Martial Legablier parle avec verve et entrain de sa passion : les courses de chevaux. À 56 ans, ce commerçant ambulant dans le prêt à porter “sur une partie de la Manche et du Calvados”, vit un rêve éveillé avec Hulysse Digeo en quête d’un 17e succès dans le Prix du Languedoc, samedi à Vincennes. Et 48 heures avant l’évènement, le propriétaire normand a déjà fait le papier : “Cobra Killer Gar est un très bon cheval. J’aimerais bien prendre notre revanche sur Jazzman Debailleul et je crains en particulier Hannibal Tuilerie. Avec Hulysse, la victoire devrait se jouer entre ces quatre chevaux-là.” Fils de turfistes, Martial Legablier a rapidement contracté le virus. “J’étais encore dans ma poussette lorsque j’ai commencé à aller aux courses” appuie-t-il. En 2017, ce passionné se rend aux ventes de Caen “dans l’idée d’acheter une poulinière.” Mais rien n’attire son attention. “Je me suis alors dit qu’il était temps que j’achète un poulain. Je n’avais pas coché Hulysse Digeo. Mais, en passant dans la cour des écuries, par hasard, le poulain sortait pour être présenté à un potentiel acheteur. Nos regards se sont croisés. J’ai eu un coup de foudre !” Hulysse Digeo est acheté foal pour 6.500 euros “mais j’aurais pu mettre plus.”

“Je suis un joueur”

Après avoir été débourré par Philippe Poisson, le fils de Rêve de Beylev rejoint l’écurie de Jean-William Hallais (“le fils de mon idole”). Qualifié 1’16”1 à l’été de ses 3 ans, Hulysse Digeo montre immédiatement du potentiel et remporte les deux premières courses de sa carrière. Doué mais ménagé et parfois retardé par des problèmes de dos, puis touché par la maladie de Lyme, Hulysse Digeo éclate pleinement à 7 ans. Au cours des treize derniers mois, le pensionnaire de la famille Hallais a décroché 8 victoires (dont un groupe II) et un peu plus de 312.000 euros de gains sur cette période. “C’est devenu l’un des très bons chevaux de Vincennes, savoure son propriétaire. Il a disputé 71 courses. Je n’ai pas manqué une seule de ses tentatives. J’ai beaucoup de chance. C’est un amour de cheval ! Nous avons eu des propositions d’achat au printemps dernier. J’ai toujours dit à Jean-William : “Il finira sa vie à la maison”. C’est mon premier, je suis un sentimental.” Samedi, Martial Legablier poussera son petit champion de la voix… Et au guichet. “Je suis un joueur. Comme à chaque fois, je jouerai Hulysse gagnant !”