ENQUÊTE. BlackRock, au coeur de la société la plus puissante du monde. Grâce à ses produits et à sa technologie, le gestionnaire d’actifs américain est aujourd’hui assis sur une montagne de près de 10 000 milliards de dollars. Du jamais-vu sur les marchés.

11 comments
  1. **BlackRock** ? Une véritable machine à fantasmes. L’influence du gestionnaire d’actifs new-yorkais serait sans limite : lui permettant de dicter la stratégie des plus grandes entreprises, voire d’influencer la politique des Etats… En France, la seule fois où le grand public a vraiment entendu parler de lui, c’était au sujet de la réforme des retraites, en 2019, qu’à en croire la rumeur il aurait lui-même pilotée. “Un tissu de conneries”, balaie aujourd’hui un proche du géant dont les bureaux parisiens ont été entre-temps saccagés par des militants écologistes. 

    Si BlackRock n’a effectivement pas le pouvoir d’imposer ses vues partout et tout le temps, il n’en reste pas moins un acteur puissant. Plus puissant que jamais, même. Car loin d’avoir été touché par la crise, le mastodonte en est sorti renforcé. Actuellement, il gère presque 10 000 milliards de dollars d’actifs sur la planète pour le compte de millions de clients particuliers ou professionnels comme les banques, les assureurs et les fonds de pensions. Une situation inédite dans l’Histoire qui lui donne une réelle influence. Mais quelle est la recette de son succès ? 

    ​

    **Chapitre 1. La conquête de Wall Street**

    Dire qu’il vit dans un rêve serait sans doute exagéré. Ce qui est sûr, c’est que Larry Fink “nage en plein bonheur”, souligne un banquier d’affaires américain de passage à Paris. De New York à Tokyo en passant par les capitales européennes, tout le petit monde de la finance ne parle que de lui et des performances hallucinantes de l’oeuvre de sa vie, BlackRock. Ces derniers mois, la société new-yorkaise qu’il a patiemment bâtie a fait sauter un à un tous les records. Son portefeuille vaut désormais un peu plus de 9 500 milliards de dollars. Un pactole qui fait presque passer les acteurs historiques de la gestion d’actifs, comme ses compatriotes Vanguard (7 500 milliards, tout de même), Charles Schwab, State Street et Pimco, pour des joueurs de seconde division… 

    Tout n’était pourtant pas gagné pour Larry. Loin de là. Avant de s’imposer comme le leader mondial du secteur et de devenir le plus gros actionnaire de la planète, il a dû batailler et faire ses preuves pour convaincre ses clients présents aux quatre coins du monde de lui confier leur argent. Mais tous le disent, Larry Fink est un charmeur. “C’est quelqu’un de particulièrement intelligent, qui va assez vite vous faire comprendre tout ce que vous avez à gagner avec lui”, selon un banquier. C’est aussi un visionnaire. Dès la création de la société en 1988, celui qui a fait ses classes à la First Boston en jouant avec les premiers produits titrisés a compris que les marchés financiers évolueraient à une vitesse folle, qu’ils se mondialiseraient, et que la seule manière de s’imposer dans cette jungle était de gagner la bataille de la taille, donc des frais de gestion. 

    Pendant des années, Larry Fink, qui a démarré avec le soutien de Blackstone, autre géant de Wall Street, a racheté des activités à droite et à gauche pour agrandir sa surface de jeu et baisser les coûts grâce aux volumes. Au début des années 2000, le groupe gérait quelques centaines de milliards de dollars. En 2006, il réussit son premier gros coup en s’offrant la gestion d’actifs de la banque américaine Merrill Lynch. Mais c’est à l’occasion de la crise des subprimes, en 2008, que la société a vraiment changé de dimension. Alors que beaucoup d’acteurs sont à l’époque emportés par l’effondrement des marchés – à l’instar de Lehman Brothers -, Larry Fink et son partenaire de toujours, Rob Kapito, en profitent pour faire leurs courses au milieu des ruines. Les proies sont nombreuses. “Beaucoup de banques et de fonds d’investissement étaient au tapis”, se souvient un banquier. 

    Le coup de maître de Fink est le rachat de la gestion d’actifs de la banque britannique Barclays. La somme est rondelette : 13,5 milliards de dollars. Mais le jeu en vaut la chandelle. Outre le fait que l’opération fait de lui le no 1 mondial du secteur, le groupe met à cette occasion la main sur iShares, l’un des spécialistes mondiaux des ETF (exchange traded funds), fonds négociés en Bourse. Derrière ce nom un brin barbare se cache en réalité un produit financier ultrasimple et diablement efficace qui va faire de BlackRock la “machine de guerre” que la plupart décrivent aujourd’hui. 

  2. faut les renationaliser ces gangsters.

    10T (déclarés, probablement x120 en réalité) retirés de la société juste pour financer l’avarice infinie du GOP, de Koch, Murdoch, Fink & leurs cronies.

  3. Voilà un article qui stimule agréablement ma glande avaricieuse et qui m’enjoint à promptement racheter quelques actions BlackRock.

  4. Donc si j’en crois l’article, Blackrock a:

    – Démocratisé les ETF, un outil de placement long terme complètement anti spéculatif

    – Sauvé la Grèce

    – Investi massivement dans la transition écologique

    – Agi contre les pétroliers pour limiter leurs actions néfastes

    – Investi massivement dans la tech

    En plus ils ne sont pas du tout en situation de monopole, avec Vanguard (un fond coopératif !) pas loin derrière.

    Je ne dis pas que certains aspects de leur développement ne posent pas problème, surtout leur taille, mais on est vraiment très loin du grand méchant loup qu’on nous vend depuis 2 ans.

  5. Je pense que ce que les gens n’ont pas l’air de comprendre c’est que ces entreprises ainsi que les gros fonds spéculatifs ont pratiquement automatisé leurs méthodes de spéculation pour maximiser leurs profits. Si je ne me trompe pas l’IA de Blackrock s’appelle Aladdin.

    Leurs mouvements de marché ne sont par conséquent pas naturels, et vu leur taille et la quantité qu’ils peuvent se permettre d’investir, ils n’ont pas de marché à suivre, ils **font** le marché. Et ça c’est sans prendre en compte les influences qu’ils peuvent avoir sur le marché à travers le lobbying.

    C’est extrêmement dangereux pour l’économie. Renseignez vous un peu.

    https://www.google.com/amp/s/www.challenges.fr/economie/le-mastodonte-blackrock-au-coeur-de-la-polemique_691920.amp

    C’est pas parce que ces gens là et Bezos font des financements sympas par ci par là qu’il ne faut pas remettre en doute leurs méthodes.

  6. Et Greyscale qui arrive avec son pactole en cryptos…
    Ça va être sympa de voir la concurrence des ces gestionnaires dans les années à venir.

Leave a Reply