Les États-Unis auraient donc décidé de reconnaître la souveraineté de la Russie sur ces territoires ignorant complètement la position des Européens.

“Il est de plus en plus clair que les Américains ne se soucient pas de la position européenne. Ils disent que les Européens peuvent faire ce qu’ils veulent”, aurait déclaré une source bien informée à nos confrères britanniques.

Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump, rencontrera Poutine à Moscou la semaine prochaineLa Crimée, Louhansk, Donestk…

Si cette information se confirme, cela signifie que la Crimée, la ville de Louhansk, mais aussi des morceaux de Donetsk, Zaporijjia et Kherson passeraient sous contrôle russe.

Jeudi, Vladimir Poutine avait considéré que la reconnaissance juridique de ces territoires serait un des éléments clés des négociations de paix, impulsées par le plan du président américain.

Ce plan initial en 28 points, élaboré par Steve Witkoff, contenait “une reconnaissance de facto par les États-Unis de la Crimée et des deux régions orientales du Donbass”, ainsi qu’une “reconnaissance de facto des territoires contrôlés par la Russie derrière la ligne de contact dans les régions ukrainiennes de Kherson et de Zaporijjia après un éventuel accord de cessez-le-feu”.

Ce vendredi, le Kremlin a expliqué avoir reçu une version révisée du plan de paix, en 19 points. Ce nouveau plan a été élaboré après des discussions entre responsables américains et ukrainiens samedi dernier à Genève et est en théorie moins favorable à Moscou.

Il semble cependant que la reconnaissance américaine du contrôle par la Russie des territoires ukrainiens occupés serait toujours incluse dans le nouveau plan fourni au Kremlin.

L’Ukraine joue sa survie à Genève: “Sans éléments de dissuasion, les Russes reviendront”Une proposition anticonstitutionnelle ?

Malgré tout, comme expliquent nos confrères britanniques, “la constitution ukrainienne empêche tout président ou gouvernement de céder un territoire sans avoir d’abord soumis la question aux électeurs lors d’un référendum national”.

Washington ne pourrait donc légalement pas obliger Kiev à reconnaitre le contrôle russe sur ces territoires.

Andriy Yermak, le chef de cabinet du président ukrainien, s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet ce vendredi dans The Atlantic.

“Aucune personne saine d’esprit aujourd’hui ne signerait un document cédant un territoire”, a défendu celui qui a récemment démissionné après un scandale de corruption.

“Tant que Zelensky est président, personne ne doit compter sur nous pour céder du territoire. Il ne signera pas l’abandon de territoire”, a poursuivi M. Yermak.

Avant de conclure : “La constitution l’interdit. Personne ne peut faire cela, sauf s’il veut aller à l’encontre de la constitution ukrainienne et du peuple ukrainien”.

Jusqu’à présent, les États-Unis et l’Europe ont toujours refusé de reconnaître le contrôle de la Russie sur la Crimée, région ukrainienne annexée illégalement par Poutine en 2014.

Si cette décision de Washington était confirmée, elle irait complètement à l’encontre de ce que réclament les pays européens.