A Marseille, une députée sortante LRM accusée de harcèlement et de frais indus
Claire Pitollat, réinvestie dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, aurait facturé des dépenses personnelles auprès de l’Assemblée nationale.
C’est une nouvelle tempête qui s’abat sur une candidate investie par Ensemble pour les prochaines législatives. Après le retrait de l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron Jérôme Peyrat, dans la 4e circonscription de Dordogne, condamné pour violences conjugales envers son ex-compagne. Après la polémique frappant la députée sortante de Seine-Maritime, Sira Sylla, accusée de harcèlement par plusieurs de ses assistants parlementaires, c’est au tour de Claire Pitollat, députée sortante de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, de se voir reprocher une série de manquements dans le cadre de son mandat finissant.
Dans une longue enquête, le site d’information Marsactu.fr dévoile, jeudi 19 mai, des abus et des dérapages de la parlementaire La République en marche (LRM), élue en 2017 à la surprise générale dans une circonscription tenue depuis deux mandats par un des piliers Les Républicains (LR) locaux, Dominique Tian, un élu marseillais lui-même condamné en 2019 pour « blanchiment de fraude fiscale ». Si Mme Pitollat, 42 ans, réfute l’ensemble des faits qu’on lui attribue, elle se voit accusée par une dizaine de témoignages concordants de ses ex-collaborateurs, de harcèlement et de management brutal. Mais aussi d’avoir facturé des dépenses personnelles à l’Assemblée nationale, par le biais de son avance de frais de mandat (AFM).
Après avoir épluché ses comptes de 2018, la déontologue de l’Assemblée a déjà sanctionné la jeune députée en lui imposant de rembourser certains de ses frais. Au total, 1 494 euros ont été ainsi réclamés sur sa première année de mandat, concernant notamment des frais de maquillage, de parfumerie ou de soins esthétiques. Des déplacements en taxi « en direction et provenance d’un lieu de vacances » pour une somme de 9 000 euros ont également été relevés par le contrôle. Mais sans demande de remboursement.
Ces rappels à l’ordre ont été regroupés dans un courrier adressé à Claire Pitollat, le 11 mai 2020. La députée s’y voit signifier qu’elle ne peut utiliser les 5 373 euros mensuels de son AFM que dans un cadre bien précis. Malgré cela, l’enquête de Marsactu.fr assure que les dépenses indues se seraient poursuivies les années suivantes, pointant notamment des frais d’habillement et de pharmacie « sans justificatif adéquat ».
Aucune plainte déposée
Claire Pitollat, ingénieur chez EDF avant son élection, est également attaquée pour sa gestion de ses collaborateurs parlementaires. Selon les relevés de l’Assemblée nationale, elle en a employé pas moins de dix-neuf en cinq ans. « Nous avions fait le constat de ce turn-over » note, à ce sujet, le référent LRM des Bouches-du-Rhône Bertrand Mas-Fraissinet, qui assure « ne pas avoir eu vent d’autres dysfonctionnements en cours de mandat ».
Si sept collaborateurs, sur les 17 interrogés par Marsactu.fr, estiment que leur travail auprès de Mme Pitollat s’est bien passé, dix évoquent des conditions difficiles équivalant même, pour certains, à du « harcèlement ». La députée se voit ainsi reprocher d’avoir régulièrement utilisé ses assistants pour garder ou faire manger ses enfants, ou, en une occasion, la remplacer lors de l’état des lieux de son appartement parisien.
Trois de ces témoins auraient été placés en arrêt maladie pendant leur contrat, dont une pour plusieurs mois. Aucune plainte n’a toutefois été déposée à l’encontre de Mme Pitollat.
La députée marseillaise n’a pas souhaité répondre aux sollicitations du Monde, mais, dans Marsactu.fr, elle conteste la plupart des points évoqués par l’enquête. Ainsi, elle estime le nombre de ses collaborateurs à quinze – les quatre autres n’ont pas, pour elle, passé la période d’essai. « Sept sont partis volontairement pour suivre leur carrière : le poste de collaborateur est un tremplin », assure la parlementaire LRM. Quant aux dépenses de taxis, elle explique que « c’était pour amener [ses] enfants en vacances puis aller à l’Assemblée » et estime qu’elles « sont éligibles et respectent le caractère raisonnable » imposé par les textes.
Révélée à quelques heures de la clôture du dépôt des candidatures, l’affaire Pitollat tombe mal pour la Macronie. Dans cette 2e circonscription très favorable, qui a voté à 31,5 % au premier tour de la présidentielle pour Emmanuel Macron, le doute avait plané sur la réinvestiture de la députée sortante. Une candidature du coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme Laurent Nuñez, ancien préfet de police à Marseille, a, un temps, été évoquée. Mais, malgré de premières remontées liées au comportement de Mme Pitollat, le choix a été fait de la relancer.
Qu’ils nous disent une bonne fois pour toutes que ça fait partie de la charte du parti.
C’est marrant on a toujours la combo harcèlement + dépenses personnelles en notes de frais.
Je le demande si c’est un effet de bord de leurs pathologies mentales ou si les dépenses personnelles sont généralisées’et que ceux qui harcèlent leurs équipes se font dénoncer.
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A Marseille, une députée sortante LRM accusée de harcèlement et de frais indus
Claire Pitollat, réinvestie dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, aurait facturé des dépenses personnelles auprès de l’Assemblée nationale.
C’est une nouvelle tempête qui s’abat sur une candidate investie par Ensemble pour les prochaines législatives. Après le retrait de l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron Jérôme Peyrat, dans la 4e circonscription de Dordogne, condamné pour violences conjugales envers son ex-compagne. Après la polémique frappant la députée sortante de Seine-Maritime, Sira Sylla, accusée de harcèlement par plusieurs de ses assistants parlementaires, c’est au tour de Claire Pitollat, députée sortante de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, de se voir reprocher une série de manquements dans le cadre de son mandat finissant.
Dans une longue enquête, le site d’information Marsactu.fr dévoile, jeudi 19 mai, des abus et des dérapages de la parlementaire La République en marche (LRM), élue en 2017 à la surprise générale dans une circonscription tenue depuis deux mandats par un des piliers Les Républicains (LR) locaux, Dominique Tian, un élu marseillais lui-même condamné en 2019 pour « blanchiment de fraude fiscale ». Si Mme Pitollat, 42 ans, réfute l’ensemble des faits qu’on lui attribue, elle se voit accusée par une dizaine de témoignages concordants de ses ex-collaborateurs, de harcèlement et de management brutal. Mais aussi d’avoir facturé des dépenses personnelles à l’Assemblée nationale, par le biais de son avance de frais de mandat (AFM).
Après avoir épluché ses comptes de 2018, la déontologue de l’Assemblée a déjà sanctionné la jeune députée en lui imposant de rembourser certains de ses frais. Au total, 1 494 euros ont été ainsi réclamés sur sa première année de mandat, concernant notamment des frais de maquillage, de parfumerie ou de soins esthétiques. Des déplacements en taxi « en direction et provenance d’un lieu de vacances » pour une somme de 9 000 euros ont également été relevés par le contrôle. Mais sans demande de remboursement.
Ces rappels à l’ordre ont été regroupés dans un courrier adressé à Claire Pitollat, le 11 mai 2020. La députée s’y voit signifier qu’elle ne peut utiliser les 5 373 euros mensuels de son AFM que dans un cadre bien précis. Malgré cela, l’enquête de Marsactu.fr assure que les dépenses indues se seraient poursuivies les années suivantes, pointant notamment des frais d’habillement et de pharmacie « sans justificatif adéquat ».
Aucune plainte déposée
Claire Pitollat, ingénieur chez EDF avant son élection, est également attaquée pour sa gestion de ses collaborateurs parlementaires. Selon les relevés de l’Assemblée nationale, elle en a employé pas moins de dix-neuf en cinq ans. « Nous avions fait le constat de ce turn-over » note, à ce sujet, le référent LRM des Bouches-du-Rhône Bertrand Mas-Fraissinet, qui assure « ne pas avoir eu vent d’autres dysfonctionnements en cours de mandat ».
Si sept collaborateurs, sur les 17 interrogés par Marsactu.fr, estiment que leur travail auprès de Mme Pitollat s’est bien passé, dix évoquent des conditions difficiles équivalant même, pour certains, à du « harcèlement ». La députée se voit ainsi reprocher d’avoir régulièrement utilisé ses assistants pour garder ou faire manger ses enfants, ou, en une occasion, la remplacer lors de l’état des lieux de son appartement parisien.
Trois de ces témoins auraient été placés en arrêt maladie pendant leur contrat, dont une pour plusieurs mois. Aucune plainte n’a toutefois été déposée à l’encontre de Mme Pitollat.
La députée marseillaise n’a pas souhaité répondre aux sollicitations du Monde, mais, dans Marsactu.fr, elle conteste la plupart des points évoqués par l’enquête. Ainsi, elle estime le nombre de ses collaborateurs à quinze – les quatre autres n’ont pas, pour elle, passé la période d’essai. « Sept sont partis volontairement pour suivre leur carrière : le poste de collaborateur est un tremplin », assure la parlementaire LRM. Quant aux dépenses de taxis, elle explique que « c’était pour amener [ses] enfants en vacances puis aller à l’Assemblée » et estime qu’elles « sont éligibles et respectent le caractère raisonnable » imposé par les textes.
Révélée à quelques heures de la clôture du dépôt des candidatures, l’affaire Pitollat tombe mal pour la Macronie. Dans cette 2e circonscription très favorable, qui a voté à 31,5 % au premier tour de la présidentielle pour Emmanuel Macron, le doute avait plané sur la réinvestiture de la députée sortante. Une candidature du coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme Laurent Nuñez, ancien préfet de police à Marseille, a, un temps, été évoquée. Mais, malgré de premières remontées liées au comportement de Mme Pitollat, le choix a été fait de la relancer.
Qu’ils nous disent une bonne fois pour toutes que ça fait partie de la charte du parti.
C’est marrant on a toujours la combo harcèlement + dépenses personnelles en notes de frais.
Je le demande si c’est un effet de bord de leurs pathologies mentales ou si les dépenses personnelles sont généralisées’et que ceux qui harcèlent leurs équipes se font dénoncer.