Nigeria : des manifestants réclament la libération de deux étudiants suspectés d’avoir tué une jeune chrétienne
Deborah Samuel a été lapidée par une dizaine de personnes et son corps brûlé, jeudi, à Sokoto, à cause d’un commentaire posté sur les réseaux sociaux.
Des centaines de personnes ont manifesté samedi 14 mai à Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, pour protester contre l’arrestation de deux hommes soupçonnés d’avoir participé au meurtre de Deborah Samuel, une étudiante chrétienne accusée de blasphème. La jeune femme a été lapidée par une dizaine de personnes et son corps brûlé, jeudi, à cause d’un commentaire posté sur les réseaux sociaux, considéré comme offensant à l’égard du prophète Mahomet.
La police a annoncé avoir arrêté deux hommes et rechercher d’autres suspects apparaissant sur une vidéo du meurtre qui a circulé sur les réseaux sociaux. En réaction, de jeunes musulmans sont descendus samedi matin dans les rues de Sokoto pour exiger la libération des détenus.
Certains des manifestants se sont rendus au palais de Muhammad Sa’ad Abubakar, sultan de Sokoto et plus haute figure islamique au Nigeria, qui a condamné le meurtre et demandé que les coupables soient traduits en justice. « La foule exigeait également que la police mette fin à la traque des personnes identifiées comme ayant pris part au meurtre », a déclaré à l’AFP Ibrahim Arkilla, un habitant de la ville.
Couvre-feu à Sokoto
« Les forces de sécurité déployées pour protéger le palais ont demandé aux manifestants de partir, mais ils sont devenus incontrôlables », selon un autre habitant, qui vit près du palais. « Les policiers et les soldats ont lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l’air et ont réussi à disperser la foule », a-t-il ajouté, sans préciser s’il y avait eu des blessés. Les manifestants en colère se sont ensuite repliés dans le centre-ville, où ils ont tenté de piller des magasins appartenant à des chrétiens, mais ils ont été maîtrisés par les forces de l’ordre, selon un autre habitant.
« Suite au triste incident qui s’est produit à l’école Shehu-Shagari jeudi et aux développements de la matinée dans la métropole [de Sokoto], je déclare, avec effet immédiat, un couvre-feu (…) pour les prochaines vingt-quatre heures, a déclaré le gouverneur de Sokoto, Aminu Waziri Tambuwal, dans un communiqué. Tout le monde doit, s’il vous plaît, dans l’intérêt de la paix, rentrer chez lui. »
« Personne n’a le droit de se faire justice soi-même »
Jeudi, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, avait fait savoir qu’il « condamnait fermement » le meurtre de Deborah Samuel, affirmant que « personne n’avait le droit de se faire justice soi-même ». Le Nigeria, géant de 215 millions d’habitants divisé de manière presque égale entre un Nord majoritairement musulman et un Sud majoritairement chrétien, est l’un des pays les plus religieux au monde.
Dans l’islam, le blasphème, en particulier contre le Prophète, est passible de la peine de mort selon la charia, instaurée en 2000 dans douze Etats du Nord nigérian. Les tribunaux islamiques, qui fonctionnent parallèlement au système judiciaire étatique, ont déjà prononcé des condamnations à mort pour adultère, blasphème ou homosexualité, sans qu’aucune exécution n’ait eu lieu jusqu’à présent.
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Nigeria : des manifestants réclament la libération de deux étudiants suspectés d’avoir tué une jeune chrétienne
Deborah Samuel a été lapidée par une dizaine de personnes et son corps brûlé, jeudi, à Sokoto, à cause d’un commentaire posté sur les réseaux sociaux.
Des centaines de personnes ont manifesté samedi 14 mai à Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, pour protester contre l’arrestation de deux hommes soupçonnés d’avoir participé au meurtre de Deborah Samuel, une étudiante chrétienne accusée de blasphème. La jeune femme a été lapidée par une dizaine de personnes et son corps brûlé, jeudi, à cause d’un commentaire posté sur les réseaux sociaux, considéré comme offensant à l’égard du prophète Mahomet.
La police a annoncé avoir arrêté deux hommes et rechercher d’autres suspects apparaissant sur une vidéo du meurtre qui a circulé sur les réseaux sociaux. En réaction, de jeunes musulmans sont descendus samedi matin dans les rues de Sokoto pour exiger la libération des détenus.
Certains des manifestants se sont rendus au palais de Muhammad Sa’ad Abubakar, sultan de Sokoto et plus haute figure islamique au Nigeria, qui a condamné le meurtre et demandé que les coupables soient traduits en justice. « La foule exigeait également que la police mette fin à la traque des personnes identifiées comme ayant pris part au meurtre », a déclaré à l’AFP Ibrahim Arkilla, un habitant de la ville.
Couvre-feu à Sokoto
« Les forces de sécurité déployées pour protéger le palais ont demandé aux manifestants de partir, mais ils sont devenus incontrôlables », selon un autre habitant, qui vit près du palais. « Les policiers et les soldats ont lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l’air et ont réussi à disperser la foule », a-t-il ajouté, sans préciser s’il y avait eu des blessés. Les manifestants en colère se sont ensuite repliés dans le centre-ville, où ils ont tenté de piller des magasins appartenant à des chrétiens, mais ils ont été maîtrisés par les forces de l’ordre, selon un autre habitant.
« Suite au triste incident qui s’est produit à l’école Shehu-Shagari jeudi et aux développements de la matinée dans la métropole [de Sokoto], je déclare, avec effet immédiat, un couvre-feu (…) pour les prochaines vingt-quatre heures, a déclaré le gouverneur de Sokoto, Aminu Waziri Tambuwal, dans un communiqué. Tout le monde doit, s’il vous plaît, dans l’intérêt de la paix, rentrer chez lui. »
« Personne n’a le droit de se faire justice soi-même »
Jeudi, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, avait fait savoir qu’il « condamnait fermement » le meurtre de Deborah Samuel, affirmant que « personne n’avait le droit de se faire justice soi-même ». Le Nigeria, géant de 215 millions d’habitants divisé de manière presque égale entre un Nord majoritairement musulman et un Sud majoritairement chrétien, est l’un des pays les plus religieux au monde.
Dans l’islam, le blasphème, en particulier contre le Prophète, est passible de la peine de mort selon la charia, instaurée en 2000 dans douze Etats du Nord nigérian. Les tribunaux islamiques, qui fonctionnent parallèlement au système judiciaire étatique, ont déjà prononcé des condamnations à mort pour adultère, blasphème ou homosexualité, sans qu’aucune exécution n’ait eu lieu jusqu’à présent.
ça me rappel ce qui s’est passé en corse