Le président libanais Joseph Aoun a accusé Israël de répondre à l’offre de négociations du Liban par une intensification de ses frappes, les dernières ayant tué deux hommes vendredi dans le sud du pays, selon Beyrouth.

Le Liban est prêt à des négociations pour mettre fin à l’occupation israélienne, mais toute négociation […] a besoin d’une volonté réciproque, ce qui n’est pas le cas, a affirmé M. Aoun à l’issue d’un entretien avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul.

Le chef de l’État s’était déjà prononcé, le 13 octobre, pour des négociations entre les deux pays voisins, toujours formellement en état de guerre et qui ont émergé en novembre dernier d’un an de conflit meurtrier entre Israël et le Hezbollah libanais.

Israël répond à cette option en menant davantage d’attaques contre le Liban […] et en aggravant la tension, a déploré M. Aoun.

Selon le ministère de la Santé libanais, deux personnes ont été tuées vendredi lors de deux frappes israéliennes dans le sud du pays.

L’Agence nationale d’information libanaise (ANI) a indiqué qu’un drone avait notamment visé un homme à moto dans le village de Kounine.

L’armée israélienne a affirmé avoir tué un responsable de la maintenance du Hezbollah, qui œuvrait, selon elle, à rétablir des infrastructures de ce mouvement pro-iranien.

La veille, une unité israélienne s’était introduite dans le village frontalier de Blida, où les soldats ont tué un employé municipal.

M. Aoun a demandé à l’armée de faire face à toute nouvelle incursion israélienne en territoire libanais.

Condition sine qua non

Malgré le cessez-le-feu qui a mis fin, en novembre 2024, à la guerre entre le Hezbollah et Israël, ce dernier continue de mener des frappes régulières au Liban, disant viser des cibles du mouvement chiite, et a intensifié ses raids ces derniers jours.

Une épaisse colonne de fumée s'élève dans le ciel après un bombardement sur un village dans une vallée.

Une attaque de l’armée israélienne dans le village libanais d’El Jamraq le 30 octobre. (Photo d’archives)

Photo : afp via getty images / RABIH DAHER

L’armée israélienne se maintient aussi sur cinq positions dans le sud du Liban.

Selon un bilan de l’AFP basé sur des données du ministère de la Santé, au moins 25 personnes, dont un Syrien, ont été tuées en octobre.

L’ONU avait indiqué mardi que 111 civils avaient été tués au Liban par les forces israéliennes depuis la fin de la guerre.

Le chef de la diplomatie allemande a apporté son soutien au président libanais, affirmant qu’il exhortera son homologue israélien, Gideon Saar, à retirer l’armée israélienne du sud du Liban.

Il doit y avoir un retrait des troupes israéliennes. Je comprends qu’Israël a besoin de sécurité […], mais nous avons maintenant besoin d’un processus de confiance mutuelle. Et je m’engage à ce que les deux parties se parlent, a dit le ministre allemand.

Il a également encouragé le gouvernement libanais à veiller à ce qu’un processus crédible, compréhensible et rapide de désarmement du Hezbollah soit mis en œuvre, une tâche colossale, mais, a-t-il estimé, la condition sine qua non pour régler les relations avec Israël.

Le Hezbollah est sorti très affaibli du conflit et les États-Unis exercent une forte pression sur le gouvernement libanais pour que le mouvement chiite livre ses armes à l’armée nationale, ce qu’il refuse jusqu’à présent.

Le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassam, a déclaré qu’Israël doit appliquer l’accord [de cessez-le-feu, NDLR] comme l’a fait le Liban tout en mettant en garde contre un nouvel accord qui innocenterait Israël et qui ouvrirait la porte à de nouvelles agressions.

Il a souligné dans un discours vendredi que la résistance [armée, NDLR] est la force du Liban qu’il faut préserver.

Nous allons restituer notre terre en nous unissant et le but de la résistance est la libération du pays, mais le but de l’ennemi [Israël, NDLR] est l’occupation, a-t-il souligné.

Avec les informations d’Al Jazeera