Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron se félicite ce jeudi soir d’une “resynchronisation des agendas européens et américains sur la question ukrainienne” après l’adoption par les États-Unis et de l’Union européenne de nouvelles sanctions contre la Russie.
Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron se félicite ce jeudi 23 octobre des nouvelles sanctions américaines contre la Russie, estimant que “les annonces récentes du président Trump vont dans la bonne direction”. “C’est un véritable tournant qui, combiné aux sanctions (européennes, ndlr) que nous venons de prendre, à la pression qui a été mise aussi sur plusieurs autres acteurs, va porter ses effets”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil européen à Bruxelles.
“C’est un coup massif qui est porté au financement de l’effort de guerre de la Russie alors même que pour la première fois depuis le début de ce conflit, l’économie russe commence à souffrir bien davantage”, a ajouté le président.
Selon Emmanuel Macron, cela a permis de “resynchroniser les agendas européens et américains sur la question ukrainienne”, notamment celles des sanctions contre Moscou. L’Union européenne a durci ses mesures contre la Russie et son secteur énergétique via un 19e paquet de sanctions. Celles-ci prévoient notamment un arrêt total des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe et des mesures supplémentaires contre la flotte fantôme de pétroliers que Moscou utilise pour contourner les sanctions occidentales.
Deux géants pétroliers dans le viseur de Washington
Les États-Unis ont aussi annoncé des sanctions contre deux géants du secteur des hydrocarbures russes, Rosneft et Lukoil, et l’Union européenne a décidé un arrêt total des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d’ici à fin 2026. Ces sanctions impliquent un gel de tous les actifs de Rosneft et de Lukoil aux États-Unis ainsi qu’une interdiction faite à toutes les entreprises américaines de faire des affaires avec ces sociétés.
Rosneft, dont l’État russe est l’actionnaire majoritaire, affirme produire environ 40% du pétrole russe. Pour sa part, Lukoil, une entreprise privée, revendique autour de 15% de la production russe d’or noir. Les deux groupes produisent aussi du gaz. Ils sont des piliers de la rente des hydrocarbures permettant à la Russie de financer la guerre contre l’Ukraine.
Pour cette raison, plusieurs raffineries de Rosneft et de Lukoil ont été endommagées ces derniers mois par des attaques de drones ukrainiens, entraînant d’importantes baisses de production et une hausse du prix de l’essence en Russie.
Lukoil et Rosneft se trouvent désormais sur la liste des entités sanctionnées par les Etats-Unis (SDN list) qui est également en vigueur dans de nombreux autres pays.
Les sociétés travaillant avec ces deux compagnies peuvent être touchées par ricochet, notamment privées d’accès à des banques américaines, négociants, expéditeurs et assureurs qui forment l’ossature du marché des matières premières.
Ce jeudi, Vladimir Poutine a estimé que ces sanctions américaines étaient “sérieuses” mais qu’elles n’auraient pas d'”impact significatif” sur l’économie de son pays. Pour lui, ces restrictions étaient “une tentative de pression”. “Mais aucun pays ou peuple qui se respecte ne prend jamais de décision de cette manière”, a-t-il poursuivi, assurant que le secteur pétrolier russe se sentait “confiant et déterminé”.
