(Berlin) Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à renoncer à l’adhésion à l’OTAN en échange de garanties de sécurités des pays occidentaux, mais il s’est de nouveau montré intraitable quant à la cession de territoire à l’envahisseur russe, malgré les pressions américaines.
Publié à
11 h 10
M. Zelensky et des envoyés américains sont arrivés dimanche à Berlin pour une nouvelle série de pourparlers visant à négocier la fin de la guerre en Ukraine.
Il a insisté sur la nécessité pour l’Ukraine d’obtenir des garanties fermes de la part des États-Unis et de leurs alliés européens, semblables à celles offertes aux membres de l’OTAN, après que les États-Unis et certains pays européens ont bloqué la candidature de l’Ukraine à l’alliance militaire.
« Ces garanties de sécurité permettaient de prévenir une autre vague d’agressions russes, a-t-il déclaré. C’est déjà un compromis de notre part. »
M. Zelensky a souligné que toute garantie de sécurité devrait être juridiquement contraignante et approuvée par le Congrès américain, ajoutant qu’il attendait un compte rendu de son équipe après une réunion entre responsables militaires ukrainiens et américains à Stuttgart, en Allemagne.
Il a indiqué qu’il rencontrerait séparément le chancelier allemand Friedrich Merz et, éventuellement, d’autres dirigeants européens plus tard dans la soirée. Il a précisé n’avoir encore reçu aucune réponse des États-Unis aux dernières propositions ukrainiennes concernant le plan de paix.
Depuis des mois, Washington tente de concilier les exigences des deux camps, tandis que le président Trump fait pression pour une fin rapide de la guerre menée par la Russie et s’exaspère de plus en plus des retards. La recherche de compromis possibles se heurte à des obstacles majeurs, notamment le contrôle de la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, majoritairement occupée par les forces russes.

PHOTO GUIDO BERGMANN, SERVICE DE PRESSE DU GOUVERNEMENT ALLEMAND FOURNIE PAR AGENCE FRANCE-PRESSE
Cette photo diffusée par le service de presse du gouvernement allemand montre le président ukrainien Volodymyr Zelensky (au centre) et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff (2e à gauche) se saluer avant une réunion dans une salle de conférence de la chancellerie à Berlin, sous le regard du chancelier Friedrich Merz (à droite).
M. Zelensky a dit que les États-Unis avaient suggéré que l’Ukraine se retire de la région de Donetsk, convoitée par la Russie, contre la création d’une zone de libre-échange démilitarisée. Il a jugé que cette proposition était impraticable.
« Je ne la considère pas comme étant juste. Qui gérera cette zone économique ?, a-t-il demandé. Si l’on parle d’une zone tampon le long de la ligne de front, si l’on parle d’une quelconque zone économique, nous croyons que seule une force de police peut y être déployée. Les troupes doivent être retirées. Si les troupes ukrainiennes reculent de cinq à dix kilomètres, pourquoi les Russes n’en feraient-ils pas autant ? »
Selon lui, cet enjeu est « très sensible ». Il préfère un gel sur la ligne de front, disant que la seule option possible est de rester là où les troupes sont.
Iouri Ouchakov, un conseiller aux affaires étrangères du président russe Vladimir Poutine, a dit que la police et la garde nationale russes demeureraient dans certains secteurs de la région de Donetsk, même si celle-ci devient une zone démilitarisée.
Il a indiqué que la recherche d’un compromis peut demander du temps, notant que la proposition américaine qui tenait compte des demandes russes a été modifiée de façon négative par les exigences du gouvernement ukrainien et de ses alliés européens.
M. Ouchakov a déclaré à la télévision d’État russe que « la contribution des Ukrainiens et des Européens à ces documents ne devrait pas être constructive ». Il a prévenu que Moscou pourrait s’y opposer.
Il a ajouté que la question territoriale avait été activement discutée, plus tôt ce mois-ci, lors de la visite des envoyés américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, à Moscou. « Les Américains connaissent et comprennent notre position », a-t-il raconté.
Depuis des mois, Washington tente de concilier les exigences des deux camps, tandis que le président Trump fait pression pour une fin rapide de la guerre menée par la Russie et s’exaspère de plus en plus des retards. La recherche de compromis possibles se heurte à des obstacles majeurs, notamment le contrôle de la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, majoritairement occupée par les forces russes.