#Fausse rétractation de Takieddine : sur la piste d’un « cabinet noir » au service de Sarkozy
####L’enquête sur l’interview arrangée de Ziad Takieddine révèle les liens de plusieurs mis en cause avec le clan Sarkozy et leur volonté de « sauver » l’ancien président, mais aussi ses anciens collaborateurs, Brice Hortefeux et Thierry Gaubert, également mis en examen dans l’affaire libyenne.
*« Ça serait formidable pour moi si c’était vrai »*, aurait glissé
Nicolas Sarkozy à la communicante Michèle Marchand alors qu’elle venait
d’organiser l’interview de Ziad Takieddine rétractant ses accusations
contre lui dans [l’affaire des financements
libyens](https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/l-argent-libyen-de-sarkozy). *« Mais ce type-là, il a tellement menti, changé de
version, est-ce que c’est fiable ? »*, avait-il ajouté, selon Mimi
Marchand.
L’ancien président allait vite balayer ces scrupules. Dès la mise en
ligne sur BFMTV d’une courte vidéo de Takieddine, le 11 novembre 2020,
et avant la sortie en kiosques de ses confidences dans *Paris Match*,
Nicolas Sarkozy annonce le dépôt d’une « requête en démise en examen »
par son avocat, M^e Thierry Herzog, dans une déclaration millimétrée,
publiée sur Facebook.
*« L’information judiciaire ouverte sur les seules déclarations
mensongères de Ziad Takieddine se trouve aujourd’hui dans une impasse
complète »*, conclut-il, faisant de la rétractation de l’intermédiaire
la clé de voûte d’une opération visant à le blanchir judiciairement.
L’information judiciaire, ouverte il y un an pour « subornation de
témoin » et « association de malfaiteurs », révèle désormais qu’une
équipe s’est mobilisée autour de Michèle Marchand pour obtenir de Ziad
Takieddine un revirement favorable à l’ancien président, d’abord dans
*Paris Match*, en novembre 2020, puis sur un document officiel rédigé en
décembre 2020 au Liban. Une équipe qualifiée sur procès-verbal, dans une
question des enquêteurs de la police judiciaire, de *« cabinet noir »*.
Pour réussir, d’après le soupçon judiciaire, il fallait un négociateur,
familier de Takieddine. C’était Noël Dubus, informateur régulier de
plusieurs services de police, plusieurs fois condamné pour escroquerie.
Il fallait aussi un « facturier » présumé, pour faciliter les paiements
discrets. C’était Arnaud de la Villesbrunne, ancien communicant lié au
parti Les Républicains. Il fallait enfin quelques bailleurs de fonds,
déterminés à *« sauver Nicolas Sarkozy »*. Le maître d’œuvre de
l’opération, Noël Dubus, prétend même que Nicolas Sarkozy l’a
personnellement remercié lors d’une visite au domicile de l’ancien chef
de l’État, le 17 décembre 2020.
L’ancien président et son avocat n’ont pas encore donné leur version des
faits, ni à la justice ni au moindre média, mais ils ont l’interdiction
de rencontrer les mis en cause, tout comme l’ancien directeur de *Paris
Match*, Hervé Gattegno. Contactée par Mediapart, une porte parole de
Nicolas Sarkozy n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Toutes les personnes mises en cause dans cette affaire, qu’elles soient
mises en examen ou non, sont présumées innocentes.
## **Trois personnes pouvaient payer**
L’enquête a exhumé les secrets d’un des financiers de l’opération, le
marchand de biens Pierre Reynaud, 65 ans. Plusieurs fois mis en cause
lors d’opérations immobilières sur la Côte d’Azur (hôtel Beau Rivage,
terrains Sulzer à Nice, villa Pellerin à Antibes…), l’homme d’affaires
se dit l’ami de l’intermédiaire Alexandre Djouhri, l’un des
protagonistes clés de l’affaire Sarkozy-Kadhafi. Il a aussi longuement
côtoyé Bernard Tapie jusqu’à son décès en octobre dernier, mettant à
plusieurs reprises à sa disposition un jet privé pour rejoindre
l’hôpital. Il se dit aussi proche de l’ancien ministre sarkozyste
Jean-Louis Borloo, ce que ce dernier conteste aujourd’hui.
Sa fortune, visible, est pourtant difficile à cerner. Il reçoit 30 000
euros mensuels d’un associé basé à Prague, fait un procès au
propriétaire de son duplex parisien de 600 m^2 avec piscine, qui lui
réclame 9 millions d’euros. Dans son parking dorment, entre autres, une
Rolls, une Bentley et une Porsche Macan. Chez lui, les policiers
trouvent aussi deux fusils à pompe, une carabine et deux revolvers.
En juin 2021, les juges le mettent en examen, une première fois pour
avoir versé une somme de 320 000 euros à l’équipe de Dubus, puis une
seconde fois, en octobre, après la révélation d’un conflit autour d’une
autre somme de 100 000 euros prêtée en espèces à Dubus, et destinée à
« faciliter » la libération d’Hannibal Kadhafi au Liban dans [un autre
volet](https://www.mediapart.fr/journal/france/091121/menaces-violences-et-valises-de-cash-l-affaire-sarkozy-takieddine-degenere) de cette même manipulation judiciaire et médiatique.
En garde à vue, Reynaud a nié toute proximité avec Nicolas Sarkozy, mais
dans une écoute judiciaire, en juin 2021, il a livré une autre vérité.
*« 12 heures de perquisition et 20 heures d’auditions*, résume-t-il à un
proche. *J’ai eu beau soutenir que je ne connaissais pas Nicolas
Sarkozy, avec tout ce qu’ils ont ramassé, heu… Il m’a foutu dans une
merde encore, celui-là.* […] *Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?*
[…] *Tu peux pas renier ton ami, hein ?* […] *On peut pas renier ses
amis. »*
>> J’ai eu beau soutenir que je ne connaissais pas Nicolas Sarkozy, avec
>> tout ce qu’ils ont ramassé, heu…
>L’homme d’affaires Pierre Reynaud, mis en cause dans le dossier de la
>fausse rétractation de Takieddine
*Pierre Reynaud assure n’avoir rien cédé aux questions des policiers.
« Tant que les quatre crétins, ils avaient pas balancé, ça tenait encore
la route. Quand ils ont balancé, je suis resté seul contre tout le
monde, là. […] Quand ils ont vu qu’ils pourraient rien tirer de moi,
ils nous ont déférés. […] Moi je suis mis en examen pour association
de malfaiteurs, ça m’était encore jamais arrivé de ma vie, en vue de
commettre une escroquerie au jugement. Parce que Sarkozy, quand
Takieddine a fait le retournement-là, il a déposé une demande de
non-lieu. […] S’il s’avère au final que Takieddine a été payé pour
changer de version, ça devient une escroquerie. »*
*« Quand tu es ami avec un mec depuis 30 ans, qu’il est dans la merde et
qu’il te demande de lui tendre la main, qu’est-ce que tu fais ?*,
ajoute-t-il. *Mais quand tout le monde a avoué, j’ai compris qu’il était
mort, hein. Je suis resté sur mes positions parce que c’est plus facile.
Ce sera plus facile de défendre une position de menteur… »*
*« Il m’a encore foutu dans une merde »*, se plaint Reynaud, qui se voit
presque comme le « co-inculpé » de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et
Éric Woerth dans l’affaire libyenne. *« Ils veulent la peau de
Sarkozy »*, commente son correspondant.
*« Oui, d’accord, mais le problème, c’est qu’à chaque fois qu’il essaie
de s’en sortir, il peut pas s’en sortir. C’est pas possible.* […] *Il
est dans le même étau que moi. Les flics vont aller le prendre, ça va
pas être dans pas longtemps »*, répond Pierre Reynaud. Le marchand de
biens imagine même l’ancien président partir *« au ballon »*.
*« De toute façon, quand y’a Bernard* [Tapie] *et quand y’a Nicolas*
[Sarkozy]*, c’est le bordel. Ça c’est, rien à faire, à chaque fois,
moi à chaque fois que j’suis pris, c’est ou par l’un ou par l’autre.
Ras-le-bol, hein ! »*
Selon Reynaud, les policiers cherchent à prouver qu’il avait versé
*« les 5 millions à Takieddine au Liban »*. *« Comme c’est pas moi qui
les ai versés, ils pouvaient pas le trouver »*, résume-t-il. L’échange
se poursuit :
*« Les flics, ils partent du principe, qu’il y avait trois personnes qui
pouvaient payer les 5 millions…*, commence Reynaud.
*— Y avait toi…*, dit son interlocuteur, non identifié par l’enquête.
*— Ou l’émir du Qatar…*
*— Ou Djouhri ou moi.*
*— Bon, maintenant, ils savent que c’est pas moi.* […] *Parce que des
broutilles à 300 000 balles, c’est pas ce qui a fait l’histoire. Moi,
ils me poursuivent pour 300-320 000 euros en virements. Et 20 000 euros
en espèces.* […] *Moi, c’est pas dramatique, maintenant, si c’est
l’émir du Qatar qui a filé les cinq bâtons… ça va faire une merde… »*
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#Fausse rétractation de Takieddine : sur la piste d’un « cabinet noir » au service de Sarkozy
####L’enquête sur l’interview arrangée de Ziad Takieddine révèle les liens de plusieurs mis en cause avec le clan Sarkozy et leur volonté de « sauver » l’ancien président, mais aussi ses anciens collaborateurs, Brice Hortefeux et Thierry Gaubert, également mis en examen dans l’affaire libyenne.
>[Karl Laske](https://www.mediapart.fr/biographie/karl-laske) et [Fabrice Arfi](https://www.mediapart.fr/biographie/fabrice-arfi)
>15 mai 2022 à 18h43
—
*« Ça serait formidable pour moi si c’était vrai »*, aurait glissé
Nicolas Sarkozy à la communicante Michèle Marchand alors qu’elle venait
d’organiser l’interview de Ziad Takieddine rétractant ses accusations
contre lui dans [l’affaire des financements
libyens](https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/l-argent-libyen-de-sarkozy). *« Mais ce type-là, il a tellement menti, changé de
version, est-ce que c’est fiable ? »*, avait-il ajouté, selon Mimi
Marchand.
L’ancien président allait vite balayer ces scrupules. Dès la mise en
ligne sur BFMTV d’une courte vidéo de Takieddine, le 11 novembre 2020,
et avant la sortie en kiosques de ses confidences dans *Paris Match*,
Nicolas Sarkozy annonce le dépôt d’une « requête en démise en examen »
par son avocat, M^e Thierry Herzog, dans une déclaration millimétrée,
publiée sur Facebook.
*« L’information judiciaire ouverte sur les seules déclarations
mensongères de Ziad Takieddine se trouve aujourd’hui dans une impasse
complète »*, conclut-il, faisant de la rétractation de l’intermédiaire
la clé de voûte d’une opération visant à le blanchir judiciairement.
Cette précipitation, aujourd’hui, l’accable.
Après [la
révélation](https://www.mediapart.fr/journal/international/060421/retractation-de-takieddine-la-piste-de-l-argent) par Mediapart, en avril 2021, de deux témoignages
recueillis au Liban faisant état des promesses financières faites à
Takieddine et des fac-similés de factures douteuses établies pour payer
les frais de cette rétractation, l’opération a tourné au vinaigre.
L’information judiciaire, ouverte il y un an pour « subornation de
témoin » et « association de malfaiteurs », révèle désormais qu’une
équipe s’est mobilisée autour de Michèle Marchand pour obtenir de Ziad
Takieddine un revirement favorable à l’ancien président, d’abord dans
*Paris Match*, en novembre 2020, puis sur un document officiel rédigé en
décembre 2020 au Liban. Une équipe qualifiée sur procès-verbal, dans une
question des enquêteurs de la police judiciaire, de *« cabinet noir »*.
Pour réussir, d’après le soupçon judiciaire, il fallait un négociateur,
familier de Takieddine. C’était Noël Dubus, informateur régulier de
plusieurs services de police, plusieurs fois condamné pour escroquerie.
Il fallait aussi un « facturier » présumé, pour faciliter les paiements
discrets. C’était Arnaud de la Villesbrunne, ancien communicant lié au
parti Les Républicains. Il fallait enfin quelques bailleurs de fonds,
déterminés à *« sauver Nicolas Sarkozy »*. Le maître d’œuvre de
l’opération, Noël Dubus, prétend même que Nicolas Sarkozy l’a
personnellement remercié lors d’une visite au domicile de l’ancien chef
de l’État, le 17 décembre 2020.
L’ancien président et son avocat n’ont pas encore donné leur version des
faits, ni à la justice ni au moindre média, mais ils ont l’interdiction
de rencontrer les mis en cause, tout comme l’ancien directeur de *Paris
Match*, Hervé Gattegno. Contactée par Mediapart, une porte parole de
Nicolas Sarkozy n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Toutes les personnes mises en cause dans cette affaire, qu’elles soient
mises en examen ou non, sont présumées innocentes.
## **Trois personnes pouvaient payer**
L’enquête a exhumé les secrets d’un des financiers de l’opération, le
marchand de biens Pierre Reynaud, 65 ans. Plusieurs fois mis en cause
lors d’opérations immobilières sur la Côte d’Azur (hôtel Beau Rivage,
terrains Sulzer à Nice, villa Pellerin à Antibes…), l’homme d’affaires
se dit l’ami de l’intermédiaire Alexandre Djouhri, l’un des
protagonistes clés de l’affaire Sarkozy-Kadhafi. Il a aussi longuement
côtoyé Bernard Tapie jusqu’à son décès en octobre dernier, mettant à
plusieurs reprises à sa disposition un jet privé pour rejoindre
l’hôpital. Il se dit aussi proche de l’ancien ministre sarkozyste
Jean-Louis Borloo, ce que ce dernier conteste aujourd’hui.
Sa fortune, visible, est pourtant difficile à cerner. Il reçoit 30 000
euros mensuels d’un associé basé à Prague, fait un procès au
propriétaire de son duplex parisien de 600 m^2 avec piscine, qui lui
réclame 9 millions d’euros. Dans son parking dorment, entre autres, une
Rolls, une Bentley et une Porsche Macan. Chez lui, les policiers
trouvent aussi deux fusils à pompe, une carabine et deux revolvers.
En juin 2021, les juges le mettent en examen, une première fois pour
avoir versé une somme de 320 000 euros à l’équipe de Dubus, puis une
seconde fois, en octobre, après la révélation d’un conflit autour d’une
autre somme de 100 000 euros prêtée en espèces à Dubus, et destinée à
« faciliter » la libération d’Hannibal Kadhafi au Liban dans [un autre
volet](https://www.mediapart.fr/journal/france/091121/menaces-violences-et-valises-de-cash-l-affaire-sarkozy-takieddine-degenere) de cette même manipulation judiciaire et médiatique.
En garde à vue, Reynaud a nié toute proximité avec Nicolas Sarkozy, mais
dans une écoute judiciaire, en juin 2021, il a livré une autre vérité.
*« 12 heures de perquisition et 20 heures d’auditions*, résume-t-il à un
proche. *J’ai eu beau soutenir que je ne connaissais pas Nicolas
Sarkozy, avec tout ce qu’ils ont ramassé, heu… Il m’a foutu dans une
merde encore, celui-là.* […] *Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?*
[…] *Tu peux pas renier ton ami, hein ?* […] *On peut pas renier ses
amis. »*
>> J’ai eu beau soutenir que je ne connaissais pas Nicolas Sarkozy, avec
>> tout ce qu’ils ont ramassé, heu…
>L’homme d’affaires Pierre Reynaud, mis en cause dans le dossier de la
>fausse rétractation de Takieddine
*Pierre Reynaud assure n’avoir rien cédé aux questions des policiers.
« Tant que les quatre crétins, ils avaient pas balancé, ça tenait encore
la route. Quand ils ont balancé, je suis resté seul contre tout le
monde, là. […] Quand ils ont vu qu’ils pourraient rien tirer de moi,
ils nous ont déférés. […] Moi je suis mis en examen pour association
de malfaiteurs, ça m’était encore jamais arrivé de ma vie, en vue de
commettre une escroquerie au jugement. Parce que Sarkozy, quand
Takieddine a fait le retournement-là, il a déposé une demande de
non-lieu. […] S’il s’avère au final que Takieddine a été payé pour
changer de version, ça devient une escroquerie. »*
*« Quand tu es ami avec un mec depuis 30 ans, qu’il est dans la merde et
qu’il te demande de lui tendre la main, qu’est-ce que tu fais ?*,
ajoute-t-il. *Mais quand tout le monde a avoué, j’ai compris qu’il était
mort, hein. Je suis resté sur mes positions parce que c’est plus facile.
Ce sera plus facile de défendre une position de menteur… »*
*« Il m’a encore foutu dans une merde »*, se plaint Reynaud, qui se voit
presque comme le « co-inculpé » de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et
Éric Woerth dans l’affaire libyenne. *« Ils veulent la peau de
Sarkozy »*, commente son correspondant.
*« Oui, d’accord, mais le problème, c’est qu’à chaque fois qu’il essaie
de s’en sortir, il peut pas s’en sortir. C’est pas possible.* […] *Il
est dans le même étau que moi. Les flics vont aller le prendre, ça va
pas être dans pas longtemps »*, répond Pierre Reynaud. Le marchand de
biens imagine même l’ancien président partir *« au ballon »*.
*« De toute façon, quand y’a Bernard* [Tapie] *et quand y’a Nicolas*
[Sarkozy]*, c’est le bordel. Ça c’est, rien à faire, à chaque fois,
moi à chaque fois que j’suis pris, c’est ou par l’un ou par l’autre.
Ras-le-bol, hein ! »*
Selon Reynaud, les policiers cherchent à prouver qu’il avait versé
*« les 5 millions à Takieddine au Liban »*. *« Comme c’est pas moi qui
les ai versés, ils pouvaient pas le trouver »*, résume-t-il. L’échange
se poursuit :
*« Les flics, ils partent du principe, qu’il y avait trois personnes qui
pouvaient payer les 5 millions…*, commence Reynaud.
*— Y avait toi…*, dit son interlocuteur, non identifié par l’enquête.
*— Ou l’émir du Qatar…*
*— Ou Djouhri ou moi.*
*— Bon, maintenant, ils savent que c’est pas moi.* […] *Parce que des
broutilles à 300 000 balles, c’est pas ce qui a fait l’histoire. Moi,
ils me poursuivent pour 300-320 000 euros en virements. Et 20 000 euros
en espèces.* […] *Moi, c’est pas dramatique, maintenant, si c’est
l’émir du Qatar qui a filé les cinq bâtons… ça va faire une merde… »*