Selon les informations du Canard enchaîné, le ministère de la Santé a adressé le 18 juillet dernier un document de préparation aux agences régionales de santé. Cette lettre, passée inaperçue jusqu’ici, demande aux hôpitaux français de se tenir prêts à accueillir entre 10 000 et 50 000 soldats blessés dans les prochains mois, en cas de « conflit armé généralisé en Europe ».
L’objectif affiché : faire de la France une base arrière logistique et sanitaire capable d’accueillir des militaires blessés, qu’ils soient français ou étrangers.
Des centres médicaux près des ports et aéroports
Le courrier évoque également la création de structures médicales temporaires à proximité des grands ports et aéroports français. Ces infrastructures auraient pour mission de réacheminer les blessés vers leur pays d’origine, dans le cadre d’une coordination européenne.
Cette mesure s’inscrit dans une logique de prévention logistique et sanitaire, sans qu’aucune menace militaire directe ne soit pour l’instant évoquée par les autorités.
Les hôpitaux mobilisés pour un « engagement majeur »
Le document invite les établissements de santé à revoir leurs plans d’urgence pour accueillir un afflux massif de blessés, comme ils le feraient face à une catastrophe majeure. Le ministère précise qu’il est « nécessaire d’anticiper les modalités du soutien sanitaire en situation de conflit de haute intensité ».
Un appel au volontariat a aussi été lancé auprès des soignants civils pour intégrer le Service de santé des Armées, quelle que soit leur spécialité ou leur secteur d’exercice.
Une réaction mesurée du ministère de la Santé
Interrogée sur ce document, Catherine Vautrin, alors ministre de la Santé, n’a ni confirmé ni démenti son existence. Elle a toutefois tenté de rassurer : « Les hôpitaux sont tout le temps en train de préparer des épidémies, des accueils. Il est normal que le pays anticipe les crises et leurs conséquences. Cela fait partie de la responsabilité des administrations centrales. »
En clair, selon le ministère, il s’agit avant tout d’un exercice d’anticipation et de gestion de crise, comparable à la préparation d’un plan pandémie ou attentat.
Une préparation dans un contexte géopolitique tendu
Si le gouvernement se veut rassurant, la diffusion de cette note intervient dans un contexte international particulièrement instable : guerre en Ukraine, tensions en mer Baltique, multiplication des exercices militaires de l’OTAN…
Cette initiative illustre la volonté de la France d’adapter son système de santé à des scénarios de crise extrême, alors que le pays manque déjà de moyens humains et hospitaliers dans certaines régions.