Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a prononcé un discours en forme d’avertissement, expliquant que “l’OTAN est la prochaine cible de la Russie” et exhortant les pays membres à se préparer à “une guerre d’une ampleur” comme celle de 1939-1945.

Les États-Unis souhaitent un accord sur l’Ukraine avant Noël. C’est ce qu’a fait savoir Volodymyr Zelensky, alors que les lignes diplomatiques s’activent en coulisses. Ce week-end, les conseillers diplomatiques et sécuritaires de Keir Starmer, Emmanuel Macron, Donald Trump et Friedrich Merz se retrouvent à Paris pour tenter de rapprocher les positions.

Un contexte déjà tendu, brutalement renforcé par un discours choc prononcé jeudi 11 décembre par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Un discours sans détour, au ton grave, qui marque clairement un changement de registre.

Trois messages, une même alerte

Mark Rutte résume la situation en trois messages clés :

1. “L’OTAN est la prochaine cible de la Russie”

2. “Nous sommes déjà en danger”

3. “Nous devons nous préparer à une guerre d’une ampleur comparable à celle qu’ont connue nos grands-parents ou arrière-grands-parents”

Une mise en garde frontale. Selon le secrétaire général de l’Alliance, trop d’Européens se reposent sur leurs lauriers, sans mesurer l’urgence stratégique actuelle. Cette alerte fait écho à un autre message fort, martelé par la prix Nobel de la paix Oleksandra Matviïtchouk, cité par Le Grand Continent : “Dans les pays européens, les générations actuelles sont devenues des consommateurs de démocratie.”

L’idée de cette formule choc est la suivante : l’Europe aurait fini par considérer la démocratie comme un acquis, consommée comme un produit, à l’image d’achats en ligne sur Shein ou Temu, oubliant à quel point elle est fragile — et coûteuse à défendre.

Une Russie passée en économie de guerre

Mark Rutte appuie son propos avec des chiffres impressionnants. Depuis le début de l’année :

• 46.000 drones et missiles ont été lancés contre l’Ukraine

• 2.900 drones d’attaque sont produits chaque mois

Surtout, la Russie est désormais décrite comme une économie entièrement tournée vers la guerre :

• 40% du budget russe est consacré à la Défense

• 70% des machines-outils du pays sont mobilisées pour la production militaire

À cela s’ajoute un coût humain que Moscou semble prêt à absorber. Selon l’OTAN :

• Plus d’un million de soldats russes tués ou blessés depuis le début de la guerre

• 1.200 pertes par jour en moyenne depuis le début de l’année

Un chiffre qui illustre la brutalité du conflit, mais aussi la capacité de la Russie à soutenir un effort de guerre massif dans la durée.

Et si la Russie gagnait ?

Mark Rutte pousse le raisonnement jusqu’à ses conséquences ultimes. “Imaginez que Poutine parvienne à ses fins… Nous regretterions l’époque où 3,5 % du PIB consacrés à la défense nous paraissaient suffire”,

En cas de victoire russe en Ukraine, l’Europe devrait revoir de fond en comble sa posture de défense :

• Déploiement massif de troupes de l’OTAN sur le flanc Est

• Hausse durable et structurelle des dépenses militaires

• Accélération de la production d’armes

Avec des effets très concrets pour les économies européennes :

• Budgets d’urgence

• Coupes dans les dépenses publiques

• Perturbations économiques

• Pression financière accrue sur les États et les ménages

Le tableau dressé par le secrétaire général de l’OTAN est sombre, volontairement. Un discours qui vise à provoquer un électrochoc politique et sociétal en Europe.

Sa conclusion résume tout: “La sécurité de l’Ukraine, c’est notre sécurité.” Un message clair : derrière la guerre en Ukraine se joue désormais l’architecture sécuritaire de l’Europe entière — et le prix à payer pourrait être bien plus élevé que ce que les Européens imaginent aujourd’hui.