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En 1954, le premier ministre David Ben Gourion, votait, selon ses propres mots, «le cœur lourd, plein de doutes» l’abolition de la peine de mort pour meurtre en Israël. Quelque 71 ans plus tard, ce 10 novembre, le parlement israélien (la Knesset) a voté en première lecture un projet de loi pour autoriser la peine de mort par injection létale aux «terroristes». Avant d’avoir force de loi, ce texte doit encore passer par l’examen de la Commission de la sécurité nationale, avant de revenir à la Knesset pour deux lectures supplémentaires. Dans les faits, les chances de voir ce projet aboutir sont minces en raison de sa violence sans précédent, qui a provoqué l’indignation du corps médical israélien et d’une partie de la presse.

Défendu par des députés et ministres issus de l’extrême droite, le texte prévoit d’appliquer la peine capitale pour les individus jugés coupables d’avoir «intentionnellement ou par indifférence causé la mort d’un citoyen israélien […] dans le but de nuire à l’Etat d’Israël et à la renaissance du peuple juif sur sa terre natale». Nulle mention n’est faite des citoyens arabes qui perdraient la vie à la suite d’agressions israéliennes, comme cela a été le cas en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est où, depuis le 7 octobre 2023, plus de 1019 Palestiniens, dont 221 enfants, ont été tués par des colons extrémistes ou des soldats. Le 26 novembre, le magazine israélo-palestinien +972 décrivait«un projet de loi autorisant la peine de mort pour les Palestiniens», et ajoutait que «dans la pratique, ce seront des bourreaux juifs chargés de tuer exclusivement des prisonniers palestiniens».