Arrivé de New Delhi pour son premier voyage en Europe, le jeune Indien Dev Karan a reçu jeudi à Genève l’un des prix du Sommet des jeunes activistes. À seulement 17 ans, il est distingué pour Pondora, un projet mené par et pour des adolescents afin de restaurer les étangs dans son pays.
L’événement organisé par les Nations unies met en lumière cinq jeunes engagés pour les droits humains et l’environnement. Parmi eux, Dev Karan, fondateur de Pondora, une initiative dédiée à la revitalisation et à l’entretien des étangs utilisés comme sources d’eau potable dans de nombreux villages.
Pondora est née d’un constat simple: en Inde, les petites masses d’eau – étangs, mares, bassins – jouent un rôle vital pour l’accès à l’eau potable, la biodiversité et la recharge des nappes phréatiques. Dev Karan a décidé d’en faire un levier de mobilisation de la jeunesse.
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De l’importance de la “communauté”
“Notre projet Pondora vise non seulement à revitaliser, mais aussi à entretenir de petites masses d’eau comme des étangs dans tout le pays”, explique-t-il au micro de la RTS. Son équipe, composée uniquement de moins de 20 ans, a développé des outils technologiques simples permettant de surveiller la qualité de l’eau grâce à Internet et à des bornes chimiques.
Mais la technologie n’est qu’un début. L’ambition de Pondora est d’ancrer la protection de l’eau dans les communautés. “La communauté que nous créons est le cœur et l’âme de toute notre mission”, résume le jeune activiste.
Dans de nombreux villages, Pondora forme des adolescents au suivi environnemental et à l’utilisation du matériel, afin qu’ils puissent alerter les autorités locales ou interpeller les bureaucrates. Pour Dev Karan, l’action environnementale doit venir de celles et ceux qui vivent à proximité des ressources, pas d’interventions ponctuelles venues de l’extérieur.
Déclic lors d’une sortie scolaire
Cet engagement s’enracine dans son histoire personnelle. Élevé dans un milieu agricole, il a grandi au contact de la nature et accompagné sa mère lors de campagnes de nettoyage du plastique. L’un de ses premiers chocs écologiques survient lors d’une sortie scolaire, en découvrant un étang devenu violet. “La crise climatique n’est pas seulement un phénomène lointain. Ça se passe littéralement sous nos yeux”, raconte-t-il.
En Inde, pays le plus peuplé au monde et particulièrement vulnérable aux dérèglements climatiques, son initiative résonne avec l’enjeu de mobiliser une population jeune et nombreuse. Les étangs, explique-t-il, sont “la porte d’entrée vers tout ce qui peut être amélioré à l’échelle d’un village ou même d’un environnement urbain”, depuis l’eau potable jusqu’à la gestion des déchets.
“Chaque voix compte”
Dev Karan observe également le recul de certaines politiques climatiques en Europe et aux États-Unis. Il parle d’un monde où “l’importance de l’environnement a été relégué au second plan”. Mais il refuse le découragement: “Il est de notre devoir de nous battre constamment et de persévérer dans ces moments difficiles afin de garantir que nous obtenons ce que nous voulons c’est-à-dire un monde plus sûr pour tous”.
À Genève, avant de recevoir officiellement son prix, il adresse un message d’espoir aux jeunes qui doutent ou s’inquiètent de l’avenir climatique. “Ce que je dirai à chacun, c’est que chaque voix compte. Chacun d’entre nous est un leader et même si vous pensez que nous n’avons pas beaucoup d’espoir à cause de tout ce qui se passe, ce n’est pas le cas. Même une petite action que vous pouvez entreprendre dès maintenant aura des répercussions dans le monde entier. Alors, allez-y!”.
Propos recueillis par Julie Rausis/hkr