Jamais sans doute depuis les années Giscard, voire depuis l’amitié Nixon-de Gaulle, la France n’a bénéficié d’une image aussi bonne qu’aujourd’hui aux Etats-Unis. Le départ d’Angela Merkel, les hésitations allemandes au sujet de l’Ukraine, l’engagement net de Paris sur ce même sujet et, enfin, la franche victoire électorale d’Emmanuel Macron ont rehaussé la cote de l’Hexagone comme rarement. “La chancelière allemande, si elle était encore là, aurait peut-être joué un rôle important dans le conflit ukrainien, mais son successeur Olaf Scholz est inexpérimenté ; ce rôle échoit donc naturellement à Macron”, pointe Max Bergmann, qui dirige le programme Europe, Russie et Eurasie du Center for Strategic & International Studies. Autre indice de la cote de popularité française outre-Atlantique, selon le même expert : “Le pays européen considéré comme le plus proche des Etats-Unis actuellement n’est pas le Royaume-Uni mais la France.” La Maison-Blanche considère en effet qu’Emmanuel Macron a démontré son leadership européen et qu’il est un partenaire fiable au sein de la “team Otan”.
##Entre l’administration Biden et l’Elysée, la coordination sur l’Ukraine est parfaite
Au Pentagone, Paris est respecté pour son engagement au Sahel, en Méditerranée et dans l’Indo-Pacifique mais aussi pour sa capacité industrielle militaire. La France a annoncé la livraison de douze camions équipés d’un système d’artillerie (Caesar) à l’Ukraine. Quant au “cavalier seul” de Macron avec le dictateur russe – le président français lui a parlé vingt fois depuis la mi-décembre -, ce n’en est pas un. La chose est parfaitement coordonnée avec l’administration Biden comme avec Berlin. Si tel n’était pas le cas, quantité de fuites et de critiques auraient émané de Washington. Or il n’y en a eu aucune. “Emmanuel Macron a été désigné par les alliés comme le meilleur canal de communication avec Poutine, étant entendu que cela ne pouvait pas être Joe Biden…”, confirme Bergmann. Dans la “team Otan”, chacun son rôle, en somme.
Sur “l’affaire AUKUS”, qui a tant fait de bruit en septembre dernier lors de l’annonce de cette alliance stratégique incluant l’Australie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis (mais pas la France, dont la vente de sous-marins à Canberra fut torpillée, et qui avait rappelé son ambassadeur de Washington à Paris pour signifier son mécontentement), chacun, dans la capitale américaine, veut faire amende honorable. “Le sentiment général est que l’administration Biden a foiré sur ce dossier”, lâche Max Bergmann.
Pour sa part, Robert O’Brien, l’ancien conseiller la sécurité nationale de Donald Trump, regrette : “La façon dont les choses ont été gérées a été maladroite.” Et lui d’insister à trois reprises pour que sa proximité avec Emmanuel Macron soit bien mentionnée dans nos colonnes. Avant de rappeler que la France est le plus ancien allié de son pays : “Sans l’intervention décisive de la France à la bataille navale de la baie de Chesapeake [aussi connue sous le nom de bataille des caps de Virginie, 5 septembre 1781], il n’y aurait peut-être pas d’Etats-Unis.”
La popularité du pays du champagne et de l’élégance est autant élevée parmi les élus républicains pro-Trump que dans le camp démocrate. Ce qui s’explique, aussi, par la victoire d’Emmanuel Macron sur Marine Le Pen le 24 avril. Certes, avant de prendre conscience des affinités du Rassemblement national (RN) avec Vladimir Poutine, les conservateurs les plus réactionnaires voyaient plutôt Marine Le Pen d’un bon oeil. Mais apprendre que, dans sa vision du monde, celle-ci plaçait la Russie et les Etats-Unis à équidistance de la France les a estomaqués.
Quant aux démocrates, ils voient dans la réélection du président français un espoir. “Le président Macron a été réélu alors que sa popularité n’était que de 36%”, s’est par exemple félicité, au soir de l’élection, Ron Klain, le chef de cabinet de Joe Biden (la popularité du président américain stagne à 38%). Aussi, les démocrates aiment rappeler que la réélection d’Obama contre McCain en 2012, avec 53% des voix, avait été considérée comme très large. Par comparaison, le score de Macron, 58% contre 42%, est écrasant. “Avec sa très nette victoire sur Marine Le Pen, il acquiert l’image d’un winner (un gagnant)”, observe le rédacteur en chef de la revue National Interest, Jacob Heilbrunn. Or, comme chacun sait, l’Amérique aime les winners !
Axel Gyldén
Sarkozy vert de rage.
Reste à savoir si c’est une bonne chose, vu où en sont les Etats Unis aujourd’hui…
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Jamais sans doute depuis les années Giscard, voire depuis l’amitié Nixon-de Gaulle, la France n’a bénéficié d’une image aussi bonne qu’aujourd’hui aux Etats-Unis. Le départ d’Angela Merkel, les hésitations allemandes au sujet de l’Ukraine, l’engagement net de Paris sur ce même sujet et, enfin, la franche victoire électorale d’Emmanuel Macron ont rehaussé la cote de l’Hexagone comme rarement. “La chancelière allemande, si elle était encore là, aurait peut-être joué un rôle important dans le conflit ukrainien, mais son successeur Olaf Scholz est inexpérimenté ; ce rôle échoit donc naturellement à Macron”, pointe Max Bergmann, qui dirige le programme Europe, Russie et Eurasie du Center for Strategic & International Studies. Autre indice de la cote de popularité française outre-Atlantique, selon le même expert : “Le pays européen considéré comme le plus proche des Etats-Unis actuellement n’est pas le Royaume-Uni mais la France.” La Maison-Blanche considère en effet qu’Emmanuel Macron a démontré son leadership européen et qu’il est un partenaire fiable au sein de la “team Otan”.
##Entre l’administration Biden et l’Elysée, la coordination sur l’Ukraine est parfaite
Au Pentagone, Paris est respecté pour son engagement au Sahel, en Méditerranée et dans l’Indo-Pacifique mais aussi pour sa capacité industrielle militaire. La France a annoncé la livraison de douze camions équipés d’un système d’artillerie (Caesar) à l’Ukraine. Quant au “cavalier seul” de Macron avec le dictateur russe – le président français lui a parlé vingt fois depuis la mi-décembre -, ce n’en est pas un. La chose est parfaitement coordonnée avec l’administration Biden comme avec Berlin. Si tel n’était pas le cas, quantité de fuites et de critiques auraient émané de Washington. Or il n’y en a eu aucune. “Emmanuel Macron a été désigné par les alliés comme le meilleur canal de communication avec Poutine, étant entendu que cela ne pouvait pas être Joe Biden…”, confirme Bergmann. Dans la “team Otan”, chacun son rôle, en somme.
Sur “l’affaire AUKUS”, qui a tant fait de bruit en septembre dernier lors de l’annonce de cette alliance stratégique incluant l’Australie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis (mais pas la France, dont la vente de sous-marins à Canberra fut torpillée, et qui avait rappelé son ambassadeur de Washington à Paris pour signifier son mécontentement), chacun, dans la capitale américaine, veut faire amende honorable. “Le sentiment général est que l’administration Biden a foiré sur ce dossier”, lâche Max Bergmann.
Pour sa part, Robert O’Brien, l’ancien conseiller la sécurité nationale de Donald Trump, regrette : “La façon dont les choses ont été gérées a été maladroite.” Et lui d’insister à trois reprises pour que sa proximité avec Emmanuel Macron soit bien mentionnée dans nos colonnes. Avant de rappeler que la France est le plus ancien allié de son pays : “Sans l’intervention décisive de la France à la bataille navale de la baie de Chesapeake [aussi connue sous le nom de bataille des caps de Virginie, 5 septembre 1781], il n’y aurait peut-être pas d’Etats-Unis.”
La popularité du pays du champagne et de l’élégance est autant élevée parmi les élus républicains pro-Trump que dans le camp démocrate. Ce qui s’explique, aussi, par la victoire d’Emmanuel Macron sur Marine Le Pen le 24 avril. Certes, avant de prendre conscience des affinités du Rassemblement national (RN) avec Vladimir Poutine, les conservateurs les plus réactionnaires voyaient plutôt Marine Le Pen d’un bon oeil. Mais apprendre que, dans sa vision du monde, celle-ci plaçait la Russie et les Etats-Unis à équidistance de la France les a estomaqués.
Quant aux démocrates, ils voient dans la réélection du président français un espoir. “Le président Macron a été réélu alors que sa popularité n’était que de 36%”, s’est par exemple félicité, au soir de l’élection, Ron Klain, le chef de cabinet de Joe Biden (la popularité du président américain stagne à 38%). Aussi, les démocrates aiment rappeler que la réélection d’Obama contre McCain en 2012, avec 53% des voix, avait été considérée comme très large. Par comparaison, le score de Macron, 58% contre 42%, est écrasant. “Avec sa très nette victoire sur Marine Le Pen, il acquiert l’image d’un winner (un gagnant)”, observe le rédacteur en chef de la revue National Interest, Jacob Heilbrunn. Or, comme chacun sait, l’Amérique aime les winners !
Axel Gyldén
Sarkozy vert de rage.
Reste à savoir si c’est une bonne chose, vu où en sont les Etats Unis aujourd’hui…