Chaque jour en France, près de 200 femmes meurent d’une maladie cardiovasculaire. Le premier épisode de ce Grand Reportage nous emmène à Lille, où les Bus du cœur, financés par la fondation Agir pour le cœur des femmes, sensibilisent les femmes en situation de précarité.
Fatima, la soixantaine est venue pour un dépistage. “Je suis inquiète parce que je suis une hypertendue et je suis sénior. Je voudrais bien faire des analyses et qu’on m’oriente. J’ai de la tension, je travaille dur. Est-ce que c’est dû au stress, à la fatigue ?” Aide à domicile, Fatima reconnait ne pas avoir le temps de se rendre chez le médecin. “Je n’ai pas le temps. Quand j’arrive à la maison, je suis fatiguée. Des fois, je suis malade et je ne vais pas chez le médecin. C’est parce que je n’ai pas de voiture. Je suis toute seule. Je néglige beaucoup ma santé.”
Toutes les 7 minutes une femme meurt d’un accident cardio-neurovasculaire
Pendant trois jours, le Bus du cœur enchaîne les consultations et les prises de sang auprès des patientes pour détecter des maladies cardiovasculaires. A l’origine de cette initiative, Claire Mounier-Vehier, cardiologue à l’Institut Cœur Poumon du CHU de Lille, professeure en médecine vasculaire à l’Université de Lille.
Mesure de la pression artérielle ou dépistage du diabète, les consultations du bus du cœur comportent 10 étapes. © Radio France – Héloïse Weisz “C’est une femme toutes les sept minutes en France qui décède d’un accident cardio-neurovasculaire, c’est-à-dire un accident vasculaire cérébral ou un accident cardiaque. Et ça, les gens n’en n’ont absolument pas conscience. C’est six fois plus, par exemple, que la mortalité par cancer du sein, en opposant pas les deux maladies”.
D’après la médecin, ces risques touchent toutes les catégories socio-professionnelles chez les femmes. “Mais c’est une maladie qui est très fréquente, qui est encore mal intégrée dans l’esprit de la femme, de sa famille ou du soignant. Il y a encore des préjugés et pourtant ce n’est pas faute de communiquer. Mais pour faire changer une pratique professionnelle, il faut presque une génération.”