Le manifeste du tueur de Buffalo précise la menace terroriste d’extrême droite

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  1. **Le manifeste du tueur de Buffalo précise la menace terroriste d’extrême droite**

    **Payton Gendron, le terroriste d’extrême droite qui a tué dix personnes à Buffalo (États-Unis) le 14 mai, a publié un manifeste qui mérite d’être comparé avec celui de Brenton Tarrant, auteur néo-zélandais de l’attentat de Christchurch. En s’inscrivant dans une continuité historique du suprémacisme blanc meurtrier, il appelle aussi à le prolonger.**

    Le document publié par Payton Gendron fait 180 pages. Il est moins verbeux que le manifeste d’Anders Breivik (1 518 pages) qui tua 77 personnes en Norvège en 2011. Mais il est plus disert que celui de Brenton Tarrant (74 pages), tueur aux 51 morts en 2019 en Nouvelle-Zélande.

    Même si une part substantielle des 180 pages de Payton Gendron est composée d’un catalogue d’armes, son texte développe ainsi un vrai point de vue idéologique et propose une méthodologie, permettant ainsi de mieux saisir les ambitions, les contradictions et les évolutions de la mouvance terroriste d’extrême droite.

    **La relation à Christchurch**

    Les emprunts au manifeste de Christchurch sont nombreux et assumés dès la couverture, frappée comme celle de Tarrant, du symbole du « soleil noir ». Heinrich Himmler, principal dignitaire SS du Troisième Reich, fit tracer ce signe au sol du château de Wewelsburg, et il est devenu depuis deux décennies le symbole favori des nationalistes blancs à travers le monde.

    Des phrases entières du texte de Brenton Tarrant sont directement copiées-collées dans la prose du terroriste de Buffalo, qui s’avoue même avoir été « éveillé » politiquement par le terroriste de Christchurch (l’expression ayant une valeur spirituelle dans le contexte américain). Deux passages significatifs sont repris. Dès l’introduction, cette définition de la raison de l’attentat : « C’est un remplacement ethnique. C’est un remplacement culturel. C’est un remplacement racial. C’est le génocide blanc ». Et dans la conclusion, avec ces mots : « Tout le reste est une défaite. La guerre ne sera pas facile, le bilan sera assurément élevé. Le futur sera difficile et beaucoup d’entre nous mourront. »

    Le disciple emprunte également à son maître un long jeu de questions-réponses. Il s’y définit lui-même comme « fasciste », « suprémaciste blanc », « raciste », « néonazi », « ethno-nationaliste », « populiste » et même « éco-fasciste ». Il affirme ainsi la nécessité d’arracher l’écologie à la gauche, la protection de l’environnement nécessitant le contrôle de la démographie galopante.

    S’il accepte de bon cœur de se définir avec des étiquettes politiques, il insiste aussi à diverses reprises sur son caractère solitaire et sa non-appartenance à tout groupuscule néonazi. N’en demeure pas moins que sa socialisation politique est très marquée, au point de ridiculiser la thèse d’un jeune tueur déstabilisé et immature de 18 ans.

  2. Alors autant d’habitude ils sont carrés sur ce sujet autant là l’auteur est pas mal passé à côté du sujet et du propos et il ferait bien d’écouter les spécialistes, surtout américains, de l’extrême-droite violente.

    C’est un manifeste “de shitpost”, ce ne sont pas des “emprunts” mais un plagiat direct ([peut-être](https://twitter.com/chadloder/status/1526256088777011202) 60 à 80% du manifeste est un c/c de celui de Christchurch), bourré de ref à 4chan et de petits clins d’oeils, et de copypasta en copypasta on peut remonter au manifeste de l’Unabomber. Par contre, la plupart des analyses intéressantes sont venu du travail sur son journal intime (700 pages !!) et historique Discord.

    Je crois par contre que c’est dans le manifeste qu’il a développé toute sa partie “logistique”, avec guides pour trouver des armes et équipement pas cher, codes promos, etc.

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