Les dépouilles d’un otage à Gaza ont été remises à Israël, a annoncé mardi l’armée de l’État hébreu, marquant du progrès dans le cadre du cessez-le-feu négocié par les États-Unis.

Avant cette annonce, le Hamas avait déjà restitué les restes de 20 otages depuis le début du cessez-le-feu, le 10 octobre. Si l’identité de cette dernière dépouille est confirmée par les analyses médico-légales, il en restera alors sept autres à Gaza.

Le cessez-le-feu actuel vise à mettre fin au conflit le plus meurtrier et le plus destructeur jamais mené entre Israël et le groupe militant palestinien.

La branche armée du Hamas avait annoncé plus tôt mardi avoir récupéré le corps d’un soldat israélien à Gaza et s’être engagée à le remettre à Israël. La déclaration d’Israël ne précisait pas si le corps était celui d’un soldat.

Le Hama a restitué entre un à trois corps tous les quelques jours. Israël fait pression pour accélérer ces restitutions et a parfois affirmé que les dépouilles n’étaient pas celles d’otages. Le Hamas a indiqué que l’ampleur des destructions sur le territoire compliquait ses opérations.

Pour chaque otage israélien libéré, Israël restitue les dépouilles de 15 Palestiniens. À ce jour, les corps de 270 Palestiniens ont été remis dans le cadre du cessez-le-feu actuel. Moins de la moitié ont été identifiés. Le travail médico-légal est compliqué par le manque de kits de tests ADN à Gaza. Le ministère de la Santé de Gaza publie des photos des dépouilles en ligne, dans l’espoir que les familles puissent les reconnaître.

La guerre a été déclenchée par l’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1200 morts et 251 otages.

Israël a riposté par une vaste offensive militaire qui a tué plus de 68 800 Palestiniens à Gaza, selon le ministère de la Santé de la région, qui ne fait pas de distinction entre les combattants et les civils. Ce ministère, qui fait partie du gouvernement dirigé par le Hamas et est composé de professionnels de la santé, tient des registres détaillés généralement considérés comme fiables par des groupes indépendants.

Israël, qui nie les accusations de génocide portées par une commission d’enquête de l’ONU et d’autres instances, conteste les chiffres du ministère sans toutefois fournir de bilan contraire.

Proposition de force internationale.

Les États-Unis ont présenté au Conseil de sécurité de l’ONU un projet visant à mandater une force internationale de stabilisation à Gaza pour une durée d’au moins deux ans.

Ce projet, confirmé à l’Associated Press par deux responsables américains, constitue une première ébauche en vue de négociations approfondies entre les membres du Conseil et les partenaires internationaux. Ces responsables ont requis l’anonymat compte tenu de la sensibilité du sujet.

Les pays arabes et d’autres États ayant manifesté leur intérêt à participer à la force de stabilisation ont indiqué que le soutien de l’ONU est indispensable pour les convaincre de fournir des troupes. Un responsable a précisé que le document n’avait pas encore été officiellement diffusé aux autres membres du Conseil de sécurité, et qu’il avait été préparé comme point de départ avant de parvenir à un consensus.

Accroître l’aide

Depuis le début du cessez-le-feu, le Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué des colis alimentaires à un million de personnes à Gaza, a indiqué mardi un responsable du programme.

Cependant, l’ouverture de davantage de points de passage frontaliers est indispensable pour intensifier ces efforts, a expliqué Ross Smith, directeur à la préparation et à la réponse aux situations d’urgence au sein de l’agence.

«Le PAM n’achemine toujours que la moitié de l’aide que nous souhaitons envoyer à Gaza, a expliqué M. Smith lors d’un entretien avec l’Associated Press. Tous les points de passage doivent être ouverts. Actuellement, il n’y en a que deux. Toutes les voies d’accès internes à Gaza doivent nous être accessibles, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.»

Lors d’une visite mardi en Cisjordanie pour rencontrer des responsables palestiniens, le ministre singapourien des Affaires étrangères, Vivian Balakrishnan, a réaffirmé l’engagement de son pays dans le processus d’aide, assistant à la remise du dernier versement d’une aide de 24 millions $ au PAM.

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Les journalistes de l’Associated Press Farnoush Amiri, Sam Mednick, Matthew Lee, Kareem Chehayeb et Paolo Santalucia ont contribué à cet article.

Julia Frankel, The Associated Press