseil régional Paca, de Gilbert Collard à l’Assemblée nationale avant de rejoindre Philippe Olivier au Parlement européen.

    >Un pied dedans, un pied dehors, Rieu a aussi continué à fricoter avec GI, n’hésitant pas à donner un coup de main lorsqu’il était «sollicité», disait-il à Libé en 2020. Les hélicos mobilisés dans les Alpes lorsque les identitaires ont joué les garde-frontières en 2018 ont par exemple été loués à son nom. Il est aussi de l’aventure Fdesouche, site phare de la fachosphère qui tape sans relâche sur l’immigration et les musulmans. Un «excellent propagandiste» selon le politologue Gaël Brustier. Comme lorsqu’il met en scène son altercation avec le ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti, à une terrasse de café de Péronne (Somme) en pleine campagne régionale 2021. Immédiatement, les réseaux sociaux sont arrosés d’une version vidéo à son avantage de l’échange, musclé, déclenchant une foule de retombées dans les médias. Une manip de plus, a prouvé le Courrier picard. Mais le buzz était déjà passé.

    >**Patrick Jardin, un homme en colère dans le Nord**

    >Patrick Jardin est un homme en colère. Islamophobe et en colère. Un homme qui porte le deuil de sa fille, tuée dans les attentats du 13 novembre, avec pour moteur sa haine. Investi par Reconquête dans la 4e circonscription du Nord, il entend «empêcher Macron de poursuivre sa politique destructrice de la France» comme il l’explique dans sa déclaration de candidature mêlant discours antivax et dénonciation de «la racaille». L’homme, ancien garagiste, n’a pas de mots assez durs pour dénoncer l’islam et les musulmans. Au point d’avoir salué dans un tweet le «sacrifice» des terroristes d’extrême droite Brenton Tarrant (attentats de Christchurch, 51 morts, 2019) et Anders Breivik (attentats d’Oslo et d’Utoya, 77 morts, 2011).

    >Sa colère le fait souvent verser dans un discours islamophobe qui revêt également des atours complotistes quand il explique à la barre du procès des attentats que Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur en 2015, savait que des attaques auraient lieu le 13 novembre et qu’il avait «déclaré à son préfet le matin même du drame qu’il attendait un attentat de 130 morts». Patrick Jardin a longtemps clamé qu’il ne faisait pas de politique, qu’il ne faisait qu’alerter sur le danger de l’islamisme radical. Mais l’émergence d’Eric Zemmour dans le paysage politique et sa candidature lui ont fait sauter le pas. La communication du patron de Reconquête avait mis en scène la rencontre entre les deux hommes. Une aubaine pour le candidat qui a fait campagne sur la «survie» de la France. Le père de famille endeuillé avait été évoqué par Zemmour lors de son discours du Trocadéro, relayant son message. Désormais, c’est Patrick Jardin qui va porter la parole d’Eric Zemmour.

    >**Pierre d’Herbais, l’ami des gudards en Mayenne**

    >Dans la fratrie d’Herbais de Thun, il n’est pas la personnalité la plus connue. Pierre d’Herbais a pourtant bien été investi par le parti d’Eric Zemmour dans la 2e circonscription de la Mayenne, dont il est déjà coordinateur départemental de Reconquête. Sa sœur, Marie, est «célèbre» pour avoir été l’intervieweuse de Jean-Marie Le Pen pour ses «carnets de bord» et pour avoir été la compagne de l’ex-gudard Frédéric Chatillon, ami intime de Marine Le Pen condamné dans l’affaire Jeanne, scandale politico-financier portant sur le financement des campagnes du parti lepéniste. C’est à ses côtés que le cofondateur du FN avait parlé de «faire une autre fournée» à propos du chanteur Patrick Bruel.

    >Moins médiatique que sa sœur, Pierre d’Herbais est plutôt versé dans l’entrepreneuriat communautaire, en l’occurrence la sécurité privée. Domaine dans lequel il recrute essentiellement dans la mouvance d’extrême droite radicale comme l’avait montré, preuves à l’appui le site antifasciste La Horde. «Cap France sécurité privée» recrute ainsi dans les rangs du GUD des personnages comme Baptiste Coquelle, skinhead néonazi qui aimait à poser le bras tendu coiffé d’un casque SS. Et qui apparaît aux côtés de Julien Rochedy et Marion Maréchal sur des photos d’une soirée du FNJ du début des années 2010. Depuis décembre, Pierre d’Herbais prête occasionnellement sa plume au site d’extrême droite Résistance républicaine, fondé par l’islamophobe Christine Tasin. Sur Twitter, il raille la différence d’âge entre le président et la première dame. Ou s’insurge contre la «propagande LGBT».

    >**Thierry Lolliérou, un vieux routier de l’extrême droite dans le Finistère**

    >Candidat du parti d’Eric Zemmour dans la 5e circonscription du Finistère, Thierry Lolliérou est un vieux routier de l’extrême droite française. Il a été militant au Front national à Paris puis à Toulouse avant de claquer la porte du parti de Jean-Marie Le Pen quand la fille du dirigeant historique en a pris la tête en 2011. Sur ses réseaux sociaux, cet employé de banque multiplie les partages de contenus conspirationnistes comme le délirant recours devant le Conseil constitutionnel déposé par l’avocat covido-complotiste Carlo Brusa pour faire annuler le résultat de l’élection présidentielle. Ou encore ce post du 30 avril laissant entendre que La République en marche envisage de «rendre la pédophilie légale» en ayant fait passer «par la loi Schiappa» la peine maximale encourue pour «viol sur mineur de vingt ans à dix ans». Une fake news éventée depuis mai 2018. Thierry Lolliérou, qui présente le Coran comme un «torchon» sur son compte Facebook, n’est pas non plus avare de saillies islamophobes. Femmes voilées qualifiées de «chauve-souris», attaques contre les «anciens colonisés [qui] crachent sur la France», dénonciation des «publicités mixtes» montrant des couples à la couleur de peau différente… tout y passe.

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