l’essentiel
La gauche toulousaine hors LFI dénonce le face-à-face Jean-Luc Moudenc-Insoumis et veut chercher à exister à l’écart de ce duel. Pour le PS, LFI est “l’idiot utile” de la stratégie du maire sortant.
“Nous ne sommes pas là pour arbitrer votre combat parfois désagréable avec la France Insoumise”, a d’emblée prévenu Pierre Lacaze lors de ses propos liminaires au conseil municipal de vendredi. “Notre opposition est constructive”, a-t-il lancé au nom de trois élus : François Briançon et Vincent Gibert pour le PS et lui-même pour le PCF. Deux formations “rescapées” de la liste Archipel Citoyen d’Antoine Maurice (EELV) qui se sont dès 2020 détachées des groupes Insoumis-citoyens et écologistes mais qui, avec trois élus, n’ont pu former un groupe. D’où un temps de parole réduit.
Dès sa sortie du conseil municipal, François Briançon, candidat à la tête de liste, a dénoncé “un triste spectacle”. “L’agressivité permanente entre Jean-Luc Moudenc, la droite, et la gauche radicale, donne une image désolante. Pour ma part, je refuse ce folklore et je me concentre sur les débats, bien plus intéressants, avec les Toulousains.” Le chef de file des socialistes renvoie dos à dos Jean-Luc Moudenc et les Insoumis. “C’est une tactique politique des deux côtés”, juge-t-il.
Celui qui, pour la première fois, qualifie LFI de “gauche radicale”, ne veut pas en rajouter sur ceux qui siègent comme lui sur les bancs de l’opposition. Mais le fossé se creuse avec la liste conduite par François Piquemal. Car c’est bien la méthode du parti de Jean-Luc Mélenchon qui est critiquée. “Jamais je n’utiliserai les affaires judiciaires en cours. Jamais je n’utiliserai l’agressivité. Jamais je ne fais de mises en cause personnelles”, martèle François Briançon.
Match dans le match
Sur un post, l’ancien élu Joël Carreiras (PS) va plus loin en traitant la France Insoumise “d’idiot utile”, la formation s’étant, selon lui, “érigée en alliée objective d’une réélection de Jean-Luc Moudenc”.
Car le maire sortant, poursuit Joël Carreiras retweeté par François Briançon, a tout intérêt “à entretenir une polarisation extrême avec la France Insoumise”, c’est-à-dire à dénoncer sa radicalité, à en faire son adversaire n° 1 et à inclure au passage les socialistes et ses alliés dans cette critique.
“Jean-Luc Moudenc a choisi son adversaire depuis longtemps”, observe également Isabelle Hardy (Génération. s). Tout l’enjeu de la gauche hors LFI consiste à présent à faire entendre une autre voix, la sienne propre. C’est le match dans le match, à gauche, lors de ces municipales.