L’état interrompt la privatisation de Grignon

3 comments
  1. Je me demande vraiment ce qui peut motiver un arrêt aussi soudain après tant de manifestations et de circonvolutions.
    Et surtout qui peut prendre ce genre de décisions (enfin qui dans « l’État ») ?

  2. Suite et fin. La vente du domaine de Grignon au promoteur immobilier
    Altarea Cogedim, jusqu’ici vivement contestée, va être arrêtée. Après
    une décision prise il y a quelques jours, l’État va annoncer ce lundi 15 novembre
    l’interruption de la procédure de vente, selon des informations de
    Mediapart. Une nouvelle procédure devrait être lancée au second semestre
    2022 après concertation avec les acteurs locaux.
    Ce site historique abrite le campus de l’école publique de formation
    d’ingénieurs agronomes AgroParisTech mais aussi un château et ses
    dépendances, de nombreux bâtiments dédiés à l’enseignement et à la
    recherche, des laboratoires de l’Inrae, 121 hectares de terres agricoles
    et 133 hectares de forêt.
    Ce processus de vente avait été lancé en mars 2020 par un appel
    d’offres piloté par la Direction de l’immobilier de l’État (DIE), qui
    dépend du ministère de l’économie et des finances. Jusqu’au bout, le
    ministère de l’agriculture, propriétaire du site, a défendu, par la voix
    de Julien Denormandie, les bienfaits de cette vente. Attribué dans le
    courant de l’été au promoteur Altarea Cogedim, le domaine de Grignon
    allait pourtant perdre son unité et sa vocation de haut lieu de
    l’agronomie française, en étant mis sur la voie d’une vente à la découpe

    Contrairement à l’effet attendu, la privatisation n’allait en outre pas
    rapporter beaucoup d’argent dans les caisses de l’État. Ainsi que nous
    le révélions dans l’une de nos enquêtes
    sur ce dossier, Altarea devait racheter le site pour 18 millions
    d’euros. Mais un dispositif fiscal pour les Monuments historiques allait
    permettre ensuite à sa filiale Histoire & Patrimoine de vendre des
    appartements aménagés dans une dépendance du château avec d’importantes
    déductions d’impôts à la clef. Ce manque à gagner pour l’État s’élevait,
    selon une autre enquête Mediapart, à 5,8 millions d’euros.

    Les collectivités territoriales – région
    Île-de-France et département des Yvelines – devaient par ailleurs être
    mises à contribution dans l’opération, pour le rachat de certaines
    parties du site (relire notre enquête).
    Une mobilisation, incluant la population étudiante de l’école,
    d’anciens diplômés, des élus de différents bords politiques (dont Nadine
    Gohard, la maire de Thiverval-Grignon, mais aussi Gérard Larcher, le
    président du Sénat), ainsi que des associations environnementales,
    manifestait depuis plusieurs mois son opposition au projet. Des recours
    juridiques avaient également été déposés, mettant en évidence plusieurs failles dans le processus de vente.

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