
Ceux qui s’inquiètent du dérèglement climatique mais ne veulent pas arrêter l’avion : « J’attends avec impatience qu’on nous interdise de faire certaines choses »

Ceux qui s’inquiètent du dérèglement climatique mais ne veulent pas arrêter l’avion : « J’attends avec impatience qu’on nous interdise de faire certaines choses »
9 comments
Bon allez c’est kdo vu que OP fait pas son boulot :
Ils ont été parmi les premiers à s’inquiéter du réchauffement climatique, à hurler contre les 4 × 4 en ville, à acheter leurs légumes dans une AMAP, à être capables d’effectuer un détour de 500 mètres pour aller jeter leurs épluchures dans le composteur du quartier. Le seul truc, c’est l’avion. Le flight shaming (la honte de prendre l’avion) n’est pas encore arrivé jusqu’à eux. Les voyages, c’est leur « petit plaisir », disent-ils comme des végétariens reconnaîtraient craquer occasionnellement pour un burger.
Après tout, est-ce si grave de prendre l’avion pour un week-end de trois jours dans une capitale européenne quand on apporte ses sacs en papier et ses bocaux au marché pour éviter les emballages ? Que peut-on faire si les plus sensibles à l’écologie sont aussi amateurs de voyages ? Ils peuvent égrener la liste de tout ce sur quoi ils se sont restreints… et dérouler à la même vitesse un chapelet d’alibis qui justifient leurs prochains trajets en avion. L’année prochaine, ils prendront moins l’avion, mais cette année ils ont des enfants dans des programmes Erasmus à aller voir. Et puis ils ne vont tout de même pas se rendre à Palerme à vélo pour l’Ascension !
**A quoi on les reconnaît**
Pendant le Covid-19, ils ont trouvé très bien les vacances en France. Quand ils étaient en Grèce pour dix jours l’été suivant, à l’époque des incendies, ils ont trouvé incroyable qu’on ne se préoccupe pas plus de la crise climatique. Ils ont vaguement l’impression qu’une voiture de location crache du CO2 de location. En hiver, ils jugent écologiquement choquantes ces grandes publicités pour des vols à 39 euros. Au printemps, ils trouvent économiquement choquant de devoir payer des allers-retours à 400 euros. Sur Instagram, ils postent encore des photos de leurs vacances mais pas celles prises du hublot de l’avion. Qui sait, leurs followers penseront peut-être qu’ils sont arrivés là en train.
**Comment ils parlent**
« Je suis allée à New York, mais avec le Covid-19 je n’y étais pas allée depuis deux ans. » « Notre fille a failli annuler ses vacances au moment du rapport du GIEC. » « Il y a quand même des trucs qui ne se font plus. » « Si on fait le bilan carbone de la famille, mon mari n’a pas pris l’avion depuis trois ans. » « Il faudrait vraiment un cas de force majeure pour que j’aille dans le Midi en avion. » « J’attends avec impatience qu’on nous interdise de faire certaines choses. » « L’an dernier, on a découvert la Haute-Loire. » « Leurs enfants leur ont imposé d’aller en Pologne en bus, on n’en est pas là. » « Francfort, maintenant, j’y vais en train, mais les Etats-Unis, c’est pas possible… » « Venise, d’habitude, j’y vais en train couchette, mais avec ma mère je prends l’avion. » « Faut avoir le temps pour prendre le train. » « Par rapport aux milliardaires qui vont dans l’espace, ça va… » « Au moins, on a mauvaise conscience. »
**Leurs grandes vérités**
On va faire autrement bientôt, mais en attendant on s’arrange comme on peut. Il faut que tout le modèle change. On prendrait bien le train, mais les TGV sont trop chers/trop pleins. Au final, ce ne sont quand même que des problèmes de riches.
**Leur question existentielle**
C’est du sérieux, ce rapport du GIEC qui préconisait de tirer au sort ceux qui pourraient prendre l’avion ?
**Leur Graal**
Le conseil de famille pour connaître le nombre de long- et moyen-courriers qu’on s’autorise pour les cinq années à venir.
**La faute de goût**
Se vanter des billets gratuits achetés avec ses miles comme si on était encore au XXe siècle.
Plus les effets du dérèglement climatique seront évidents plus il sera excitant pour ces gens là d’y participer
Donc si je résume bien les seuls vrais écolos c’est ceux qui vivent dans une ferme en Ardèche, qui mange la nourriture/portent des vêtements/utilisent de l’energie qu’il produisent eux même? Et ne se déplace que a pied ou à vélo. Et tout les autres c’est des hypocrites qui tuent la planète!
Il y a un moment où les gens on le droit de se faire plaisir un peut… Le principe du “si tu est pas 100% parfait , ça veut dire que tu es un gros nul” c’est contreproductif.
* /r/france : l’avion c’est mal ;
* /r/france aussi : Vite ! Bettonons le plus de terres agricoles possibles pour y construire des pavillons moches. Tant pis si ça fout en l’air l’autonomie alimentaire du pays et les circuits courts faiblement émetteurs en CO2.
J’ai du mal à comprendre (pour ne pas dire du mépris) pour les gens qui font du tourisme de masse pour des très courte durées pour aller à la plage à l’autre bout du monde.
C’est franchement con et probablement le touriste qui prends l’avion le plus débile dans notre pays. En plus des riches qui le prennent pour des raisons encore plus farfelues.
Si il y a bien une chose où la différence est à peine visible, c’est d’aller sur une île ou un endroit où la seule activité c’est la plage.
Qu’est ce qui ressemble le plus à une plage qu’une autre plage ?
Passons sur la différence des cultures qui s’efface. Le tourisme de masse fait l’impasse sur les particularités géographique, culturelle et développe une façon de consommer en déconnexion avec les locaux pour un modèle simple facile à mettre en place qui plaît au plus grand nombre.
A la limite la culture, mais soyons honnête, tu fais quoi en une semaine en dehors du cliché des points d’intérêts du touriste de masse ?
Vivre quelques années pour s’imprégner de la culture permet de vivre comme un local, mais pas une semaine.
Ton histoire et ton vécu sur une semaine, il existe en plusieurs dizaine de millions d’exemplaire, c’est aussi intéressant que de se lever le matin pour aller au travail.
On cherche à se démarquer, mais le tourisme de masse c’est beaucoup de chose mais certainement pas une expérience unique.
Si tu veux voyager autant le faire moins et en faire quelque chose de vraiment différent ou alors de le faire bien. D’ailleurs c’est pas une question de prix, moins t’as de moyen plus l’expérience est originale et proche de celle des locaux.
Mais que préconise l’article du coup, ne plus voyager ?
L’avion c’est aussi le seul moyen de connexion entre les cultures pour beaucoup, ayant une partenaire qui vient de l’autre bout du monde je me vois mal l’arrêter. Au delà de ça si il y a un point positif à la mondialisation c’est justement l’avion pour moi. Avant qu’on me reproche les icebergs qui fondent il faut noter qu’il y a d’autre piste radical pour régler le problème écologique, l’un d’entre eux est de ne pas concevoir d’enfant, c’est bien plus impactant que n’importe quelle autre mesure. On peut aussi éviter le gatekeeping écologique.
Cet article sonne comme un énième édito bien réac contre les bobos écolos Parigot qui se déplacent à vélo.
Sauf que je suis un Parigot, que je me déplace à vélo et que même si je me considère pas trop bobo je ne peux que constater que dans mon cercle social de cadre supérieur qui travaille depuis 0-5 ans où tout le monde se dit écolo…
…et bah tout le monde part à l’autre bout du monde pour “faire” tel ou tel pays qui est dans sa bucket list.
Et ça me met d’autant plus en rage que c’est l’illustration absolument **parfaite** de l’effet de rebond : Aller au taff à vélo ? Cuisiner pour soit plutôt que consommer de la malbouffe ? Eviter le consumérisme débriday ? Et bah mine de rien ça économise quand même pas mal de thune.
Thune qui sera ensuite dépensée dans ce qui compte vraiment dans la vie : ~~cramer du pétrole~~ Découvrir le monde, se faire un trip à New-York vivre des expériences en faisant du backpacking en Asie du Sud-Est, ou tout simplement faire un Paris-Toulouse le temps d’un weekend pour un festival psytrance ambiance hippie / citoyen du monde, elle est *là* la vraie richesse.
Dans mon milieu l’avion et les vacances de rêve est le marqueur social à mettre en avant à la pause café/en soirée. Bien plus que les montres, le dernier Iphone, où tout autre possession matérielle. Et évidemment moi je ferme bien ma gueule comme il faut, parce que j’ai pas envie de passer pour un pauvre, un radin, ou un hypocrite.
Donc **oui** il faut interdire l’avion et j’ai trop hâte que ce soit le cas. Par le biais d’un forfait annuel qui vous fasse cracher au bassinet au-delà du budget CO2 d’un aller/retour en Europe / Afrique du Nord de façon à ce que ça ne pénalise pas les pauvres.
Parce que clairement parmi les privilégiés à une erreur statistique près il y a deux catégories : ceux qui n’en ont rien à foutre et il y a ceux qui en font déjà bien assez.
Au delà du ton de l’article qu’on apprécie ou pas, je suis par contre convaincu qu’il ne se passera effectivement jamais rien de significatif sans interdiction.
Et du coup, comme il n’y aura jamais d’interdiction dans une démocratie…
La seule alternative à l’interdiction serait des Taxes/quotas en ligne avec le vrai cout de capture du CO2 (et pas juste faire planter deux arbres à l’autre bout du monde), mais du coup mécaniquement, seul les riches continueraient à voyager (comme au début du XXeme siecle d’ailleurs, il suffit de lire un Agatha Christie pour s’en souvenir), et ce qui conduirait sans doute assez vite à l’interdiction “pour le principe”.